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24 août 2021 : la rupture avec le Maroc, ou comment l’Algérie a transformé une crise diplomatique en victoire géopolitique

Articles récents

Maroc - Espagne : une dépendance énergétique devenue un levier géopolitique majeur

Depuis plusieurs années, le Maroc s’efforce de projeter l’image d’une puissance régionale montante, capable d'attirer les investissements, de développer des infrastructures modernes et de jouer un rôle central en Afrique et en Méditerranée. Pourtant, derrière cette communication ambitieuse se cache une réalité moins connue : la forte dépendance énergétique du Royaume vis-à-vis de l’Espagne. Les révélations de plusieurs médias espagnols publiées en août 2026 mettent en lumière une situation stratégique délicate pour Rabat : une partie significative de son électricité est importée depuis l’Espagne, tandis que la totalité du gaz naturel acheté sur les marchés internationaux transite par des infrastructures espagnoles avant d’atteindre le territoire marocain.  Cette réalité soulève une question fondamentale : comment un pays qui aspire à devenir une puissance régionale peut-il accepter une telle vulnérabilité énergétique ? Une dépendance électrique structurelle Le Maroc et l’Espagne so...

Espagne–Maroc : le spectre de l’erreur de calcul et les limites de la stratégie de pression

La tribune publiée le 18 août 2026 dans El Español par l’analyste militaire et géopolitique espagnol Yago Rodriguez a le mérite de replacer au centre du débat une question rarement abordée sans passion ni postures idéologiques : celle du risque d’escalade involontaire entre l’Espagne et le Maroc. Loin de prédire une guerre imminente, Rodriguez attire l’attention sur un phénomène bien connu des stratèges : les conflits ne naissent pas toujours d’une volonté délibérée de faire la guerre, mais souvent d’une erreur d’appréciation, d’une mauvaise lecture des intentions adverses ou d’une succession d’incidents mal maîtrisés. Le danger n’est pas la guerre, mais la croyance que l’autre ne réagira pas L’argument central développé par l’analyste espagnol repose sur la notion d’« erreur de calcul stratégique ». Dans l’histoire contemporaine, de nombreuses crises ont dégénéré parce qu’un acteur estimait que son adversaire n’oserait pas répondre. Selon Rodriguez, le risque principal réside dans l’...

L'Algérie d'aujourd'hui n'est que la Numidie d'hier : une continuité historique et culturelle

L'idée que l'Algérie contemporaine n'est que la continuité de la Numidie antique repose sur une analyse des racines historiques, culturelles et territoriales partagées. Cet article soutient que, malgré les transformations politiques, sociales et religieuses, l'Algérie moderne conserve des éléments fondamentaux hérités de la Numidie. À travers une exploration des dynamiques historiques, géographiques et identitaires, nous démontrerons comment la Numidie antique demeure une matrice essentielle pour comprendre l'Algérie actuelle. La Numidie, royaume antique des Berbères, occupe une place fondamentale dans l'histoire du Maghreb. Située principalement sur le territoire correspondant à l'Algérie actuelle, elle s'est distinguée par son rôle stratégique entre le monde méditerranéen et l'intérieur africain. Fondée par des figures comme Massinissa, elle a incarné un pouvoir politique et culturel indigène en dialogue avec les grandes puissances de son époque, n...

Manar Slimi, une imposture marocaine

Depuis plusieurs années, Manar Slimi s’illustre par des prises de position particulièrement critiques à l’égard de tout ce qui touche à l’Algérie : son peuple, sa culture, son héritage historique, son patrimoine et son identité. Présenté par ses partisans comme l’un des porte-voix de la pensée dite « ayachite » (*), il est perçu par ses détracteurs comme le relais d’une stratégie de communication visant à ternir l’image de l’Algérie.  Selon ses critiques, aucun registre ne semble écarté dans cette entreprise de dénigrement : interprétations contestées, approximations, polémiques récurrentes, attaques personnelles ou encore recours à des représentations jugées trompeuses. L’objectif poursuivi serait de présenter l’Algérie sous les traits d’un pays en retard sur les dynamiques contemporaines, éloigné de la modernité, de l’innovation et des standards internationaux en matière de libertés publiques et de participation citoyenne.  Cette rhétorique s’inscrit dans un discours plus la...

Ceuta et Melilla : pourquoi ces deux villes sont historiquement et juridiquement espagnoles

Ceuta et Melilla occupent une place singulière dans la géopolitique méditerranéenne. Situées sur la côte nord-africaine, bordées par le Maroc, elles sont souvent présentées par Rabat comme des « territoires occupés ». Pourtant, du point de vue historique, juridique et institutionnel, leur appartenance à l’Espagne repose sur une continuité beaucoup plus ancienne que la colonisation européenne moderne du XIXe et du XXe siècle. Ceuta et Melilla ne sont pas des protectorats hérités de la période coloniale contemporaine : elles étaient déjà sous souveraineté ibérique plusieurs siècles avant la création du protectorat espagnol au Maroc en 1912 et bien avant l’indépendance du Maroc moderne en 1956.  L’erreur fréquente consiste à juger Ceuta et Melilla uniquement à partir de leur géographie. Or, en droit international comme dans l’histoire des États, la proximité géographique ne suffit pas à établir une souveraineté. Gibraltar est situé au sud de l’Espagne mais demeure britannique ; Kalini...

Le Su‑57 n'a pas créé la puissance aérienne algérienne : il vient couronner quarante ans d'avance stratégique

D epuis plusieurs semaines, une partie de la presse marocaine tente de présenter l'arrivée du Su‑57 en Algérie comme une rupture soudaine de l'équilibre militaire maghrébin. Le message sous-jacent est simple : jusque-là, les forces aériennes algériennes et marocaines auraient été à peu près comparables, et l'acquisition du chasseur russe de cinquième génération aurait brusquement changé la donne. Cette interprétation relève davantage de la communication politique que de l'analyse militaire. La réalité est que la supériorité aérienne algérienne ne date ni de 2026 ni du Su‑57. Elle s'inscrit dans une trajectoire historique qui remonte à plusieurs décennies. Une avance qui remonte aux années 1980 Alors que de nombreux observateurs focalisent leur attention sur le Su‑57, ils oublient un fait essentiel : l'Algérie a toujours cherché à maintenir une avance qualitative dans le domaine aérien. Dès les années 1980, l'introduction du MiG‑25 constituait déjà un saut te...