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Quand le bruit médiatique étouffe la diplomatie : Paris–Alger entre « récit télévisuel » et réarmement sécuritaire

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En une semaine, l’Algérie efface dix ans de mirages marocains en Afrique

Depuis son retour au sein de l’Union africaine, le Maroc a multiplié les annonces grandiloquentes censées illustrer une ambition panafricaine renouvelée. Pourtant, ces projets, souvent présentés comme des moteurs d’intégration sud‑sud, peinent à dépasser le stade de la communication et finissent par se ressembler dans leur absence de concrétisation. Parmi ces initiatives figurent notamment : – la promesse de construire une capitale pour le Sud‑Soudan ; – le projet de gazoduc Nigeria–Maroc ; – un corridor d’accès à l’Atlantique destiné aux pays du Sahel ; – ou encore un câble électrique censé relier le Maroc au Royaume‑Uni, alors même que le pays demeure structurellement dépendant des importations d’électricité espagnole. Dans ce contexte, l’annonce par le président Tebboune du lancement effectif des travaux du gazoduc Algérie–Niger–Nigeria, en territoire nigérien, marque un tournant majeur et réduit considérablement la portée du projet concurrent porté par Rabat. La visite du général T...

Gazoduc Transsaharien : l’Algérie verrouille le dossier, le projet Nigeria–Maroc s’efface

L’annonce faite par Abdelmadjid Tebboune concernant le lancement effectif du gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger constitue un tournant stratégique majeur dans la géopolitique énergétique du continent. En précisant que les travaux sur le territoire nigérien débuteront dès la fin du mois de Ramadan, le chef de l’État adresse un signal sans ambiguïté : le projet concurrent Nigeria–Maroc appartient désormais au passé. Il convient de rappeler que l’Algérie a déjà achevé la partie du tracé située sur son territoire, menant l’infrastructure jusqu’à la frontière nigérienne, au niveau d’In Guezzam, démontrant ainsi sa préparation et sa détermination à concrétiser ce corridor énergétique d’envergure. Un signal politique fort L’annonce présidentielle n’est pas une déclaration technique parmi d’autres. Elle intervient dans un contexte de recomposition énergétique mondiale, où l’Europe cherche des alternatives fiables au gaz russe et où les routes énergétiques devi...

Désenclavement du Sahel : entre effets d’annonce marocains et stratégie structurelle algérienne

Le débat sur le désenclavement des pays du Sahel – notamment le Mali , le Niger et le Burkina Faso – est devenu un terrain de rivalité géoéconomique au Maghreb . D’un côté, le Maroc a multiplié les annonces autour d’une initiative visant à ouvrir un accès atlantique aux États sahéliens via les ports situés au Sahara occidental . De l’autre, l’ Algérie avance, sans grand tapage médiatique, un projet d’intégration logistique centré sur le développement ferroviaire vers Tamanrasset . Derrière les discours, la question essentielle demeure : quelle initiative est techniquement faisable, politiquement réaliste et économiquement viable ? 1. L’initiative marocaine : une séduction rhétorique, une faisabilité problématique Sur le papier, l’idée marocaine peut paraître séduisante : offrir aux pays enclavés du Sahel un accès direct à l’Atlantique via des infrastructures routières reliant leurs territoires aux ports du Sahara occidental . Le discours mobilise les registres de la solidarité pan...

Retour en force de l’Algérie dans l’espace AES : la diplomatie de l’énergie comme levier, et le « découplage » progressif du Mali

Depuis la crise diplomatique du printemps 2025 entre l’Algérie et les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la région sahélo-saharienne s’est installée dans une logique de blocs, d’arbitrages rapides et de partenariats « utiles » plutôt que symboliques. Dans ce contexte, le retour de l’Algérie « par le concret » — sécurité frontalière, infrastructures, hydrocarbures , électricité — constitue une stratégie cohérente : réinvestir l’espace sahélien non pas par des annonces, mais par des dossiers capables de créer des interdépendances. Cette approche s’observe particulièrement dans le réchauffement rapide des relations avec Niamey , tout en laissant Bamako à l’écart. L’AES (Mali, Niger, Burkina Faso), créée en septembre 2023 puis devenue confédération (juillet 2024), est précisément un cadre où la souveraineté et la « maîtrise des leviers stratégiques » sont centrales. Pour Alger, renouer avec deux capitales sur trois revient à peser sur l’équation régionale tout en réduisant l’ef...

Gara Djebilet – Toumiat : quand le minerai devient stratégie, et l’extraction une industrie

Le projet d’exploitation et de valorisation du minerai de fer de Gara Djebilet (Tindouf) franchit un seuil décisif. Il ne s’agit plus seulement d’extraire un gisement parmi les plus prometteurs du pays, mais d’orchestrer une recomposition industrielle d’ampleur , adossée à la création d’un pôle sidérurgique majeur dans la zone de Toumiat , située à environ 50 km au nord de Béchar . Avec une emprise foncière d’environ 1 477,74 hectares , extensible à l’avenir, cette nouvelle zone industrielle signale une intention claire : dépasser la logique minière pour bâtir une chaîne de transformation intégrée , capable de retenir la valeur sur le territoire national. Du minerai brut à la valeur ajoutée : un changement de doctrine Pendant longtemps, les économies riches en ressources ont oscillé entre deux trajectoires : exporter la matière première, ou bien construire l’industrie autour de cette matière . Le choix qui se dessine avec Toumiat est sans ambiguïté : transformer localement , produir...

Sahara occidental - Les pourparlers de Madrid : révélateur d’un désalignement stratégique

Les récents pourparlers de Madrid autour de la question du Sahara occidental ont mis en lumière un élément central, rarement formulé avec autant de clarté : un désalignement profond entre les attentes américaines et le contenu du document marocain présenté comme une évolution substantielle du plan d’autonomie . Ce moment diplomatique a agi comme un révélateur, exposant non seulement les limites du projet marocain, mais aussi les ambiguïtés stratégiques qui entourent la gestion internationale de ce dossier. Depuis que le Organisation des Nations unies classe le Sahara occidental parmi les territoires non autonomes, toute proposition politique est censée répondre à un impératif juridique fondamental : permettre l’exercice effectif du droit à l’autodétermination . Or, la tension entre ce principe et le postulat de souveraineté revendiqué par Rabat demeure le cœur du dilemme. 1. Le passage de 4 pages à 40 pages : un changement de forme sans mutation de fond ? Le document marocain prése...