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Gazoduc Transsaharien : l’Algérie verrouille le dossier, le projet Nigeria–Maroc s’efface

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Désenclavement du Sahel : entre effets d’annonce marocains et stratégie structurelle algérienne

Le débat sur le désenclavement des pays du Sahel – notamment le Mali , le Niger et le Burkina Faso – est devenu un terrain de rivalité géoéconomique au Maghreb . D’un côté, le Maroc a multiplié les annonces autour d’une initiative visant à ouvrir un accès atlantique aux États sahéliens via les ports situés au Sahara occidental . De l’autre, l’ Algérie avance, sans grand tapage médiatique, un projet d’intégration logistique centré sur le développement ferroviaire vers Tamanrasset . Derrière les discours, la question essentielle demeure : quelle initiative est techniquement faisable, politiquement réaliste et économiquement viable ? 1. L’initiative marocaine : une séduction rhétorique, une faisabilité problématique Sur le papier, l’idée marocaine peut paraître séduisante : offrir aux pays enclavés du Sahel un accès direct à l’Atlantique via des infrastructures routières reliant leurs territoires aux ports du Sahara occidental . Le discours mobilise les registres de la solidarité pan...

Retour en force de l’Algérie dans l’espace AES : la diplomatie de l’énergie comme levier, et le « découplage » progressif du Mali

Depuis la crise diplomatique du printemps 2025 entre l’Algérie et les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la région sahélo-saharienne s’est installée dans une logique de blocs, d’arbitrages rapides et de partenariats « utiles » plutôt que symboliques. Dans ce contexte, le retour de l’Algérie « par le concret » — sécurité frontalière, infrastructures, hydrocarbures , électricité — constitue une stratégie cohérente : réinvestir l’espace sahélien non pas par des annonces, mais par des dossiers capables de créer des interdépendances. Cette approche s’observe particulièrement dans le réchauffement rapide des relations avec Niamey , tout en laissant Bamako à l’écart. L’AES (Mali, Niger, Burkina Faso), créée en septembre 2023 puis devenue confédération (juillet 2024), est précisément un cadre où la souveraineté et la « maîtrise des leviers stratégiques » sont centrales. Pour Alger, renouer avec deux capitales sur trois revient à peser sur l’équation régionale tout en réduisant l’ef...

Gara Djebilet – Toumiat : quand le minerai devient stratégie, et l’extraction une industrie

Le projet d’exploitation et de valorisation du minerai de fer de Gara Djebilet (Tindouf) franchit un seuil décisif. Il ne s’agit plus seulement d’extraire un gisement parmi les plus prometteurs du pays, mais d’orchestrer une recomposition industrielle d’ampleur , adossée à la création d’un pôle sidérurgique majeur dans la zone de Toumiat , située à environ 50 km au nord de Béchar . Avec une emprise foncière d’environ 1 477,74 hectares , extensible à l’avenir, cette nouvelle zone industrielle signale une intention claire : dépasser la logique minière pour bâtir une chaîne de transformation intégrée , capable de retenir la valeur sur le territoire national. Du minerai brut à la valeur ajoutée : un changement de doctrine Pendant longtemps, les économies riches en ressources ont oscillé entre deux trajectoires : exporter la matière première, ou bien construire l’industrie autour de cette matière . Le choix qui se dessine avec Toumiat est sans ambiguïté : transformer localement , produir...

Sahara occidental - Les pourparlers de Madrid : révélateur d’un désalignement stratégique

Les récents pourparlers de Madrid autour de la question du Sahara occidental ont mis en lumière un élément central, rarement formulé avec autant de clarté : un désalignement profond entre les attentes américaines et le contenu du document marocain présenté comme une évolution substantielle du plan d’autonomie . Ce moment diplomatique a agi comme un révélateur, exposant non seulement les limites du projet marocain, mais aussi les ambiguïtés stratégiques qui entourent la gestion internationale de ce dossier. Depuis que le Organisation des Nations unies classe le Sahara occidental parmi les territoires non autonomes, toute proposition politique est censée répondre à un impératif juridique fondamental : permettre l’exercice effectif du droit à l’autodétermination . Or, la tension entre ce principe et le postulat de souveraineté revendiqué par Rabat demeure le cœur du dilemme. 1. Le passage de 4 pages à 40 pages : un changement de forme sans mutation de fond ? Le document marocain prése...

Jack Lang, bouc émissaire idéal : quand Le Monde construit une narration pour justifier le revirement français au profit du Maroc

La scène diplomatique franco‑maghrébine a été profondément bouleversée entre 2021 et 2026 par une série d’événements impliquant Jack Lang, ancien ministre et président de l’Institut du Monde Arabe (IMA) jusqu’à sa démission en février 2026. Mais au‑delà des faits, une question essentielle demeure :  pourquoi  Le Monde  publie‑t‑il précisément maintenant une enquête aussi ciblée ? Et surtout :  à qui profite réellement la mise en accusation soudaine de Jack Lang ? De nombreux observateurs s’interrogent :  et si cet article n’était pas une fin en soi, mais un outil politique destiné à reconfigurer la position française au Maghreb ? 1. Un timing suspect : un article qui tombe à pic pour Paris L’enquête du Monde du 10 février 2026 intervient dans un moment extrêmement sensible : – relations franco‑algériennes au plus bas, – pression croissante sur Paris pour sortir de l’impasse diplomatique, – incapacité totale de justifier, rationnellement, le virage pro‑marocain ...

La visite de Laurent Nuñez à Alger : un dialogue tardif mais stratégique Laurent Nuñez

La visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez , à Alger, prévue pour les 17 et 18 février, constitue un événement diplomatique majeur dans le contexte tendu des relations franco-algériennes . Envisagée depuis octobre dernier, cette rencontre marque la volonté de Paris de relancer un dialogue bilatéral après plusieurs mois de tension, mais elle arrive tardivement, à un moment où la France semble encore ne pas avoir pleinement saisi les causes profondes de la rupture. Un changement de ton, mais une visite tardive Au début du mois de février, Laurent Nuñez adoptait une position exigeante, posant des conditions à sa venue, notamment sur la situation du journaliste français Christophe Gleizes détenu en Algérie et sur la reprise des expulsions d’ Algériens en situation irrégulière . Ce ton rigide a été perçu comme un obstacle à la reprise du dialogue. Quelques jours plus tard, le 9 février, Nuñez a radicalement changé de posture, annonçant qu’aucun préalable ne serait pos...