Accéder au contenu principal

Articles

L’Algérie passe de la retenue stratégique à la diplomatie offensive : lecture géopolitique d’un discours de souveraineté

Articles récents

Quand la propagande tente de réécrire le droit : mise au point sur la fiction d’un “conflit algéro-marocain” autour du Sahara occidental

L’article relayé par certains médias marocains, prétendant des “négociations secrètes” entre l’Algérie et le Maroc sur la base d’un projet marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, s’inscrit dans une stratégie de communication bien rodée : déplacer artificiellement la nature du conflit afin d’en masquer la réalité juridique et politique. Il ne s’agit ni d’une révélation diplomatique, ni d’un tournant historique, mais d’un nouvel épisode de désinformation méthodique.   Sur le plan juridique, les faits sont pourtant clairs et établis. Le conflit du Sahara occidental est, selon les Nations unies , un processus de décolonisation inachevé, opposant le Royaume du Maroc à la représentation légitime du peuple sahraoui , le Front Polisario . Cette qualification ne relève pas de l’opinion, mais du droit international , confirmé par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 1975 et par l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité. L’Algérie n’est pas une partie a...

Analyse du Plan d’Autonomie Marocain pour le Sahara Occidental : Légalité Internationale, Gestion des Ressources et Perspectives Démocratiques

Le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, proposé en 2007, repose sur un postulat juridiquement contestable : il présuppose que le Maroc dispose de la souveraineté sur ce territoire. Or, le Sahara occidental est inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies, et le Maroc n’en est pas la puissance administrante reconnue par le droit international. En l’absence de souveraineté marocaine sur ce territoire, toute initiative ou proposition politique encadrée par le cadre constitutionnel marocain est juridiquement dépourvue de fondement. Cela pose une première contradiction majeure qui affaiblit la crédibilité et la légalité du plan. Le Plan d’autonomie marocain, présenté comme une solution au conflit du Sahara occidental, vise à concilier un prétendu droit à l’autodétermination sahraouie avec la souveraineté marocaine, tout en proposant un statut d’autonomie sous le contrôle de l’État marocain. Cette initiative, bien qu’ayant reçu le soutien d...

Madrid, février 2026 : une séquence diplomatique qui complique davantage la position marocaine

Les consultations tenues à Madrid autour du dossier du Sahara occidental , sous pilotage direct des États‑Unis, ouvrent une nouvelle phase diplomatique dont les implications dépassent largement le format habituel du processus onusien. Les informations provenant de multiples médias espagnols, africains et internationaux confirment que les négociations organisées dans les locaux de l’ambassade américaine dans la capitale espagnole ont marqué un tournant important dans la dynamique du conflit.  1. Un cadre diplomatique inédit : Washington prend la main Depuis l’automne 2025, Washington a progressivement écarté l’ ONU de son rôle de chef d’orchestre pour s’imposer comme l’acteur central du dossier. Plusieurs sources soulignent que ces consultations madrilènes constituent la deuxième étape d’un processus lancé discrètement à Washington deux semaines auparavant, preuve d’une volonté américaine d’accélérer la résolution du conflit.  La rencontre du 8 février 2026 réunit quatre dél...

Méga-projet de Gara Djebilet : Pourquoi suscite-t-il autant d’intérêt dans les médias marocains ? Le Maroc est-il réellement dans son bon droit ? Et la convention de 1972 demeure-t-elle contraignante pour l’Algérie ?

Depuis que le gouvernement algérien a décidé de relancer le projet stratégique de la mine de Gara Djebilet (1), la presse marocaine , qu’elle soit officielle ou officieuse, s’est empressée de s’emparer du sujet, invoquant un prétendu « droit historique » du Maroc sur ce gisement. Selon la version avancée par Rabat, Hassan II aurait accepté le tracé des frontières entre le Maroc et l’Algérie en contrepartie d’un droit d’usufruit sur la mine de Gara Djebilet. Or, les documents signés et ratifiés par les deux États racontent une tout autre histoire (2). Nous reviendrons en détail sur ce point dans cet article, afin de déconstruire cette propagande marocaine destinée à un usage interne, dont l’objectif est de maintenir le peuple marocain dans l’illusion d’un retour à une grandeur passée… qui n’a en réalité jamais existé. Avant de répondre aux affirmations marocaines, commençons par présenter brièvement le méga-projet de Gara Djebilet : de quoi s’agit-il exactement ? 1) Le méga projet d...

Entretien du président Tebboune : cap sur les réformes internes, l’industrialisation et un positionnement diplomatique maîtrisé

Lors de son entretien périodique avec les médias nationaux, le président Abdelmadjid Tebboune a livré une vision d’ensemble des priorités de l’État, articulant réformes internes, accélération économique et affirmation mesurée sur la scène internationale. Un exercice de clarté politique et de projection stratégique, où convergent l’impératif de cohésion sociale, la transformation productive et une diplomatie de stabilité. I. Gouvernance intérieure : réformes ciblées et consolidation de l’État social 1) Vers une nouvelle politique de soutien social, adossée à la numérisation. Le chef de l’État a évoqué la possibilité d’un basculement vers un dispositif de soutien repensé d’ici la fin de l’année en cours – début de l’année prochaine, grâce à la généralisation de la numérisation. Ce chantier sera piloté par une commission nationale rassemblant partis et syndicats représentatifs, gage d’une démarche concertée et crédible. 2) “L’État au service du peuple”. Tebboune a assumé un pragmatisme ...

Entre sanctions et réalités stratégiques : l’Algérie, partenaire pivot des États-Unis face au tournant aérien russe

À première vue, le fracas médiatique autour de potentielles sanctions américaines visant l’Algérie, sur fond d’ acquisitions d’armements russes avancés, pourrait laisser croire à une rupture stratégique imminente entre Alger et Washington. Une lecture attentive, froide et débarrassée des réflexes idéologiques, révèle pourtant une réalité bien différente : les États-Unis n’ont ni l’intérêt ni la capacité stratégique de déstabiliser un pays aussi central que l’Algérie, pilier sécuritaire de l’Afrique du Nord, acteur clé du Sahel et partenaire constant dans la lutte antiterroriste depuis plus de deux décennies. C’est dans ce contexte qu’il convient d’analyser, avec méthode et nuance, les signaux récents concernant le  Su-57  en Algérie et le rebond du  Su-35  à l’export, entre images, sources ouvertes et communications soigneusement calibrées. Sanctions américaines : un levier politique, non une stratégie de rupture Le régime CAATSA , brandi régulièrement par Washingto...