Quand le bruit médiatique étouffe la diplomatie : Paris–Alger entre « récit télévisuel » et réarmement sécuritaire
Avant même que ne s’ouvrent les échanges entre Laurent Nuñez, les responsables sécuritaires qui l’accompagnaient et leurs interlocuteurs algériens, une partie des plateaux parisiens avait déjà rendu son verdict : échec annoncé . Ce réflexe — prononcer la sentence avant même d’avoir la matière — ne dit pas grand-chose de la négociation réelle ; il dit beaucoup, en revanche, de la logique d’un écosystème médiatique qui privilégie la dramaturgie à l’analyse, l’immédiat au structurel, l’affrontement au mécanisme. Pendant la visite, peu d’éléments concrets ont filtré. Et faute de substance, le commentaire s’est rabattu sur ses repères habituels : les OQTF , encore et toujours. Là, le récit est prêt, calibré, recyclable : l’Algérie « refuserait » de reprendre ses ressortissants en situation irrégulière. En réalité, l’enjeu est un millefeuille : identification consulaire, vérifications, procédures, contentieux, séquences politiques, et surtout, gestion souveraine des gestes réciproques. Or, ...