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Visite de Laurent Nuñez en Algérie : dégel sécuritaire, recomposition politique ou simple gestion de crise ?

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Quand le bruit médiatique étouffe la diplomatie : Paris–Alger entre « récit télévisuel » et réarmement sécuritaire

Avant même que ne s’ouvrent les échanges entre Laurent Nuñez, les responsables sécuritaires qui l’accompagnaient et leurs interlocuteurs algériens, une partie des plateaux parisiens avait déjà rendu son verdict : échec annoncé . Ce réflexe — prononcer la sentence avant même d’avoir la matière — ne dit pas grand-chose de la négociation réelle ; il dit beaucoup, en revanche, de la logique d’un écosystème médiatique qui privilégie la dramaturgie à l’analyse, l’immédiat au structurel, l’affrontement au mécanisme. Pendant la visite, peu d’éléments concrets ont filtré. Et faute de substance, le commentaire s’est rabattu sur ses repères habituels : les OQTF , encore et toujours. Là, le récit est prêt, calibré, recyclable : l’Algérie « refuserait » de reprendre ses ressortissants en situation irrégulière. En réalité, l’enjeu est un millefeuille : identification consulaire, vérifications, procédures, contentieux, séquences politiques, et surtout, gestion souveraine des gestes réciproques. Or, ...

En une semaine, l’Algérie efface dix ans de mirages marocains en Afrique

Depuis son retour au sein de l’Union africaine, le Maroc a multiplié les annonces grandiloquentes censées illustrer une ambition panafricaine renouvelée. Pourtant, ces projets, souvent présentés comme des moteurs d’intégration sud‑sud, peinent à dépasser le stade de la communication et finissent par se ressembler dans leur absence de concrétisation. Parmi ces initiatives figurent notamment : – la promesse de construire une capitale pour le Sud‑Soudan ; – le projet de gazoduc Nigeria–Maroc ; – un corridor d’accès à l’Atlantique destiné aux pays du Sahel ; – ou encore un câble électrique censé relier le Maroc au Royaume‑Uni, alors même que le pays demeure structurellement dépendant des importations d’électricité espagnole. Dans ce contexte, l’annonce par le président Tebboune du lancement effectif des travaux du gazoduc Algérie–Niger–Nigeria, en territoire nigérien, marque un tournant majeur et réduit considérablement la portée du projet concurrent porté par Rabat. La visite du général T...

Gazoduc Transsaharien : l’Algérie verrouille le dossier, le projet Nigeria–Maroc s’efface

L’annonce faite par Abdelmadjid Tebboune concernant le lancement effectif du gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger constitue un tournant stratégique majeur dans la géopolitique énergétique du continent. En précisant que les travaux sur le territoire nigérien débuteront dès la fin du mois de Ramadan, le chef de l’État adresse un signal sans ambiguïté : le projet concurrent Nigeria–Maroc appartient désormais au passé. Il convient de rappeler que l’Algérie a déjà achevé la partie du tracé située sur son territoire, menant l’infrastructure jusqu’à la frontière nigérienne, au niveau d’In Guezzam, démontrant ainsi sa préparation et sa détermination à concrétiser ce corridor énergétique d’envergure. Un signal politique fort L’annonce présidentielle n’est pas une déclaration technique parmi d’autres. Elle intervient dans un contexte de recomposition énergétique mondiale, où l’Europe cherche des alternatives fiables au gaz russe et où les routes énergétiques devi...

Désenclavement du Sahel : entre effets d’annonce marocains et stratégie structurelle algérienne

Le débat sur le désenclavement des pays du Sahel – notamment le Mali , le Niger et le Burkina Faso – est devenu un terrain de rivalité géoéconomique au Maghreb . D’un côté, le Maroc a multiplié les annonces autour d’une initiative visant à ouvrir un accès atlantique aux États sahéliens via les ports situés au Sahara occidental . De l’autre, l’ Algérie avance, sans grand tapage médiatique, un projet d’intégration logistique centré sur le développement ferroviaire vers Tamanrasset . Derrière les discours, la question essentielle demeure : quelle initiative est techniquement faisable, politiquement réaliste et économiquement viable ? 1. L’initiative marocaine : une séduction rhétorique, une faisabilité problématique Sur le papier, l’idée marocaine peut paraître séduisante : offrir aux pays enclavés du Sahel un accès direct à l’Atlantique via des infrastructures routières reliant leurs territoires aux ports du Sahara occidental . Le discours mobilise les registres de la solidarité pan...

Retour en force de l’Algérie dans l’espace AES : la diplomatie de l’énergie comme levier, et le « découplage » progressif du Mali

Depuis la crise diplomatique du printemps 2025 entre l’Algérie et les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la région sahélo-saharienne s’est installée dans une logique de blocs, d’arbitrages rapides et de partenariats « utiles » plutôt que symboliques. Dans ce contexte, le retour de l’Algérie « par le concret » — sécurité frontalière, infrastructures, hydrocarbures , électricité — constitue une stratégie cohérente : réinvestir l’espace sahélien non pas par des annonces, mais par des dossiers capables de créer des interdépendances. Cette approche s’observe particulièrement dans le réchauffement rapide des relations avec Niamey , tout en laissant Bamako à l’écart. L’AES (Mali, Niger, Burkina Faso), créée en septembre 2023 puis devenue confédération (juillet 2024), est précisément un cadre où la souveraineté et la « maîtrise des leviers stratégiques » sont centrales. Pour Alger, renouer avec deux capitales sur trois revient à peser sur l’équation régionale tout en réduisant l’ef...

Gara Djebilet – Toumiat : quand le minerai devient stratégie, et l’extraction une industrie

Le projet d’exploitation et de valorisation du minerai de fer de Gara Djebilet (Tindouf) franchit un seuil décisif. Il ne s’agit plus seulement d’extraire un gisement parmi les plus prometteurs du pays, mais d’orchestrer une recomposition industrielle d’ampleur , adossée à la création d’un pôle sidérurgique majeur dans la zone de Toumiat , située à environ 50 km au nord de Béchar . Avec une emprise foncière d’environ 1 477,74 hectares , extensible à l’avenir, cette nouvelle zone industrielle signale une intention claire : dépasser la logique minière pour bâtir une chaîne de transformation intégrée , capable de retenir la valeur sur le territoire national. Du minerai brut à la valeur ajoutée : un changement de doctrine Pendant longtemps, les économies riches en ressources ont oscillé entre deux trajectoires : exporter la matière première, ou bien construire l’industrie autour de cette matière . Le choix qui se dessine avec Toumiat est sans ambiguïté : transformer localement , produir...