Accéder au contenu principal

Articles

La visite de Laurent Nuñez à Alger : un dialogue tardif mais stratégique Laurent Nuñez

Articles récents

Affaire Amarante International : les enseignements d’un procès révélateur des vulnérabilités stratégiques de l’État algérien

La condamnation prononcée par la Cour criminelle de première instance de Dar El‑Beïda , à Alger, marque un tournant majeur dans la lutte contre les atteintes à la sécurité nationale . L’affaire, qui a abouti à des peines allant jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle ferme , met en lumière un réseau d’espionnage structuré opérant sous couverture d’activités commerciales légales, mais dont les pratiques réelles visaient à collecter et transmettre des informations sensibles à des acteurs étrangers. Au‑delà de la dimension judiciaire, ce dossier révèle la profondeur des menaces hybrides auxquelles l’État algérien est confronté, ainsi que les failles exploitées par certaines sociétés étrangères opérant sous apparence de légalité. I. Une entreprise écran au cœur d’un dispositif clandestin Au centre de l’affaire se trouve une filiale locale de la société française Amarante International , officiellement active dans le gardiennage, la sécurité et le conseil. Derrière cette façade, l’enquête e...

Sahara occidental : l’erreur stratégique majeure de la France face à un intérêt vital algérien et aux ambitions expansionnistes marocaines

La décision de la France de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental ne relève ni d’un simple ajustement diplomatique ni d’un pragmatisme réaliste. Elle constitue une erreur stratégique profonde, révélatrice d’une mauvaise hiérarchisation des puissances au Maghreb et d’une incompréhension majeure de la nature de l’État algérien, de ses intérêts vitaux et de son rôle stabilisateur régional. En croyant sécuriser un partenariat confortable avec Rabat, Paris a sous-estimé une donnée fondamentale : le Sahara occidental est une ligne rouge absolue pour l’Algérie, car il touche à la fois à sa doctrine historique , à sa sécurité nationale et à l’équilibre régional face aux ambitions territoriales marocaines. I. Le Sahara occidental : un intérêt vital non négociable pour l’Algérie Contrairement à la lecture européenne dominante, qui traite le Sahara occidental comme un simple contentieux régional, l’Algérie le considère comme un enjeu existentiel, inscrit au cœur de sa ...

Jack Lang, influence discrète et retombées diplomatiques : anatomie d’un bouleversement franco‑algérien

La scène diplomatique franco‑maghrébine a été profondément secouée entre 2021 et 2026 par une série d’événements impliquant Jack Lang, ancien ministre français de la Culture et président de l’Institut du Monde Arabe (IMA) jusqu’à sa démission en février 2026. Une enquête du Monde , publiée le 10 février 2026, ainsi que plusieurs révélations de médias internationaux, ont jeté une lumière crue sur son rôle d’intermédiaire officieux entre Paris et Rabat et sur les répercussions géopolitiques de son activisme diplomatique informel.  1. Le contexte : une crise franco‑marocaine sans précédent (2021–2023) De 2021 à 2023, les relations entre Paris et Rabat ont atteint un niveau de tension rarement observé. Les deux pays se sont retrouvés engagés dans une spirale de défiance : suspension des contacts officiels, gel partiel des coopérations, baisse drastique du nombre de visas délivrés par la France, et offensive médiatique du côté marocain.  C’est dans ce climat de paralysie diplomatiq...

Sahara occidental : la résolution 2797, l’illusion de l’autonomie et la réalité du droit

Depuis l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies , le dossier du Sahara occidental est entré dans une nouvelle phase, marquée moins par une avancée juridique que par une intensification de la bataille narrative. Le Maroc, appuyé par certains cercles diplomatiques occidentaux, s’efforce de présenter son plan d’autonomie comme une solution définitive, juridiquement acquise et politiquement irréversible. Or, derrière cette mise en scène diplomatique, subsiste une réalité incontournable : le conflit demeure juridiquement ouvert, et la souveraineté sur le Sahara occidental n’a jamais été tranchée en faveur du Maroc.   Les échos officiels et officieux des pourparlers de Madrid sont révélateurs. Contrairement à la narration marocaine, les États-Unis n’ont pas réussi à imposer le plan d’autonomie comme unique horizon politique. La partie sahraouie, soutenue par l’Algérie, est restée ferme sur un principe non négociable : la centralité du droit à l’autodéte...

Le barrage de Figuig : une violation du droit international et une guerre hydrique délibérée contre l’Algérie

Le choix du Maroc d’implanter l’un de ses plus grands barrages stratégiques à Figuig , à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne , ne relève ni du hasard ni d’une simple logique de développement interne. Il s’agit d’un acte politique hostile, lourd de conséquences, qui s’inscrit dans une stratégie assumée de contrôle unilatéral des ressources hydriques transfrontalières, au mépris du droit international et des principes élémentaires de bon voisinage. Le barrage dit de “ Khenk Kro ”, d’une capacité de stockage dépassant un milliard de mètres cubes, représente un investissement estimé à environ 120 millions de dollars américains. Présenté officiellement par Rabat comme un pilier de sa « sécurité hydrique », ce projet constitue en réalité une menace directe pour la sécurité environnementale, agricole et humaine de l’Algérie, en particulier dans la région de Béni Ounif, mais aussi à Béchar et dans l’ensemble du Sud-Ouest algérien. Sur le plan juridique, ce projet consti...

L’Algérie passe de la retenue stratégique à la diplomatie offensive : lecture géopolitique d’un discours de souveraineté

L’intervention récente du président de la République, Abdelmadjid Tebboune , devant la presse nationale ne relevait ni du rituel communicationnel ni de l’exercice comptable de mi-mandat. Elle s’est imposée comme un véritable acte fondateur, un « premier communiqué » d’une nouvelle phase de la diplomatie algérienne : une diplomatie offensive, assumée, qui ne tolère plus les zones grises ni les demi-mesures. Deux jours après ces déclarations fortes, l’avertissement présidentiel – « ne nous poussez pas au regret » – continue de résonner dans les chancelleries, mettant un terme à des années de retenue algérienne face aux manœuvres d’un micro-État ayant cru, à tort, que le silence des puissances était synonyme de faiblesse. Ce discours marque une rupture doctrinale. Il consacre la fin d’une lecture naïve des rapports de force, où l’argent serait capable d’acheter la souveraineté ou de détourner la volonté populaire. En levant le voile sur des crises délibérément programmées, tentées tantôt...