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Le Mythe du Soutien Marocain à la Révolution Algérienne : Une Histoire de Calculs et d’Opportunisme

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Amgala 1976 : Quand l’Algérie fit face à la trahison marocaine

En novembre 1975, à la suite du retrait de l’Espagne du Sahara occidental, le territoire entre dans une nouvelle phase de son histoire. Les accords conclus entre le Maroc et la Mauritanie suscitent alors une vive contestation de la part du Front Polisario, qui revendique le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément aux principes défendus dans les enceintes internationales. Les mois qui suivent sont marqués par une profonde crise humanitaire. De nombreux civils quittent leurs lieux de résidence pour échapper aux combats, donnant naissance à d’importants mouvements de population à travers les régions désertiques. Les témoignages de l’époque évoquent des conditions de vie particulièrement difficiles, marquées par l’insécurité, le manque de ressources et les conséquences humaines du conflit. Face à cette situation, l’Algérie apporte son soutien aux populations sahraouies déplacées, dans le prolongement de sa politique traditionnelle de soutien aux mouvements de libération...

Guerre des Sables de 1963 : l’Algérie à peine libérée, déjà contrainte de défendre son intégrité territoriale

À l’été 1962, lorsque les armes de la Révolution algérienne se turent enfin, ce ne fut pas seulement une guerre qui s’acheva. Ce fut une nation que l’on croyait effacée de l’Histoire qui se releva, souveraine, digne et victorieuse. Après cent trente-deux années de colonisation, de dépossession et de résistance, le peuple algérien retrouvait sa liberté au prix d’un sacrifice immense, inscrit à jamais dans la mémoire nationale. L’Algérie indépendante ne disposait alors ni du répit nécessaire pour panser ses blessures ni du temps indispensable pour reconstruire ses institutions. Tout était à rebâtir : l’administration, l’économie, les infrastructures, l’école, l’armée et, plus encore, la confiance d’un peuple profondément meurtri. Les familles attendaient encore le retour des combattants, des prisonniers et des exilés. Les villages comptaient leurs morts. Les veuves et les orphelins portaient silencieusement les stigmates d’une guerre qui avait traversé chaque foyer. Mais à peine quinze m...

GME : ce que l’Algérie a réellement gagné depuis la fin du transit par le Maroc

Depuis l’arrêt du Gazoduc Maghreb-Europe (GME), le 31 octobre 2021, l’Algérie a profondément réorganisé son dispositif d’exportation de gaz vers l’Europe. Au-delà de la dimension politique, cette décision a également produit des effets économiques et stratégiques qu’il convient d’analyser avec des chiffres plutôt qu’avec des slogans. Pendant des années, le GME permettait l’acheminement du gaz algérien vers l’Espagne en passant par le territoire marocain. En contrepartie du transit, le Maroc bénéficiait d’une rémunération comprenant notamment une composante en gaz. Selon l’hypothèse retenue ici, cette contrepartie représentait environ 1 milliard de m³ de gaz et jusqu’à 100 millions de dollars par an. L’arrêt du GME a donc mis fin à ce mécanisme. Près de 5 milliards de m³ de gaz sur la période Entre novembre 2021 et août 2026, soit environ 4,8 années, la fin du dispositif représente, sur la base de cette hypothèse, près de :  4,8 milliards de m³ de gaz qui n’ont plus été attribués au...

Royal Air Maroc face à une double peine : fermeture de l’espace aérien algérien et explosion des coûts du kérosène

L’évolution récente du transport aérien maghrébin met en lumière deux trajectoires opposées. D’un côté, Air Algérie annonce l’ouverture simultanée de quatre nouvelles lignes internationales vers Berlin, Brazzaville, Conakry et Lagos/Abuja. De l’autre, Royal Air Maroc (RAM), pourtant longtemps considérée comme le principal hub aérien du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, est contrainte de revoir certaines de ses ambitions face à une hausse durable de ses coûts d’exploitation. Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de plusieurs facteurs structurels dont les plus importants sont la fermeture de l’espace aérien algérien aux appareils marocains depuis 2021 et l’augmentation spectaculaire des prix du kérosène observée ces dernières années. La fermeture de l'espace aérien algérien : un choc géographique majeur Depuis septembre 2021, les avions immatriculés au Maroc ne peuvent plus survoler le territoire algérien. Pour Royal Air Maroc, cette décision a profondément mod...

24 août 2021 : la rupture avec le Maroc, ou comment l’Algérie a transformé une crise diplomatique en victoire géopolitique

Le 24 août 2021 constitue sans doute l’un des tournants les plus importants de la politique étrangère algérienne depuis le début du XXIe siècle. Ce jour-là, l’Algérie annonçait officiellement la rupture de ses relations diplomatiques avec le Royaume du Maroc, mettant fin à plusieurs décennies d’une coexistence marquée par des tensions récurrentes, des crises à répétition et une méfiance devenue structurelle. À l’époque, cette décision suscita de nombreuses interrogations. Certains observateurs y voyaient le prélude à une dangereuse escalade régionale. D’autres prédisaient l’isolement diplomatique de l’Algérie ou encore l’échec d’une politique jugée trop risquée. Cinq ans plus tard, le bilan apparaît pourtant radicalement différent. Non seulement l’Algérie a évité la guerre, mais elle a également réussi à consolider sa position stratégique, à renforcer sa souveraineté décisionnelle et à démontrer sa capacité à défendre ses intérêts nationaux sans recourir à la confrontation militaire. P...