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Arrêt prolongé du GME inversé : une tension révélatrice de la fragilité énergétique marocaine

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Liamine Zéroual : le président des heures sombres, l’homme de l’honneur et du sacrifice

L’Algérie vient de perdre l’un de ses fils les plus dignes. Ce samedi 28 mars 2026, le général Liamine Zéroual , moudjahid , ancien président de la République et serviteur loyal de la Nation, s’est éteint à l’âge de 84 ans. Trois jours de deuil national ont été décrétés. Le drapeau est en berne. Mais au-delà des symboles officiels, c’est le cœur de millions d’Algériens qui est aujourd’hui lourd, silencieux, habité par le souvenir d’années de feu, de sang et de peur. Liamine Zéroual n’était pas un président comme les autres. Il était l’homme des moments impossibles, celui qui a accepté de tenir la barre quand le navire algérien menaçait de sombrer. Un moudjahid avant d’être un président Né le 3 juillet 1941 à Batna , au cœur des Aurès indomptables, Liamine Zéroual rejoint très jeune — à seulement 16 ans — les rangs de l’ Armée de libération nationale . Ce choix fondateur n’était ni opportuniste ni symbolique : il était existentiel. Comme toute sa génération, il a fait le serment du sac...

GME : quand l’Algérie a fermé le « robinet symbolique »… et forcé Rabat à découvrir le vrai prix de l’hostilité

Le gazoduc Maghreb‑Europe (GME) n’a jamais été un simple ouvrage technique. Pendant un quart de siècle, il a servi de pont énergétique entre l’Algérie, le Maroc et la péninsule ibérique, démontrant qu’un pipeline peut fonctionner même quand la politique se dégrade. Mis en service le 1er novembre 1996 , le GME a été pensé dès 1990, construit entre 1993 et 1996, et a continué d’opérer malgré la fermeture des frontières terrestres algéro‑marocaines en 1994. Mais ce qui s’est joué en 2021 est un basculement d’époque : l’Algérie a cessé de traiter le gaz comme un “outil de coopération” et l’a replacé là où il a toujours été, au fond : dans la logique du coût, de la souveraineté et de la dissuasion. Aux origines : un projet européen… avec un Maroc en position de rente À l’origine, le GME répondait à un objectif clair : acheminer le gaz algérien vers l’Espagne et le Portugal, en transitant par le Maroc et le détroit de Gibraltar . Le pipeline, long d’environ 1 300 km, a été présenté comme u...

Tebboune–Boulos : un appel protocolaire… aux implications stratégiques

Le président Abdelmadjid Tebboune a reçu, à l’occasion de l’Aïd El‑Fitr, un appel de Massad Boulos, haut conseiller du président américain. L’échange a porté, selon la communication officielle, sur l’état des relations bilatérales et sur « les développements de la situation internationale ». Si la forme est celle du rituel diplomatique, le moment, lui, ne relève nullement du hasard : il s’inscrit dans une phase de recomposition accélérée des rapports de force régionaux, alors que Washington procède à une réévaluation stratégique de ses options au Moyen‑Orient. L’appel, confirmé par les canaux officiels algériens et largement relayé par les médias nationaux, dépasse ainsi le cadre protocolaire pour prendre valeur de signal politique. La qualité de l’interlocuteur confère à cet échange une portée particulière. Massad Boulos, présenté depuis fin 2024 comme Senior Advisor pour les affaires arabes et moyen‑orientales – et, depuis 2025, pour l’Afrique – s’est progressivement imposé comme un ...

Le discours de Chanegriha : lecture stratégique d’un monde en bascule

La cérémonie de présentation des vœux de l’Aïd El-Fitr présidée par le général de corps d’armée Saïd Chanegriha , chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), aurait pu se limiter à un rituel institutionnel. Il n’en a rien été. À travers une allocution dense et lourdement chargée de sens, le haut responsable militaire algérien a livré une véritable lecture stratégique du moment géopolitique mondial , révélatrice des préoccupations sécuritaires de l’Algérie et, plus largement, des pays du Sud. Au-delà du cadre symbolique – fête religieuse, célébration du 64e anniversaire de la Victoire – le message adressé aux cadres de l’armée algérienne s’inscrit clairement dans une dynamique d’alerte et de mobilisation intellectuelle face aux mutations profondes de l’ordre international. Le retour de la guerre comme instrument politique Lorsque le général Chanegriha évoque « le retour du choix de la guerre et des interventions militaires », il met le doigt sur une réalité désormais diffic...

CAF : l’affaire Mosengo‑Omba, une enquête suisse aux lourdes conséquences pour le football africain

L’affaire impliquant Véron Mosengo‑Omba, secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), marque un nouveau tournant dans la crise de gouvernance que traverse l’instance panafricaine. Révélée par une publication officielle du Tribunal pénal fédéral (Federal Criminal Court – FCC) de Suisse, l’enquête porte sur de graves soupçons de gestion déloyale, fraude et falsification de documents , dans un dossier que les autorités suisses estiment susceptible de « porter gravement atteinte à la réputation de la Suisse ».  Une enquête déclenchée par des alertes anti‑blanchiment L’enquête a été ouverte en février par le ministère public du canton de Fribourg, à la suite de plusieurs rapports de transactions suspectes transmis au Money Laundering Reporting Office Switzerland (MROS), l’organisme fédéral chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent .  Selon ces rapports, Véron Mosengo‑Omba aurait perçu, à plusieurs reprises, des bonus jusqu’à cinq fois supérieurs au...

CAN 2025 – Décision du Jury d’Appel de la CAF et précédent de l'affaire Berkane – USMA

La décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football, consistant à déposséder le Sénégal d’une victoire acquise sur le terrain pour attribuer la Coupe d’Afrique des nations au Maroc sur tapis vert , apparaît — à l’examen — fragilisée par une illégalité manifeste , dépourvue de base juridique convaincante et, dès lors, promise à une annulation nette par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Il ne s’agit pas d’un simple désaccord d’interprétation ni d’une appréciation discutable : le raisonnement retenu procède d’une faute de qualification juridique et heurte frontalement les principes cardinaux du droit du sport — légalité, proportionnalité, sécurité juridique et stabilité des compétitions . En persistant dans une telle logique, la CAF prend le risque d’ouvrir une brèche institutionnelle dont les effets pourraient être durables, non seulement sur l’issue d’une compétition, mais sur la crédibilité même de l’ordre sportif continental. 1) Une justification réglementaire...