Algérie : une loi historique qui criminalise la colonisation française, une rupture majeure dans la gestion du passé colonial
En mai 2026, l’Algérie a adopté une loi d’une portée historique visant à criminaliser juridiquement la colonisation française (1830–1962) . Publié dans le Journal officiel, ce texte marque un tournant décisif dans la manière dont l’État algérien aborde son histoire coloniale : il ne s’agit plus seulement d’un récit ou d’une mémoire, mais d’un cadre légal structurant , assorti de qualifications pénales et de mécanismes d’action. Cette loi s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes autour de la mémoire coloniale et traduit une volonté claire : transformer le passé en objet de droit et de souveraineté . Une requalification juridique du fait colonial Dès ses premiers articles, la loi pose un principe fondamental : la colonisation française est reconnue non pas comme un simple épisode historique, mais comme un système ayant produit des crimes graves et systématiques . Elle est ainsi qualifiée de : violation des droits fondamentaux atteinte à la dignité humaine système de domination ...