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Dattes algériennes, pesticides marocains : quand la peur sert d’écran de fumée

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Boualem Sansal Vs Maâti Monjib — deux poids, deux mesures : la morale comme décor

L’affaire Boualem Sansal n’a jamais été, contrairement à la narration médiatique déployée en France, une grande bataille pour la liberté d’expression. Elle s’est inscrite dans une logique parfaitement assumée de rapport de force avec l’Algérie. L’enjeu n’était ni littéraire, ni moral. La véritable cible n’était pas l’écrivain , mais bien l’État algérien . Sansal n’a été qu’un levier dans une stratégie de pression plus large. 1. Une indignation calibrée : quand les principes deviennent variables L’arrestation de Boualem Sansal à Alger en novembre 2024 déclenche une réaction immédiate : – envolées présidentielles, – communiqués européens, – éditoriaux indignés, – mobilisation médiatique massive. Comme si soudain, Paris redécouvrait l’universalisme des libertés publiques. Pourtant, la synchronie interroge. Au même moment, au Maroc , l’historien Maâti Monjib fait face à : – une interdiction de sortie du territoire, – un harcèlement judiciaire persistant, – le gel de ses comptes bancaires...

L’Algérie ne plie pas : elle fixe ses lignes rouges et avance

À lire certains commentaires publiés notamment par Le360 , on croirait assister à l’effondrement diplomatique de l’Algérie. « Humiliations », « reculades », « nif cassé » : le vocabulaire est dramatique, le verdict expéditif, la jubilation à peine voilée. Mais la diplomatie n’est pas un concours d’effets de manche. Et l’Algérie n’est pas un figurant dans la géopolitique régionale. Ce que certains décrivent comme une série de défaites relève en réalité d’une stratégie claire : marquer les lignes rouges, ajuster les relations, préserver les intérêts nationaux. La souveraineté d’abord : marquer le coup n’est pas rompre Lorsqu’un partenaire adopte une position jugée hostile aux intérêts algériens — notamment sur la question du Sahara occidental — Alger proteste. Elle rappelle son ambassadeur. Elle suspend des accords. Elle gèle certains mécanismes de coopération. Pourquoi ? Parce qu’en diplomatie, le silence vaut consentement. Marquer le coup, c’est refuser la banalisation. Tracer une lig...

De l’ère du MiG-25 à la consolidation d’une puissance régionale : la trajectoire stratégique de l’Algérie

Depuis la fin des années 1970, l’Algérie a engagé une transformation méthodique de son outil militaire qui a profondément structuré l’équilibre stratégique au Maghreb. L’entrée en service des Mikoyan-Gourevitch MiG-25 au sein de l’Armée nationale populaire (ANP) a constitué un tournant décisif. À l’époque, cet intercepteur supersonique capable d’évoluer à très haute altitude et à des vitesses proches de Mach 3 introduisait une rupture technologique majeure dans la région. Ce choix n’était ni symbolique ni circonstanciel. Il traduisait une vision stratégique : assurer une supériorité qualitative durable, fondée sur la dissuasion et l’autonomie. Une modernisation continue : de la dissuasion classique à la génération avancée L’acquisition des MiG-25 n’a été que le point de départ d’une dynamique cumulative. L’Algérie a progressivement consolidé toutes les dimensions de sa puissance militaire. L’introduction des Sukhoi Su-30MKA a permis de franchir une étape majeure dans la polyvalence ...

Sahara occidental : l’illusion de la victoire et la réalité des rapports de force

Depuis quelques mois, une campagne méthodique tente d’imposer une idée simple : le dossier du Sahara occidental serait clos, scellé, irréversible. Le Maroc ne négocierait rien ; il formaliserait seulement une souveraineté déjà acquise. Washington, dit-on, aurait pour mission d’amener le Front Polisario à apposer sa signature au bas d’un accord dont les termes seraient déjà écrits. Cette mise en scène vise à produire un effet psychologique : créer l’impression que l’histoire est terminée. Or, en diplomatie, proclamer la fin d’un conflit ne le résout pas. La rhétorique peut précéder la réalité ; elle ne la remplace jamais. La résolution 2797 : un instrument diplomatique, pas un chèque en blanc La résolution 2797 est brandie comme la consécration définitive de l’ autonomie sous souveraineté marocaine . Mais une lecture stratégique révèle autre chose. Le Conseil de sécurité : qualifie l’initiative marocaine de « sérieuse et crédible » ; appelle à une solution politique ; insiste sur son...

Sahara occidental : analyse juridique critique de la position marocaine au regard du droit à l’autodétermination

Le différend relatif au Sahara occidental demeure l’un des contentieux de décolonisation les plus complexes du système international contemporain. Il met en tension deux principes cardinaux du droit international : l’intégrité territoriale des États et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’analyse juridique de la position marocaine suppose d’examiner quatre piliers normatifs : l’Avis consultatif de 1975 de la Cour internationale de Justice ; le statut du territoire au sein de l’Organisation des Nations unies ; la portée de la Résolution 1541 (XV) ; la nature juridique du droit à l’autodétermination. L’objectif de cette étude est d’identifier les fragilités juridiques de la position marocaine et d’expliquer pourquoi, dans une lecture orthodoxe du droit international, un référendum d’autodétermination apparaît difficilement contournable. I. L’Avis consultatif de 1975 : reconnaissance de liens sans reconnaissance de souveraineté Le 16 octobre 1975, la CIJ fut saisie pour détermin...

Le Su‑34 : l’évolution d’un chasseur‑bombardier russe vers les capacités intercontinentales

Le Su‑34, fleuron de l’aviation de frappe russe, s’impose aujourd’hui comme le chasseur tactique opérationnel ayant la plus longue autonomie au monde , un statut confirmé par plusieurs analyses spécialisées parues en février 2026. Sa capacité à voler sur des distances comparables à celles de certains bombardiers stratégiques lui confère une flexibilité opérationnelle rare, allant de la permanence aérienne prolongée aux missions de pénétration profonde.  Une architecture héritée du Su‑27, optimisée pour l’endurance Conçu à partir du Su‑27 — déjà le chasseur ayant la plus grande autonomie du bloc soviétique — le Su‑34 bénéficie d’un héritage structurel favorable. Plus lourd d’environ 50 %, intégrant davantage de matériaux composites et des moteurs AL‑31FM2 plus efficaces, l’appareil a vu son rayon d’action croître de manière significative. Là où le Su‑27 atteignait 4 000 km de ferry range avec carburant interne, le Su‑34 atteindrait 4 800 à 5 000 km , frôlant déjà la catégorie « inte...