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Affichage des articles associés au libellé NIGER

Le Sahel : l’Algérie entre dans l’âge de la puissance régionale

Pendant des décennies, la politique étrangère algérienne s’est construite autour d’un socle solide : respect de la souveraineté des États, non-ingérence, refus des interventions militaires extérieures et recherche de solutions politiques aux conflits. Ces principes ont forgé l’identité diplomatique de l’Algérie depuis l’indépendance et lui ont permis d’acquérir une crédibilité particulière sur la scène internationale. Mais la période actuelle marque une rupture historique. Le système international qui avait émergé après la Guerre froide est en pleine recomposition. Les institutions multilatérales sont fragilisées, le droit international est de plus en plus contesté par les rapports de force, et les puissances régionales imposent leurs intérêts sans toujours se soucier des principes qu’elles invoquent publiquement. Dans un tel environnement, une question fondamentale se pose à Alger : Comment défendre ses principes lorsque ses adversaires n’en respectent aucun ? L’Algérie semble aujourd...

Éclats de tirs à Niamey et jeu d'influences au Sahel : la piste émiratie au cœur des tensions

NIAMEY — Dans la nuit de vendredi à samedi, la capitale nigérienne a été le théâtre de violents affrontements. Des tirs à l'arme lourde, des détonations et des échanges à l'arme automatique ont retenti aux abords de sites hautement stratégiques, notamment le palais présidentiel et l'aéroport international Diori-Hamani (abritant la base aérienne 101). Alors que ces événements sont qualifiés par plusieurs sources de tentatives de coup d'État ou de mutinerie au sein des forces armées face à la garde présidentielle du général Abdourahamane Tiani, les regards des analystes géopolitiques se tournent désormais vers les facteurs d'instabilité régionaux et leurs parrains extérieurs. Une fracture militaire et un théâtre régional sous tension L'ampleur des affrontements à Niamey et l'implication présumée d'unités militaires régulières dépassent le cadre des simples incursions terroristes observées ces derniers mois dans la région de Tillabéri. Si les autorités nigé...

Gazoduc transsaharien : enjeux stratégiques, menaces marocaines et détermination algérienne

Le projet de gazoduc Algérie–Niger–Nigeria (TSGP) n’est plus seulement une infrastructure destinée à transporter près de  30 milliards de m³ de gaz  nigérian par an vers l’Europe. Il s’est progressivement imposé comme un  instrument de souveraineté , un vecteur d’ intégration africaine et un levier de repositionnement stratégique pour les trois pays impliqués. L’annonce du président Abdelmadjid Tebboune, affirmant que les travaux entreront dans une phase opérationnelle après le mois de Ramadan, confirme que le projet quitte le terrain des intentions pour entrer dans celui de l’exécution. Pour Alger, cet ouvrage représente un  double pari  : consolider son rôle de puissance énergétique régionale, tout en participant à la redéfinition des flux énergétiques africains dans un contexte mondial profondément remodelé par la guerre en Ukraine , la pression européenne sur la diversification de ses sources gazières , et la montée en puissance des logiques de souveraineté...

La visite du président Tiani à Alger : un tournant diplomatique et politique pour le Sahel

La visite officielle du général Abdourahamane Tiani à Alger les 15 et 16 février constitue un jalon majeur dans les recompositions diplomatiques sahéliennes. Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune , le dirigeant nigérien a, selon Le Monde , assumé un rôle actif dans une médiation destinée à relancer un climat de confiance entre l’Algérie et le Mali , après plusieurs mois de tensions. Un déplacement hautement symbolique Jusqu’ici, le président nigérien n’avait jamais quitté l’Alliance des États du Sahel (AES). Choisir Alger comme première destination hors de ce cadre témoigne d’une volonté claire : repositionner le Niger au centre des équilibres régionaux et appuyer une désescalade entre deux acteurs stratégiques du Sahel. Le Monde souligne que cette initiative s’inscrit dans une démarche concertée avec Bamako, signe d’une volonté d’apaisement partagée. Niamey comme médiateur pragmatique Le Niger, dont les relations sont restées opérationnelles avec Alger comme avec Bamako, s’es...

