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Articles

Affichage des articles du juillet, 2026

Ceuta : quand le récit médiatique français éclipse les véritables enjeux de la crise

La crise migratoire de Ceuta constitue bien davantage qu'un simple épisode de pression migratoire aux frontières de l'Europe. Elle s'inscrit au croisement des relations complexes entre le Maroc, l'Espagne et, indirectement, l'Algérie. Pourtant, une partie du traitement médiatique observé en France semble avoir délaissé l'analyse des mécanismes politiques et géopolitiques ayant conduit à cette situation pour concentrer l'attention sur un autre sujet : la supposée responsabilité algérienne. Cette orientation du débat soulève une question fondamentale : pourquoi certains médias ont-ils davantage insisté sur l'origine présumée des migrants que sur les circonstances ayant rendu possible leur arrivée massive à Ceuta ? Une crise avant tout liée aux rapports de force entre Madrid et Rabat L'arrivée massive de migrants à Ceuta ne s'est pas produite dans un vide politique. Cet épisode est intervenu dans un contexte marqué par de fortes tensions diplomatiqu...

Ceuta : la carte migratoire, dernière arme contre Sánchez

Il y a des coïncidences qui, à force de se répéter, cessent d'en être. Ce jeudi 30 juillet, jour de la Fête du Trône au Maroc, plusieurs centaines de migrants ont forcé la frontière de Ceuta à la nage, provoquant au moins neuf morts et contraignant Madrid à dépêcher des renforts militaires. Sur le papier, un fait divers tragique parmi d'autres sur une frontière sous tension depuis le début de l'année. Dans les faits, l'épisode survient exactement dix jours après la visite de Pedro Sánchez à Alger, un déplacement conçu pour solder des années de brouille avec l'Algérie — et perçu à Rabat comme une véritable provocation diplomatique. Je ne crois pas au hasard des calendriers en politique étrangère, encore moins quand il s'agit du Maroc et de la question migratoire. Rabat a démontré par le passé, notamment lors de la crise de 2021, sa capacité à desserrer ou resserrer le robinet migratoire au gré de ses intérêts diplomatiques. Ce n'est pas une hypothèse théoriqu...

Tiznit–Dakhla : la « prouesse » saharienne à l'épreuve des chiffres

Il y a des chantiers qu'on construit avec du bitume, et des chantiers qu'on construit avec des éléments de langage. La voie express Tiznit–Dakhla appartient visiblement aux deux catégories. Présentée par les autorités marocaines comme un « projet historique », symbole d'un Sud enfin désenclavé, elle s'étend sur environ 1 055 kilomètres pour un coût annoncé de 10 milliards de dirhams. Le chiffre est répété, mis en scène, décliné dans la communication officielle comme la preuve d'un volontarisme d'État. Mais un chiffre isolé ne dit jamais tout. Et c'est précisément quand un montant est présenté comme spectaculaire sans être décomposé qu'il mérite d'être interrogé. Le paradoxe du coût « colossal » mais bon marché Ramené au kilomètre, l'investissement représente environ 9,5 millions de dirhams par kilomètre. Pour une infrastructure traversant l'une des régions les plus hostiles du continent, ce ratio est étonnamment bas — bien plus proche du coût...

Algérie-Tunisie : la sécurité n’a pas de frontières idéologiques

Le 27 juillet 2026, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a de nouveau évoqué la sécurité de la Tunisie lors de son entretien périodique avec les médias nationaux, promettant de ne faire preuve d’aucune tolérance envers toute menace terroriste visant le pays voisin. Ces propos, loin d’être une nouveauté dans le discours algérien, ont pourtant déclenché une vague de réactions contrastées à Tunis, entre soutien à une coopération jugée naturelle et critiques y voyant une atteinte à la souveraineté tunisienne. Une polémique disproportionnée Certains commentateurs s’interrogent, non sans une pointe d’ironie forcée : pourquoi le président algérien parle-t-il de la Tunisie ? La question, si elle se veut incisive, trahit surtout une méconnaissance des logiques les plus élémentaires des relations interétatiques. Aucun État ne bâtit sa politique étrangère dans l’ignorance de son environnement géopolitique immédiat, et l’Algérie ne fait pas exception. Contrairement à ce que certaines lecture...

