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Badr Laidoudi : anatomie d’une infiltration narrative et faillite du discernement collectif

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Badr Laidoudi : l’« opposant » marocain qui vit de la crédulité algérienne

Depuis plusieurs jours, une nouvelle rumeur circule sur les réseaux sociaux, relayée avec enthousiasme par le blogueur marocain Badr Laidoudi. Celui-ci prétend que l’Algérie serait engagée dans des « négociations secrètes » avec les États-Unis autour de la question du Sahara occidental. Une affirmation infondée, directement inspirée d’Africa Intelligence, un site notoirement lié à la DGED, les services de renseignement extérieurs marocains. Un faux opposant, une vraie stratégie Badr Laidoudi s’est construit une image d’« opposant marocain », critique du régime de Rabat, ce qui lui a permis d’obtenir rapidement une écoute dans l’espace numérique algérien. Mais cette image est trompeuse. Dans la réalité, 95 % de son contenu est consacré à l’Algérie : il flatte, il encense, il se montre « bienveillant » pour gagner la confiance. Cependant, derrière ce vernis, il glisse régulièrement des messages subliminaux, des insinuations et surtout des fake news à petite dose. Il s’agit là d’une tacti...

Désinformation médiatique et crispations idéologiques : quand certains médias français instrumentalisent l’Algérie à l’approche d’une visite pontificale

À l’approche de la visite annoncée du pape Léon XIV à Alger, une campagne médiatique troublante se déploie dans certains segments du paysage médiatique français. En tête de cette dynamique, Paris Match et plusieurs médias classés à l’extrême droite relayent des informations erronées, voire délibérément biaisées, concernant la situation des églises en Algérie. Contrairement aux affirmations sensationnalistes qui circulent, les églises en Algérie ne sont ni fermées ni interdites. Cette réalité est attestée par des sources ecclésiastiques elles-mêmes, à commencer par Jean-Paul Vesco, qui peut témoigner que les lieux de culte chrétiens sont non seulement ouverts, mais également protégés et entretenus par les autorités algériennes. Une désinformation aux motivations transparentes La question n’est pas tant l’erreur journalistique que l’intention qui semble la sous-tendre. Pourquoi, à la veille d’un événement symbolique majeur — la visite d’un souverain pontife en terre d’islam — certains mé...

Le Mali, la RASD et les recompositions du Sahel : une inflexion diplomatique aux implications géopolitiques structurelles

La décision du Mali de retirer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique s’inscrit dans une recomposition plus large des équilibres géopolitiques sahéliens et nord-africains. Loin d’un simple geste diplomatique, elle révèle une redéfinition des alignements stratégiques, une tension croissante avec les principes structurants du droit international, ainsi qu’une série de contradictions internes susceptibles d’affecter la cohérence de la politique étrangère malienne. 1. Une rupture avec la matrice normative africaine Depuis les indépendances, l’architecture politique africaine, portée d’abord par l’Organisation de l’unité africaine puis par l’Union africaine, repose sur deux piliers fondamentaux : l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La RASD, en tant qu’entité reconnue par l’UA, s’inscrit dans cette matrice historique. Toute remise en cause de sa reconnaissance ne constitue donc pas un simple ajust...

L’obsession marocaine met le feu aux réseaux : un rappel historique américain révèle la mauvaise foi

Il aura suffi d’une publication  officiel sur X — sobre, documenté, diplomatique — pour révéler une réalité gênante : dès qu’il s’agit de l’Algérie, certains marocains préfèrent nier l’histoire plutôt que de la lire . Il y a quelques jours, l’ambassade des États‑Unis à Alger a rappelé, preuves à l’appui, un fait historique élémentaire : le Traité de paix et d’amitié de 1795 , signé à Alger, constitue l’un des chapitres les plus anciens de la relation algéro‑américaine. Ce traité existe, il est accessible, et il est archivé.  Et pourtant, au lieu d’un débat serein, on a vu surgir une vague de commentaires cherchant à décréter “impossible” ce que les archives attestent. Une partie des réactions les plus virulentes, largement issues d’une polémique marocaine sur les réseaux, s’est concentrée sur un slogan répétitif : « l’Algérie n’existait pas en 1795 » . Autrement dit : si le fait dérange, on nie le fait. Si le document contredit le récit, on accuse le document. C’est la logiq...

L'obsession d'Éric Zemmour pour l’histoire de l’Algérie : une tentative de réécriture historique

Éric Zemmour, figure controversée du paysage médiatique et politique français, s’est distingué par une fascination persistante pour l’histoire de l’Algérie. À travers ses déclarations, il s’emploie à nier l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation française, adoptant un discours idéologique qui fait fi des réalités historiques les plus avérées. D’où vient une telle insistance ? Quels intérêts se dissimulent derrière cette négation d’une évidence historique ? Issu d’une famille juive algérienne , Éric Zemmour est né en France en 1958. Ses ancêtres, naguère établis dans la région de Constantine, faisaient partie des Juifs d’Algérie, naturalisés français par le décret Crémieux en 1870 , sous l’occupation coloniale. Pourtant, malgré ces origines, Zemmour rejette toute appartenance à l’Algérie et revendique une identité exclusivement française. Farouche opposant à la double nationalité et à toute conception d’une identité plurielle, il érige l’assimilation en dogme et prône...

Pourquoi l’Algérie officielle n’évoque pas les territoires algériens spoliées en 1845 par la France au profit du Maroc ?

Depuis l’unification de la Numidie en 202 avant J.-C., les frontières occidentales de notre territoire s’étendaient jusqu’à l’oued Melouya, constituant la limite extrême de l’Algérie antique puis médiévale. Cette réalité historique est solidement établie par des travaux de référence, notamment Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale de Ibn Khaldoun (tome III, p. 180 ; tome I, p. 194 et suivantes) , qui en attestent de manière incontestable. 1830 : L’arrivée des Français et la stratégie de morcellement L’invasion française de 1830 ne se limita pas à une entreprise de colonisation ; elle s’inscrivit dans une stratégie délibérée de fragmentation et d’affaiblissement de l’Algérie par le démembrement de son territoire. Face à la résistance exceptionnelle de l’Émir Abdelkader, qui mena de 1832 à 1847 une lutte implacable contre l’occupant, la France chercha un relais régional capable de neutraliser cette dynamique. Ce soutien, Paris le trouva auprès ...