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De l’ère du MiG-25 à la consolidation d’une puissance régionale : la trajectoire stratégique de l’Algérie

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Sahara occidental : l’illusion de la victoire et la réalité des rapports de force

Depuis quelques mois, une campagne méthodique tente d’imposer une idée simple : le dossier du Sahara occidental serait clos, scellé, irréversible. Le Maroc ne négocierait rien ; il formaliserait seulement une souveraineté déjà acquise. Washington, dit-on, aurait pour mission d’amener le Front Polisario à apposer sa signature au bas d’un accord dont les termes seraient déjà écrits. Cette mise en scène vise à produire un effet psychologique : créer l’impression que l’histoire est terminée. Or, en diplomatie, proclamer la fin d’un conflit ne le résout pas. La rhétorique peut précéder la réalité ; elle ne la remplace jamais. La résolution 2797 : un instrument diplomatique, pas un chèque en blanc La résolution 2797 est brandie comme la consécration définitive de l’ autonomie sous souveraineté marocaine . Mais une lecture stratégique révèle autre chose. Le Conseil de sécurité : qualifie l’initiative marocaine de « sérieuse et crédible » ; appelle à une solution politique ; insiste sur son...

Sahara occidental : analyse juridique critique de la position marocaine au regard du droit à l’autodétermination

Le différend relatif au Sahara occidental demeure l’un des contentieux de décolonisation les plus complexes du système international contemporain. Il met en tension deux principes cardinaux du droit international : l’intégrité territoriale des États et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’analyse juridique de la position marocaine suppose d’examiner quatre piliers normatifs : l’Avis consultatif de 1975 de la Cour internationale de Justice ; le statut du territoire au sein de l’Organisation des Nations unies ; la portée de la Résolution 1541 (XV) ; la nature juridique du droit à l’autodétermination. L’objectif de cette étude est d’identifier les fragilités juridiques de la position marocaine et d’expliquer pourquoi, dans une lecture orthodoxe du droit international, un référendum d’autodétermination apparaît difficilement contournable. I. L’Avis consultatif de 1975 : reconnaissance de liens sans reconnaissance de souveraineté Le 16 octobre 1975, la CIJ fut saisie pour détermin...

Le Su‑34 : l’évolution d’un chasseur‑bombardier russe vers les capacités intercontinentales

Le Su‑34, fleuron de l’aviation de frappe russe, s’impose aujourd’hui comme le chasseur tactique opérationnel ayant la plus longue autonomie au monde , un statut confirmé par plusieurs analyses spécialisées parues en février 2026. Sa capacité à voler sur des distances comparables à celles de certains bombardiers stratégiques lui confère une flexibilité opérationnelle rare, allant de la permanence aérienne prolongée aux missions de pénétration profonde.  Une architecture héritée du Su‑27, optimisée pour l’endurance Conçu à partir du Su‑27 — déjà le chasseur ayant la plus grande autonomie du bloc soviétique — le Su‑34 bénéficie d’un héritage structurel favorable. Plus lourd d’environ 50 %, intégrant davantage de matériaux composites et des moteurs AL‑31FM2 plus efficaces, l’appareil a vu son rayon d’action croître de manière significative. Là où le Su‑27 atteignait 4 000 km de ferry range avec carburant interne, le Su‑34 atteindrait 4 800 à 5 000 km , frôlant déjà la catégorie « inte...

La visite du président Tiani à Alger : un tournant diplomatique et politique pour le Sahel

La visite officielle du général Abdourahamane Tiani à Alger les 15 et 16 février constitue un jalon majeur dans les recompositions diplomatiques sahéliennes. Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune , le dirigeant nigérien a, selon Le Monde , assumé un rôle actif dans une médiation destinée à relancer un climat de confiance entre l’Algérie et le Mali , après plusieurs mois de tensions. Un déplacement hautement symbolique Jusqu’ici, le président nigérien n’avait jamais quitté l’Alliance des États du Sahel (AES). Choisir Alger comme première destination hors de ce cadre témoigne d’une volonté claire : repositionner le Niger au centre des équilibres régionaux et appuyer une désescalade entre deux acteurs stratégiques du Sahel. Le Monde souligne que cette initiative s’inscrit dans une démarche concertée avec Bamako, signe d’une volonté d’apaisement partagée. Niamey comme médiateur pragmatique Le Niger, dont les relations sont restées opérationnelles avec Alger comme avec Bamako, s’es...

De la dilapidation rentière à la tentative de redressement : rupture ou continuité ?

Entre 2005 et 2023, près de 1 000 milliards d’euros d’échanges commerciaux ont été réalisés entre l’Algérie et l’Union européenne. Derrière ce chiffre impressionnant se cache un déséquilibre structurel : une économie largement ouverte aux importations, mais peu transformée en profondeur. Pour comprendre cette situation, il faut revenir aux choix opérés durant la présidence de Abdelaziz Bouteflika . I. L’ère Bouteflika : la rente au lieu de la production Les années 2005–2014 ont correspondu à une période d’abondance exceptionnelle grâce aux prix élevés des hydrocarbures. L’Algérie disposait alors de ressources financières considérables, offrant une opportunité historique de : Construire une industrie nationale compétitive Diversifier les exportations hors hydrocarbures Investir massivement dans la technologie et l’innovation Structurer un tissu solide de PME productives Or, au lieu d’un basculement vers une économie productive, le pays s’est installé dans un modèle fondé sur l’importati...

Jingdong Steel à M’sila : un investissement structurant qui redéfinit les ambitions sidérurgiques de l’Algérie

L'annonce par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) de l’avancement du projet sidérurgique du groupe chinois Jingdong Steel constitue un signal fort : l’ industrialisation lourde revient au cœur de la stratégie économique algérienne, cette fois portée par des investissements concrets, visibles et suivis. Selon les dernières communications de l’AAPI, le chantier de l’usine implantée dans la zone industrielle de Draâ El Hadja atteint désormais environ 60 % d’avancement. Cet investissement de 500 millions de dollars, l’un des plus importants dans le secteur industriel hors hydrocarbures de ces dernières années, reflète non seulement la montée en puissance du partenariat algéro-chinois , mais aussi la volonté d’installer durablement l’Algérie dans les chaînes de valeur de la sidérurgie régionale . 1. Une implantation stratégique au cœur de la wilaya de M’sila Le projet repose sur une assiette foncière de 36 hectares, attribuée au groupe chinois dans la zone ind...