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Washington veut décider à la place des Sahraouis. L'Algérie, elle, n'a pas oublié ce que veut dire décoloniser

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Tindouf : l'honneur de l'Algérie ne se négocie pas

L'Algérie a ouvert ses bras à un peuple chassé de sa terre. Aujourd'hui, la propagande du Makhzen voudrait faire de cette hospitalité un crime. Remettons le droit, l'histoire et la vérité à leur place. La même rengaine revient à chaque approche d'une échéance onusienne. Washington exigerait la fermeture des camps de Tindouf. Madrid se rangerait derrière Washington. Et l'Algérie, coupable d'avoir accueilli des réfugiés, serait « partie au conflit ». Ce récit n'est pas une analyse. C'est une opération de communication, fabriquée à Rabat et recyclée de site en site, dont l'objectif est simple : effacer la question sahraouie en désignant un coupable commode. Cette manœuvre ne résiste ni au droit, ni à l'histoire, ni aux faits. I. Tindouf, fille d'un exode et non d'un calcul Les camps sahraouis ne sont pas sortis de l'imagination d'Alger. Ils sont nés de la fuite. Fin 1975 et en 1976, après le départ de l'Espagne et les acc...

Tindouf : derrière l'écran de fumée des réfugiés, la vraie hantise de Rabat

Sahara occidental · Analyse En prétendant que les camps sahraouis seraient peuplés d'Algériens, de Mauritaniens et de Subsahariens, la propagande marocaine détourne l'attention d'une question bien plus embarrassante pour le royaume : le sort de ses propres colons au Sahara occidental. Par Belgacem Merbah Un camp de réfugiés sahraouis près de Tindouf, dans le sud-ouest algérien. Crédit photo : Le Monde D epuis quelques semaines, les plateaux marocains et leurs analystes attitrés, Manar Slimi en tête, ont trouvé un nouveau refrain. Les camps de réfugiés sahraouis de la wilaya de Tindouf ne seraient pas peuplés de Sahraouis, mais d'un mélange d'Algériens, de Mauritaniens et de ressortissants subsahariens. La conclusion suit naturellement : la communauté internationale finirait par contraindre l'Algérie à naturaliser ces populations, puisque le Maroc n'acceptera jamais leur retour au Sahara occidental. Le calendrier n...

17 octobre 1961 : les noyés de la Seine

17 octobre 1961 · 17 octobre 2026 Les noyés de la Seine Soixante-cinq ans après, nous n'oublions pas Il pleuvait sur Paris ce soir-là. Une pluie fine d'automne, de celles qui collent aux vêtements et font briller les pavés. Dans les bidonvilles de Nanterre, dans les hôtels meublés de la Goutte-d'Or et de Belleville, des hommes ont enfilé leur plus beau costume. Certains ont mis une cravate. Des femmes ont pris leurs enfants par la main. Ils allaient manifester, et ils voulaient être dignes. Ils étaient environ trente mille. Ils n'avaient pas d'armes. L'ordre avait été donné : pas même un canif. Ils marchaient contre une injustice simple et brutale : depuis le 5 octobre, un couvre-feu leur interdisait, à eux seuls, de sortir le soir. Pas aux Parisiens. Aux « Français musulmans d'Algérie », comme disait l'administration. On leur demandait de rentrer chez eux à la tombée de la nuit, comme on rentre le bétail. ...

Coup de théâtre à l'ONU : le Maroc contraint de voter pour l'autodétermination du peuple sahraoui !

Pour la première fois depuis vingt ans, Rabat a dû inscrire noir sur blanc son vote en faveur d'un texte onusien qui consacre l'autodétermination du peuple du Sahara occidental. Retour sur une séance qui embarrasse la diplomatie marocaine. 15 octobre 2026 · New York Ce qui s'est passé à New York Ce jeudi 15 octobre 2026, la Quatrième Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté sa résolution annuelle sur la question du Sahara occidental. Le Maroc figure parmi les États ayant voté pour. 152 Pour, dont le Maroc 2 Contre 7 Abstentions Cette commission est celle de la décolonisation, et le texte adopté s'inscrit pleinement dans cette logique. Il prend acte du rapport du Secrétaire général du 31 juillet 2026, qui rappelle que la Quatrième Commission et le Comité spécial de la décolonisation traitent le Sahara occidental comme une question de décolonisation. Pourquoi un vote cette année ? C'est là que rési...

Ceuta et Melilla : le silence calculé de Rabat ?

Analyse · Maghreb – Europe Ceuta et Melilla : le silence calculé de Rabat Le roi d'Espagne foule le sol des deux villes que le Maroc présente comme « occupées ». Face à cette visite, l'État marocain se tait, alors que son propre discours revendicatif tourne à plein régime depuis l'été. Le roi Felipe VI d'Espagne. Une visite historique, sans réponse officielle Felipe VI et la reine Letizia se rendent à Ceuta et Melilla les 13 et 14 octobre, une première pour le monarque en douze ans de règne, un peu plus de deux mois après l'entrée massive de plus de 72 000 migrants à Ceuta depuis le Maroc, fin juillet. Le symbole est appuyé : le couple royal passe la nuit du 13 octobre à Ceuta, une première pour un chef d'État espagnol en exercice depuis le retour de la démocratie. Le programme comprend aussi un hommage, au cimetière de Sidi Embarek, aux quelque 140 personnes mortes en tentant de rejoindre Ceuta à la nage entre le 30 et l...

Medgaz dans le viseur ? Défendons nos infrastructures, pas nos divisions

Sécurité nationale · Opinion Medgaz dans le viseur ? Défendons nos infrastructures, pas nos divisions Le choix d'Oran comme base opérationnelle par un groupe de saboteurs présumés pose une question stratégique. Il ne doit en aucun cas servir de prétexte à la stigmatisation de l'Ouest algérien. Par Belgacem Merbah J e suis profondément convaincu que la véritable cible du groupe de saboteurs marocains récemment mis hors d'état de nuire était le gazoduc sous-marin Medgaz. Le choix d'Oran comme base opérationnelle pourrait ne rien devoir au hasard, compte tenu de l'importance stratégique de cette infrastructure énergétique. Il suffit de regarder une carte. Medgaz part de Beni Saf, sur le littoral de la wilaya d'Aïn Témouchent, à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Oran, et traverse la Méditerranée jusqu'à Almería, en Espagne. Depuis l'arrêt du gazoduc Maghreb-Europe, qui transitait par le territoire marocain et n'a pa...