Le Mali, la RASD et les recompositions du Sahel : une inflexion diplomatique aux implications géopolitiques structurelles
La décision du Mali de retirer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique s’inscrit dans une recomposition plus large des équilibres géopolitiques sahéliens et nord-africains. Loin d’un simple geste diplomatique, elle révèle une redéfinition des alignements stratégiques, une tension croissante avec les principes structurants du droit international, ainsi qu’une série de contradictions internes susceptibles d’affecter la cohérence de la politique étrangère malienne. 1. Une rupture avec la matrice normative africaine Depuis les indépendances, l’architecture politique africaine, portée d’abord par l’Organisation de l’unité africaine puis par l’Union africaine, repose sur deux piliers fondamentaux : l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La RASD, en tant qu’entité reconnue par l’UA, s’inscrit dans cette matrice historique. Toute remise en cause de sa reconnaissance ne constitue donc pas un simple ajust...