Gazoduc Transsaharien : l’Algérie verrouille le dossier, le projet Nigeria–Maroc s’efface

L’annonce faite par Abdelmadjid Tebboune concernant le lancement effectif du gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger constitue un tournant stratégique majeur dans la géopolitique énergétique du continent. En précisant que les travaux sur le territoire nigérien débuteront dès la fin du mois de Ramadan, le chef de l’État adresse un signal sans ambiguïté : le projet concurrent Nigeria–Maroc appartient désormais au passé. Il convient de rappeler que l’Algérie a déjà achevé la partie du tracé située sur son territoire, menant l’infrastructure jusqu’à la frontière nigérienne, au niveau d’In Guezzam, démontrant ainsi sa préparation et sa détermination à concrétiser ce corridor énergétique d’envergure. Un signal politique fort L’annonce présidentielle n’est pas une déclaration technique parmi d’autres. Elle intervient dans un contexte de recomposition énergétique mondiale, où l’Europe cherche des alternatives fiables au gaz russe et où les routes énergétiques devi...

Désenclavement du Sahel : entre effets d’annonce marocains et stratégie structurelle algérienne

Le débat sur le désenclavement des pays du Sahel – notamment le Mali , le Niger et le Burkina Faso – est devenu un terrain de rivalité géoéconomique au Maghreb . D’un côté, le Maroc a multiplié les annonces autour d’une initiative visant à ouvrir un accès atlantique aux États sahéliens via les ports situés au Sahara occidental . De l’autre, l’ Algérie avance, sans grand tapage médiatique, un projet d’intégration logistique centré sur le développement ferroviaire vers Tamanrasset . Derrière les discours, la question essentielle demeure : quelle initiative est techniquement faisable, politiquement réaliste et économiquement viable ? 1. L’initiative marocaine : une séduction rhétorique, une faisabilité problématique Sur le papier, l’idée marocaine peut paraître séduisante : offrir aux pays enclavés du Sahel un accès direct à l’Atlantique via des infrastructures routières reliant leurs territoires aux ports du Sahara occidental . Le discours mobilise les registres de la solidarité pan...

Retour en force de l’Algérie dans l’espace AES : la diplomatie de l’énergie comme levier, et le « découplage » progressif du Mali

Depuis la crise diplomatique du printemps 2025 entre l’Algérie et les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la région sahélo-saharienne s’est installée dans une logique de blocs, d’arbitrages rapides et de partenariats « utiles » plutôt que symboliques. Dans ce contexte, le retour de l’Algérie « par le concret » — sécurité frontalière, infrastructures, hydrocarbures , électricité — constitue une stratégie cohérente : réinvestir l’espace sahélien non pas par des annonces, mais par des dossiers capables de créer des interdépendances. Cette approche s’observe particulièrement dans le réchauffement rapide des relations avec Niamey , tout en laissant Bamako à l’écart. L’AES (Mali, Niger, Burkina Faso), créée en septembre 2023 puis devenue confédération (juillet 2024), est précisément un cadre où la souveraineté et la « maîtrise des leviers stratégiques » sont centrales. Pour Alger, renouer avec deux capitales sur trois revient à peser sur l’équation régionale tout en réduisant l’ef...

Crise diplomatique Mali - Algérie : au-delà du drone, les enjeux géostratégiques d’un gazoduc convoité

La récente escalade diplomatique entre le Mali et l’Algérie ne se limite pas à une simple altercation aérienne. Elle révèle en réalité une fracture profonde au sein du Sahel, aux implications géopolitiques majeures, sur fond de rivalités énergétiques régionales, notamment autour du projet du gazoduc transsaharien Nigeria – Niger – Algérie (TSGP), en concurrence directe avec le gazoduc Nigeria – Maroc défendu par Rabat. Une crise qui cache des enjeux plus vastes Tout a commencé avec la destruction par l’Algérie d’un drone malien, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, invoquant une violation répétée de son espace aérien. Alger affirme disposer de preuves irréfutables d’au moins trois incursions similaires depuis août 2024. La réponse du Mali fut immédiate et virulente, accusant l’Algérie de collusion avec des groupes terroristes — une attaque qualifiée d’"absurde" par Alger, qui souligne son rôle moteur dans la lutte contre le terrorisme dans la région depuis des années. ...