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Tebboune–Boulos : un appel protocolaire… aux implications stratégiques

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Le discours de Chanegriha : lecture stratégique d’un monde en bascule

La cérémonie de présentation des vœux de l’Aïd El-Fitr présidée par le général de corps d’armée Saïd Chanegriha , chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), aurait pu se limiter à un rituel institutionnel. Il n’en a rien été. À travers une allocution dense et lourdement chargée de sens, le haut responsable militaire algérien a livré une véritable lecture stratégique du moment géopolitique mondial , révélatrice des préoccupations sécuritaires de l’Algérie et, plus largement, des pays du Sud. Au-delà du cadre symbolique – fête religieuse, célébration du 64e anniversaire de la Victoire – le message adressé aux cadres de l’armée algérienne s’inscrit clairement dans une dynamique d’alerte et de mobilisation intellectuelle face aux mutations profondes de l’ordre international. Le retour de la guerre comme instrument politique Lorsque le général Chanegriha évoque « le retour du choix de la guerre et des interventions militaires », il met le doigt sur une réalité désormais diffic...

CAF : l’affaire Mosengo‑Omba, une enquête suisse aux lourdes conséquences pour le football africain

L’affaire impliquant Véron Mosengo‑Omba, secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), marque un nouveau tournant dans la crise de gouvernance que traverse l’instance panafricaine. Révélée par une publication officielle du Tribunal pénal fédéral (Federal Criminal Court – FCC) de Suisse, l’enquête porte sur de graves soupçons de gestion déloyale, fraude et falsification de documents , dans un dossier que les autorités suisses estiment susceptible de « porter gravement atteinte à la réputation de la Suisse ».  Une enquête déclenchée par des alertes anti‑blanchiment L’enquête a été ouverte en février par le ministère public du canton de Fribourg, à la suite de plusieurs rapports de transactions suspectes transmis au Money Laundering Reporting Office Switzerland (MROS), l’organisme fédéral chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent .  Selon ces rapports, Véron Mosengo‑Omba aurait perçu, à plusieurs reprises, des bonus jusqu’à cinq fois supérieurs au...

CAN 2025 – Décision du Jury d’Appel de la CAF et précédent de l'affaire Berkane – USMA

La décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football, consistant à déposséder le Sénégal d’une victoire acquise sur le terrain pour attribuer la Coupe d’Afrique des nations au Maroc sur tapis vert , apparaît — à l’examen — fragilisée par une illégalité manifeste , dépourvue de base juridique convaincante et, dès lors, promise à une annulation nette par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Il ne s’agit pas d’un simple désaccord d’interprétation ni d’une appréciation discutable : le raisonnement retenu procède d’une faute de qualification juridique et heurte frontalement les principes cardinaux du droit du sport — légalité, proportionnalité, sécurité juridique et stabilité des compétitions . En persistant dans une telle logique, la CAF prend le risque d’ouvrir une brèche institutionnelle dont les effets pourraient être durables, non seulement sur l’issue d’une compétition, mais sur la crédibilité même de l’ordre sportif continental. 1) Une justification réglementaire...

Panique aux stations-service au Maroc : quand la flambée des carburants révèle la fragilité de l’État énergétique

Au cours des derniers jours, les longues files de voitures devant les stations-service marocaines ont cessé d’être un simple décor de circonstance saisi par les caméras de téléphones. Elles sont devenues un signal d’alarme , révélateur d’une inquiétude collective qui dépasse largement le prix du litre pour poser une question plus fondamentale : le pays dispose-t-il réellement des outils de résilience lorsque surviennent les tempêtes géopolitiques ? Le franchissement de seuils psychologiques par les carburants – entre 13 et 14 dirhams le litre, avec des projections atteignant 15 dirhams – a réveillé chez les citoyens un réflexe de prudence : se ravitailler, stocker ce qui peut l’être, comme pour devancer une épreuve annoncée. En pareilles circonstances, la pompe n’est plus perçue comme un simple point de vente, mais comme un baromètre de la confiance : confiance du consommateur dans sa capacité d’endurance, confiance de l’économie dans ses filets de protection, confiance de la société ...

Guerre contre l’Iran : troisième semaine d’un conflit sans “théorie de la victoire” claire

Entrée dans sa troisième semaine, la guerre américano-israélienne contre l’Iran se déroule sur fond de controverse interne aux États‑Unis et de doute international quant à ses objectifs réels et à son “endgame”. Le problème n’est pas seulement militaire : il est politique et stratégique . Dans les capitales occidentales comme au Congrès américain, une même interrogation revient : qu’est‑ce qui constitue exactement la victoire, et à quel coût ? La multiplication de déclarations contradictoires au sommet de l’exécutif, combinée à l’ampleur des frappes et à l’instabilité régionale, alimente l’idée d’une campagne conduite davantage “au rythme de l’événement” que selon une stratégie cohérente.  Trump et l’ambiguïté stratégique… poussée à l’extrême Les dernières sorties de Donald Trump cristallisent cette impression. D’un côté, le président affirme avoir porté des coups décisifs, parlant d’un Iran quasiment privé de ses moyens militaires ; de l’autre, il refuse d’annoncer un horizon d...

La guerre contre l’Iran : les vrais objectifs que l’on ne dit pas

Dans toute guerre moderne, le récit précède les bombes. Avant que les premiers missiles ne soient tirés, des mois — parfois des années — de construction narrative ont préparé l’opinion publique mondiale à accepter l’inacceptable. La guerre contre l’Iran ne fait pas exception à cette règle. Mais quelque chose, dans ce conflit, résiste à la logique habituelle de la communication de guerre : ni Washington ni Tel-Aviv n’ont jamais formulé clairement, de manière stable et cohérente, leurs objectifs stratégiques et tactiques. Cette absence de clarté, loin d’être un accident ou une maladresse communicationnelle, constitue en elle-même un indice analytique de première importance. Car dans les conflits où les objectifs sont légitimes et assumés, ils sont proclamés haut et fort. On se souvient de la précision avec laquelle la coalition de 1991 avait défini son mandat limité : chasser l’armée irakienne du Koweït, pas davantage. On se souvient aussi de la clarté — certes fondée sur des mensonges —...