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France–Algérie : entre discours d’« apaisement » et réalités de confrontation — l’épreuve du Sahara occidental et de la mémoire

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Africa Lion au prisme des vulnérabilités sécuritaires : une accumulation d’incidents lourde de sens

L’exercice militaire international Africa Lion , régulièrement présenté comme l’un des piliers de la coopération sécuritaire entre forces africaines et partenaires occidentaux, se déroule cette année dans un contexte particulièrement troublé. En l’espace de quelques jours, plusieurs incidents graves survenus au Maroc ont jeté une ombre sur un dispositif censé illustrer la coordination, la maîtrise opérationnelle et la stabilité régionale. La disparition de deux soldats américains engagés dans les manœuvres constitue le premier signal d’alerte. Les circonstances exactes de cet événement n’ont pas encore été pleinement élucidées, mais il a nécessité le déploiement rapide d’importants moyens de recherche, terrestres et aériens, soulignant d’emblée la complexité du terrain et des conditions d’intervention. Un accident aérien révélateur de fragilités matérielles et opérationnelles C’est dans le cadre de ces opérations de recherche qu’un hélicoptère militaire marocain s’est écrasé alors qu...

Mali : l’offensive éclair qui rebat les cartes du Sahel — entre décapitation de l’État, retrait russe et retour du « facteur algérien »

En l’espace de quelques jours, la crise malienne a changé de nature. Il ne s’agit plus seulement d’une dégradation sécuritaire chronique, mais d’un événement de rupture : une offensive simultanée sur plusieurs points névralgiques, une désorganisation apparente du commandement , un recul (ou un repli) des alliés russes dans le Nord, et un jeu diplomatique régional qui se recompose à grande vitesse. Au cœur de cette séquence, une donnée structurelle ressurgit : la centralité géopolitique de l’Algérie dans l’architecture sahélienne — non pas par proclamation, mais par contrainte géographique, sécuritaire et diplomatique. Trois jours après les attaques, la situation demeure confuse : les localités clés du Nord et du centre (dont Kidal, Gao, Bourem, Konna, Sévaré, Mopti) auraient basculé ou seraient contestées, tandis que l’exécutif de transition à Bamako donne l’image d’un pouvoir en retrait , parfois muet. Le chef des autorités de transition n’avait pas reparu publiquement à la date évo...

Camps de réfugiés sahraouis de Tindouf : pourquoi la rumeur d’un “ordre de démantèlement” est une fake news juridiquement absurde

L’idée selon laquelle une personnalité étrangère – en l’occurrence Massad Boulos , sans statut décisionnel au sein des Nations unies – aurait « ordonné » à l’Algérie de démanteler les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf repose sur une double absurdité : aucune compétence juridique internationale , aucune base textuelle dans le droit onusien . Aucun mécanisme des Nations unies ne permet à un acteur politique, étatique ou non, d’exiger unilatéralement le démantèlement de camps de réfugiés installés sur le territoire souverain d’un État hôte, en dehors d’un cadre légal strict fondé sur le consentement des réfugiés eux‑mêmes et des agences compétentes (HCR principalement).  1. Que dit réellement la résolution 2797 (2025) ? La résolution 2797 , adoptée le 31 octobre 2025 , poursuit deux objectifs précis : le renouvellement du mandat de la MINURSO jusqu’en octobre 2026 ; l’encouragement à une solution politique négociée qualifiée de « juste, durable et mutuellement acceptable ». Le...

Émirats arabes unis : derrière l’apparente stabilité, les fissures financières d’un hub sous pression géopolitique

Longtemps présentés comme un îlot de stabilité économique au cœur d’un Moyen-Orient instable, les Émirats arabes unis (EAU) semblent aujourd’hui entrer dans une zone de turbulences inédites. Selon une révélation du magazine Fortune , relayée par plusieurs médias anglo-saxons, Abou Dhabi fait face à des tensions financières croissantes dans le contexte de l’affrontement militaire opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Si les autorités émiraties continuent d’afficher un discours rassurant, les signaux d’alerte se multiplient, révélant une vulnérabilité bien plus profonde qu’il n’y paraît. Des discussions sensibles à Washington C’est à Washington que les premiers indices d’inquiétude ont émergé au grand jour. Lors de réunions tenues la semaine dernière, le gouverneur de la Banque centrale des Émirats arabes unis, Khaled Mohamed Balama, a évoqué la possibilité de mettre en place une ligne de swap de devises avec la Réserve fédérale américaine, en coordination avec le Trésor des États...

Rivalités régionales et construction des menaces : le précédent des accusations nucléaires contre l’Algérie dans les années 1990

L’évocation récurrente, dans certains discours contemporains, d’un supposé programme nucléaire militaire algérien ne constitue pas un phénomène nouveau. Elle s’inscrit dans une séquence historique bien identifiée, remontant au début des années 1990, où la question nucléaire a été instrumentalisée dans le cadre des rivalités stratégiques en Afrique du Nord. L’analyse de cet épisode permet d’éclairer les mécanismes de construction des menaces, ainsi que le rôle des institutions internationales dans leur objectivation. Un contexte international propice à la suspicion La période post-guerre froide est marquée par une sensibilité accrue aux enjeux de prolifération nucléaire. La révélation du programme irakien après la Guerre du Golfe a profondément modifié les perceptions occidentales, renforçant la vigilance à l’égard des États développant des capacités nucléaires, même à des fins déclarées civiles. C’est dans ce contexte que certaines autorités marocaines ont exprimé des préoccupations qu...

La guerre en Iran… et pourquoi le Maroc en est le plus grand perdant

À première vue, toute guerre qui éclate en Iran peut sembler géographiquement éloignée du Maroc, sans lien direct ni implication militaire. Pourtant, une lecture géopolitique approfondie révèle une tout autre réalité. Les grandes guerres ne se mesurent pas uniquement par les champs de bataille, mais par les recompositions stratégiques qu’elles provoquent, les alliances qu’elles révèlent et les illusions qu’elles dissipent. De ce point de vue, le Maroc apparaît, paradoxalement, comme l’un des principaux perdants politiques et stratégiques de toute escalade militaire visant l’Iran . I. L’effondrement du pari de la « fonction géopolitique » Ces dernières années, le Maroc a construit une partie significative de sa politique étrangère autour d’un rôle fonctionnel au service de certaines puissances occidentales, notamment à travers : la mise en avant de la « menace iranienne » en Afrique, la diabolisation du « croissant chiite », l’alignement narratif sur les discours de sécurité occidentaux...