Pourquoi l'ouverture d'un sous-bureau du FBI à Alger est une décision justifiée

Le 20 juillet 2026, l'ambassade des États-Unis à Alger a annoncé l'ouverture d'un sous-bureau de l'attaché juridique du FBI (LEGAT) auprès de sa mission diplomatique. Loin d'être un geste isolé, cette décision s'inscrit dans une séquence cohérente d'événements qui, mis bout à bout, en dessinent la logique et la légitiment. 1. Le calendrier ne doit rien au hasard Un mois à peine sépare deux annonces : le 19 juin 2026, le GAFI (Groupe d'action financière) a retiré l'Algérie de sa liste grise, vingt mois après y avoir été inscrite, à l'issue d'un processus de mise en conformité qui a conduit à la refonte de la loi anti-blanchiment et au renforcement des règles de connaissance client dans le secteur bancaire. Puis, le 20 juillet, le FBI annonce son retour. Cette proximité temporelle n'est pas fortuite : Washington subordonne traditionnellement le redéploiement de capacités d'enquête financière à la certification par les standards internat...

Algérie–Espagne : un réchauffement pragmatique, mais Madrid ira-t-elle jusqu’à corriger sa position sur le Sahara occidental ?

La visite de Pedro Sánchez à Alger marque incontestablement une séquence diplomatique importante : après plusieurs années de crise ouverte entre Alger et Madrid, le chef du gouvernement espagnol est venu afficher une volonté de « nouveau souffle » avec l’Algérie, autour de l’énergie, des investissements, du dialogue politique, de l’immigration et de la coopération économique. France 24 rappelle que cette visite est la première de Pedro Sánchez en Algérie depuis quatre ans et qu’elle intervient après la crise provoquée en 2022 par le soutien espagnol au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental.   1. Le retour du réalisme espagnol : l’Algérie redevient incontournable La première lecture de cette visite est simple : Madrid a compris qu’elle ne pouvait pas durablement se permettre une relation dégradée avec Alger. L’Algérie n’est pas seulement un voisin du sud de la Méditerranée ; elle est un fournisseur énergétique majeur, un acteur central de la sécurité régionale, un part...

Accusé à tort d’appartenir au MAK : ma réponse à ceux qui diffament

Parce que je suis kabyle, certains se permettent de m’accuser d’appartenir au MAK. Cette accusation est non seulement fausse, mais profondément injuste et insultante. Elle repose sur un préjugé dangereux : celui qui consiste à croire que l’origine d’un citoyen déterminerait automatiquement ses convictions politiques. C’est une logique de discrimination que je rejette avec la plus grande fermeté. Je suis un patriote algérien de la première heure. Mon attachement à l’Algérie ne se mesure pas à des slogans lancés sur les réseaux sociaux, mais à des actes concrets. Lorsque notre pays traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire, dans les années 1990, alors que l’Algérie était à feu et à sang et que le terrorisme frappait sans relâche, j’ai servi au sein de l’Armée Nationale Populaire. J’ai répondu présent lorsque la nation avait besoin de ses enfants. J’ai servi mon pays avec loyauté, honneur et fidélité, comme des milliers d’autres Algériens issus de toutes les régions. ...

La méthode Coué, c'est Paris qui la pratique — l'Algérie, elle, avance en position de force

Un entretien accordé par l'ambassadeur de France à Alger a suffi à faire sortir de leurs gonds certains éditorialistes parisiens. Qu'un diplomate français choisisse de s'exprimer sur un média algérien, qu'il évoque le rétablissement des flux de visas, qu'il termine son propos par un « Allez les Bleus » plutôt que par une nouvelle mise en accusation d'Alger : voilà qui suffit désormais à déclencher, à Paris, des accusations de « courbette ». Cette nervosité en dit long. Elle révèle surtout qui, dans cette relation, a réellement besoin de l'autre. Une Algérie qui n'a rien à quémander Contrairement au récit que certains médias français aiment entretenir, l'Algérie n'est pas assise en position de demandeuse dans cette relation. Le pays s'est imposé comme le premier fournisseur africain de gaz naturel de l'Union européenne, un statut confirmé mois après mois en 2026, porté par des hausses continues de livraisons vers l'Espagne et l'Ita...

