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Crise de Ceuta : quand le débat médiatique français s’éloigne des faits

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Ceuta : la carte migratoire, dernière arme contre Sánchez

Il y a des coïncidences qui, à force de se répéter, cessent d'en être. Ce jeudi 30 juillet, jour de la Fête du Trône au Maroc, plusieurs centaines de migrants ont forcé la frontière de Ceuta à la nage, provoquant au moins neuf morts et contraignant Madrid à dépêcher des renforts militaires. Sur le papier, un fait divers tragique parmi d'autres sur une frontière sous tension depuis le début de l'année. Dans les faits, l'épisode survient exactement dix jours après la visite de Pedro Sánchez à Alger, un déplacement conçu pour solder des années de brouille avec l'Algérie — et perçu à Rabat comme une véritable provocation diplomatique. Je ne crois pas au hasard des calendriers en politique étrangère, encore moins quand il s'agit du Maroc et de la question migratoire. Rabat a démontré par le passé, notamment lors de la crise de 2021, sa capacité à desserrer ou resserrer le robinet migratoire au gré de ses intérêts diplomatiques. Ce n'est pas une hypothèse théoriqu...

Tiznit–Dakhla : la « prouesse » saharienne à l'épreuve des chiffres

Il y a des chantiers qu'on construit avec du bitume, et des chantiers qu'on construit avec des éléments de langage. La voie express Tiznit–Dakhla appartient visiblement aux deux catégories. Présentée par les autorités marocaines comme un « projet historique », symbole d'un Sud enfin désenclavé, elle s'étend sur environ 1 055 kilomètres pour un coût annoncé de 10 milliards de dirhams. Le chiffre est répété, mis en scène, décliné dans la communication officielle comme la preuve d'un volontarisme d'État. Mais un chiffre isolé ne dit jamais tout. Et c'est précisément quand un montant est présenté comme spectaculaire sans être décomposé qu'il mérite d'être interrogé. Le paradoxe du coût « colossal » mais bon marché Ramené au kilomètre, l'investissement représente environ 9,5 millions de dirhams par kilomètre. Pour une infrastructure traversant l'une des régions les plus hostiles du continent, ce ratio est étonnamment bas — bien plus proche du coût...

Algérie-Tunisie : la sécurité n’a pas de frontières idéologiques

Le 27 juillet 2026, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a de nouveau évoqué la sécurité de la Tunisie lors de son entretien périodique avec les médias nationaux, promettant de ne faire preuve d’aucune tolérance envers toute menace terroriste visant le pays voisin. Ces propos, loin d’être une nouveauté dans le discours algérien, ont pourtant déclenché une vague de réactions contrastées à Tunis, entre soutien à une coopération jugée naturelle et critiques y voyant une atteinte à la souveraineté tunisienne. Une polémique disproportionnée Certains commentateurs s’interrogent, non sans une pointe d’ironie forcée : pourquoi le président algérien parle-t-il de la Tunisie ? La question, si elle se veut incisive, trahit surtout une méconnaissance des logiques les plus élémentaires des relations interétatiques. Aucun État ne bâtit sa politique étrangère dans l’ignorance de son environnement géopolitique immédiat, et l’Algérie ne fait pas exception. Contrairement à ce que certaines lecture...

Pourquoi l'ouverture d'un sous-bureau du FBI à Alger est une décision justifiée

Le 20 juillet 2026, l'ambassade des États-Unis à Alger a annoncé l'ouverture d'un sous-bureau de l'attaché juridique du FBI (LEGAT) auprès de sa mission diplomatique. Loin d'être un geste isolé, cette décision s'inscrit dans une séquence cohérente d'événements qui, mis bout à bout, en dessinent la logique et la légitiment. 1. Le calendrier ne doit rien au hasard Un mois à peine sépare deux annonces : le 19 juin 2026, le GAFI (Groupe d'action financière) a retiré l'Algérie de sa liste grise, vingt mois après y avoir été inscrite, à l'issue d'un processus de mise en conformité qui a conduit à la refonte de la loi anti-blanchiment et au renforcement des règles de connaissance client dans le secteur bancaire. Puis, le 20 juillet, le FBI annonce son retour. Cette proximité temporelle n'est pas fortuite : Washington subordonne traditionnellement le redéploiement de capacités d'enquête financière à la certification par les standards internat...

Algérie–Espagne : un réchauffement pragmatique, mais Madrid ira-t-elle jusqu’à corriger sa position sur le Sahara occidental ?

La visite de Pedro Sánchez à Alger marque incontestablement une séquence diplomatique importante : après plusieurs années de crise ouverte entre Alger et Madrid, le chef du gouvernement espagnol est venu afficher une volonté de « nouveau souffle » avec l’Algérie, autour de l’énergie, des investissements, du dialogue politique, de l’immigration et de la coopération économique. France 24 rappelle que cette visite est la première de Pedro Sánchez en Algérie depuis quatre ans et qu’elle intervient après la crise provoquée en 2022 par le soutien espagnol au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental.   1. Le retour du réalisme espagnol : l’Algérie redevient incontournable La première lecture de cette visite est simple : Madrid a compris qu’elle ne pouvait pas durablement se permettre une relation dégradée avec Alger. L’Algérie n’est pas seulement un voisin du sud de la Méditerranée ; elle est un fournisseur énergétique majeur, un acteur central de la sécurité régionale, un part...

Accusé à tort d’appartenir au MAK : ma réponse à ceux qui diffament

Parce que je suis kabyle, certains se permettent de m’accuser d’appartenir au MAK. Cette accusation est non seulement fausse, mais profondément injuste et insultante. Elle repose sur un préjugé dangereux : celui qui consiste à croire que l’origine d’un citoyen déterminerait automatiquement ses convictions politiques. C’est une logique de discrimination que je rejette avec la plus grande fermeté. Je suis un patriote algérien de la première heure. Mon attachement à l’Algérie ne se mesure pas à des slogans lancés sur les réseaux sociaux, mais à des actes concrets. Lorsque notre pays traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire, dans les années 1990, alors que l’Algérie était à feu et à sang et que le terrorisme frappait sans relâche, j’ai servi au sein de l’Armée Nationale Populaire. J’ai répondu présent lorsque la nation avait besoin de ses enfants. J’ai servi mon pays avec loyauté, honneur et fidélité, comme des milliers d’autres Algériens issus de toutes les régions. ...