Retour en force de l’Algérie dans l’espace AES : la diplomatie de l’énergie comme levier, et le « découplage » progressif du Mali
Depuis la crise diplomatique du printemps 2025 entre l’Algérie et les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la région sahélo-saharienne s’est installée dans une logique de blocs, d’arbitrages rapides et de partenariats « utiles » plutôt que symboliques. Dans ce contexte, le retour de l’Algérie « par le concret » — sécurité frontalière, infrastructures, hydrocarbures , électricité — constitue une stratégie cohérente : réinvestir l’espace sahélien non pas par des annonces, mais par des dossiers capables de créer des interdépendances. Cette approche s’observe particulièrement dans le réchauffement rapide des relations avec Niamey , tout en laissant Bamako à l’écart. L’AES (Mali, Niger, Burkina Faso), créée en septembre 2023 puis devenue confédération (juillet 2024), est précisément un cadre où la souveraineté et la « maîtrise des leviers stratégiques » sont centrales. Pour Alger, renouer avec deux capitales sur trois revient à peser sur l’équation régionale tout en réduisant l’ef...