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Bernard Lugan et l’Algérie : quand la polémique prétend tenir lieu d’histoire

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Carte tronquée de l’Algérie sur une chaîne tunisienne : incident isolé ou symptôme d’un malaise plus profond ?

L’affaire de la diffusion d’une carte tronquée de l’Algérie par une chaîne de télévision publique tunisienne ne saurait être réduite à une simple erreur technique. Lorsqu’il s’agit de la représentation territoriale d’un État, surtout dans une région où les questions de souveraineté et d’intégrité nationale occupent une place centrale, chaque détail revêt une portée politique et symbolique majeure. Une “erreur” aux implications politiques Dans le domaine médiatique, la cartographie n’est jamais neutre. Elle traduit une vision, une rigueur éditoriale et, parfois, des lignes de fracture géopolitiques. Diffuser une carte amputée d’une partie du territoire algérien ne peut donc être perçu comme une simple approximation graphique. Une telle représentation touche directement à un principe fondamental du droit international : l’intégrité territoriale des États. Dans ce contexte, l’incident soulève des interrogations légitimes : S’agit-il d’une négligence grave dans la chaîne de production édit...

FIFA : la neutralité à géométrie variable de Gianni Infantino

À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, la FIFA aurait pu se contenter de parler de football. Elle aurait pu mettre en avant le jeu, les sélections, les supporters, l’universalité d’un événement planétaire censé rassembler les peuples au-delà des fractures politiques. Mais l’institution dirigée par Gianni Infantino a choisi, une fois encore, de rappeler que sa prétendue neutralité n’est pas une ligne de conduite : c’est un instrument à usage variable. La décision d’accorder une accréditation symbolique au journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie, a été saluée par Reporters sans frontières comme un « geste fort » de soutien. Selon plusieurs médias, la FIFA lui a délivré une accréditation pour couvrir l’ensemble du Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet, alors même qu’il demeure incarcéré en Algérie après une condamnation pour « apologie du terrorisme » liée, selon les sources disponibles, à des conta...

Gara Djebilat : Déconstruction d’un article de propagande marocaine publié par Assahifa

L’article publié par le journal marocain Assahifa sous la plume d’Ismaïl Bouyaâqoubi s’appuie essentiellement sur une vidéo d’un vlogger qatari à moto traversant le sud-ouest algérien pour conclure que le projet minier de Ghar Djebilat est un « mirage économique ». Cette méthodologie — utiliser des images touristiques d’un désert éloigné comme preuve de l’échec d’un projet industriel — constitue en elle-même un aveu de la faiblesse du raisonnement. Assahifa est un titre marocain dont l’orientation éditoriale hostile à l’Algérie est documentée, ce qui ne disqualifie pas automatiquement ses critiques, mais impose une vérification rigoureuse de chaque affirmation. I. Les faits que l’article passe sous silence Sur les réserves : L’article insinue que le projet n’existe que sur le papier. Or, le gisement de Ghar Djebilat s’étend sur 131 km², avec des réserves exploitables estimées à 3,5 milliards de tonnes de minerai à une teneur de 58,57 % en fer. Ce chiffre, vérifié indépendamment, place...

Relation franco-algérienne : Macron reprend la main… contraint et forcé

La scène est inhabituelle, presque révélatrice d’un malaise profond. Une réunion entre ministres de l’Intérieur, par nature technique et administrative, présidée directement par le chef de l’État français. Ce simple fait en dit long : sur l’état dégradé de la relation franco-algérienne, mais surtout sur la nécessité pour Emmanuel Macron de reprendre en urgence un dossier qui lui a, en grande partie, échappé. Car derrière ce geste, certains y verront une volonté politique. D’autres, plus lucides, y liront un aveu de faiblesse. Une présidence qui trahit une perte de contrôle Dans l’architecture classique de l’État, les dossiers relevant de la coopération sécuritaire ou migratoire sont traités par les ministres compétents. Lorsque le président descend lui-même dans l’arène sur ce type de sujets, ce n’est jamais anodin. C’est généralement le signe que les circuits habituels ont échoué. En choisissant de présider cette réunion, Emmanuel Macron reconnaît implicitement que la gestion du dossi...

France–Algérie : La Bombe qui ne désarme pas

Le refus de Paris d'élargir les indemnisations des victimes des essais nucléaires au Sahara révèle la persistance d'une asymétrie coloniale au cœur d'une relation déjà sous haute tension. Un rapport officiel du Sénat français, daté du 20 mai 2026, vient de révéler publiquement ce que beaucoup pressentaient : Paris maintient des critères d'indemnisation étroits et discriminatoires pour les victimes algériennes des essais nucléaires menés au Sahara entre 1960 et 1966, tandis qu'il étend généreusement la même protection aux ressortissants de Polynésie française. Ce double standard n'est pas un accident administratif. Il est le symptôme d'une pathologie politique profonde dans les relations franco-algériennes — un nœud gordien que ni la rhétorique mémorielle de Macron, ni les crises diplomatiques cycliques, n'ont encore réussi à trancher. I. Les faits : ce que dit le rapport du Sénat La commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées d...

Algérie : une loi historique qui criminalise la colonisation française, une rupture majeure dans la gestion du passé colonial

En mai 2026, l’Algérie a adopté une loi d’une portée historique visant à criminaliser juridiquement la colonisation française (1830–1962) . Publié dans le Journal officiel, ce texte marque un tournant décisif dans la manière dont l’État algérien aborde son histoire coloniale : il ne s’agit plus seulement d’un récit ou d’une mémoire, mais d’un cadre légal structurant , assorti de qualifications pénales et de mécanismes d’action. Cette loi s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes autour de la mémoire coloniale et traduit une volonté claire : transformer le passé en objet de droit et de souveraineté . Une requalification juridique du fait colonial Dès ses premiers articles, la loi pose un principe fondamental : la colonisation française est reconnue non pas comme un simple épisode historique, mais comme un système ayant produit des crimes graves et systématiques . Elle est ainsi qualifiée de : violation des droits fondamentaux atteinte à la dignité humaine système de domination ...