Le Maroc, Pegasus et l’Europe : anatomie d’une guerre de l’ombre numérique

Cinq ans après le séisme du « Projet Pegasus », une nouvelle salve de révélations, publiée le 16 juillet 2026 par Haaretz en partenariat avec un consortium international incluant Le Monde, Forbidden Stories, El Confidencial, Die Zeit et The Guardian, vient rappeler que l’affaire du logiciel espion israélien n’a jamais été véritablement soldée. Cette fois, le récit s’appuie sur un témoin de l’intérieur : un ancien agent des services marocains, présenté sous le pseudonyme « Safir », dont les déclarations ont été corroborées par des documents internes, des courriels et les données forensiques déjà analysées par le laboratoire de sécurité d’Amnesty International. Le tableau qui se dessine dépasse largement le simple contentieux diplomatique franco-marocain de 2021. Il dessine les contours d’un système structuré : un département dédié au sein de la DGST (la Direction générale de la surveillance du territoire, principal service de renseignement intérieur marocain), doté de son propre chef, c...

Lecornu à Rabat : la France ne change pas de position, elle assume enfin ce qu’elle fait depuis cinquante ans

Les déclarations du Premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat ont été présentées comme un tournant majeur dans la politique française au Sahara occidental. En affirmant que la position de la France est désormais « intangible » et que Paris se tient aux côtés du Maroc « loyalement et fidèlement », la France a effectivement franchi une étape supplémentaire dans son soutien à Rabat.  Pourtant, derrière l’agitation médiatique, une réalité demeure : ce repositionnement français n’a rien de véritablement nouveau. La France n’a pas choisi aujourd’hui son camp. Elle l’a choisi il y a près d’un demi-siècle. Le Sahara occidental : une question de décolonisation, pas un différend régional Avant toute chose, il convient de rappeler un élément fondamental souvent occulté dans le débat public occidental : le Sahara occidental n’est pas un simple différend régional entre l’Algérie et le Maroc. Pour l’ONU, le territoire demeure inscrit sur la liste des territoires non autonomes et relève...

Tizi Ouzou, MAK et infiltrations étrangères : quand les alertes ignorées deviennent des réalités sécuritaires

Le démantèlement, dans la wilaya de Tizi Ouzou, d’un groupe criminel appartenant au mouvement terroriste MAK n’est pas un simple fait divers sécuritaire. C’est un signal d’alarme. Un signal grave, brutal, implacable, qui vient rappeler que les menaces contre l’Algérie ne relèvent ni du fantasme, ni de l’exagération, ni de la rhétorique patriotique que certains aiment caricaturer. Selon le communiqué du ministère de la Défense nationale publié le lundi 13 juillet, les services centraux de la sûreté de l’Armée ont procédé, grâce à une exploitation efficace du renseignement, au démantèlement d’un groupe composé de six individus affiliés au MAK. Parmi eux, quatre ressortissants marocains en situation irrégulière sur le territoire national. Ce détail n’est pas anodin. Il est même central. Car il pose une question que beaucoup refusent d’affronter frontalement : comment des ressortissants étrangers en situation irrégulière peuvent-ils se retrouver impliqués, selon les autorités, dans une str...

Romain Molina et le football algérien : quand la crise ouvre un boulevard au sensationnel médiatique

Dans le sillage de la Coupe du monde 2026, que l’Algérie a quittée prématurément après une élimination en seizième de finale face à la Suisse, le football national s’est retrouvé plongé dans une zone de turbulences. Déception sportive, colère populaire, interrogations sur la gouvernance, critiques visant la Fédération algérienne de football, remise en cause de certains choix techniques : tous les ingrédients étaient réunis pour alimenter un climat de frustration et de suspicion. C’est précisément dans ce contexte inflammable que Romain Molina s’est réinstallé au centre de l’attention médiatique algérienne. Le journaliste français, connu pour ses enquêtes et ses prises de parole sur les coulisses du sport, a multiplié les vidéos autour de la sélection algérienne, de la Fédération et de supposées dérives internes. Présentées comme des révélations, ses interventions ont rapidement suscité un large écho auprès d’un public algérien désabusé, en quête de réponses après l’échec des Verts. Mai...