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Désinformation médiatique et crispations idéologiques : quand certains médias français instrumentalisent l’Algérie à l’approche d’une visite pontificale

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Le Mali, la RASD et les recompositions du Sahel : une inflexion diplomatique aux implications géopolitiques structurelles

La décision du Mali de retirer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique s’inscrit dans une recomposition plus large des équilibres géopolitiques sahéliens et nord-africains. Loin d’un simple geste diplomatique, elle révèle une redéfinition des alignements stratégiques, une tension croissante avec les principes structurants du droit international, ainsi qu’une série de contradictions internes susceptibles d’affecter la cohérence de la politique étrangère malienne. 1. Une rupture avec la matrice normative africaine Depuis les indépendances, l’architecture politique africaine, portée d’abord par l’Organisation de l’unité africaine puis par l’Union africaine, repose sur deux piliers fondamentaux : l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La RASD, en tant qu’entité reconnue par l’UA, s’inscrit dans cette matrice historique. Toute remise en cause de sa reconnaissance ne constitue donc pas un simple ajust...

L’obsession marocaine met le feu aux réseaux : un rappel historique américain révèle la mauvaise foi

Il aura suffi d’une publication  officiel sur X — sobre, documenté, diplomatique — pour révéler une réalité gênante : dès qu’il s’agit de l’Algérie, certains marocains préfèrent nier l’histoire plutôt que de la lire . Il y a quelques jours, l’ambassade des États‑Unis à Alger a rappelé, preuves à l’appui, un fait historique élémentaire : le Traité de paix et d’amitié de 1795 , signé à Alger, constitue l’un des chapitres les plus anciens de la relation algéro‑américaine. Ce traité existe, il est accessible, et il est archivé.  Et pourtant, au lieu d’un débat serein, on a vu surgir une vague de commentaires cherchant à décréter “impossible” ce que les archives attestent. Une partie des réactions les plus virulentes, largement issues d’une polémique marocaine sur les réseaux, s’est concentrée sur un slogan répétitif : « l’Algérie n’existait pas en 1795 » . Autrement dit : si le fait dérange, on nie le fait. Si le document contredit le récit, on accuse le document. C’est la logiq...

L'obsession d'Éric Zemmour pour l’histoire de l’Algérie : une tentative de réécriture historique

Éric Zemmour, figure controversée du paysage médiatique et politique français, s’est distingué par une fascination persistante pour l’histoire de l’Algérie. À travers ses déclarations, il s’emploie à nier l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation française, adoptant un discours idéologique qui fait fi des réalités historiques les plus avérées. D’où vient une telle insistance ? Quels intérêts se dissimulent derrière cette négation d’une évidence historique ? Issu d’une famille juive algérienne , Éric Zemmour est né en France en 1958. Ses ancêtres, naguère établis dans la région de Constantine, faisaient partie des Juifs d’Algérie, naturalisés français par le décret Crémieux en 1870 , sous l’occupation coloniale. Pourtant, malgré ces origines, Zemmour rejette toute appartenance à l’Algérie et revendique une identité exclusivement française. Farouche opposant à la double nationalité et à toute conception d’une identité plurielle, il érige l’assimilation en dogme et prône...

Pourquoi l’Algérie officielle n’évoque pas les territoires algériens spoliées en 1845 par la France au profit du Maroc ?

Depuis l’unification de la Numidie en 202 avant J.-C., les frontières occidentales de notre territoire s’étendaient jusqu’à l’oued Melouya, constituant la limite extrême de l’Algérie antique puis médiévale. Cette réalité historique est solidement établie par des travaux de référence, notamment Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale de Ibn Khaldoun (tome III, p. 180 ; tome I, p. 194 et suivantes) , qui en attestent de manière incontestable. 1830 : L’arrivée des Français et la stratégie de morcellement L’invasion française de 1830 ne se limita pas à une entreprise de colonisation ; elle s’inscrivit dans une stratégie délibérée de fragmentation et d’affaiblissement de l’Algérie par le démembrement de son territoire. Face à la résistance exceptionnelle de l’Émir Abdelkader, qui mena de 1832 à 1847 une lutte implacable contre l’occupant, la France chercha un relais régional capable de neutraliser cette dynamique. Ce soutien, Paris le trouva auprès ...

Ambitions expansionnistes marocaines sur le territoire algérien pendant la guerre d'Algérie : Analyse d'un document des services de renseignement français de 1957

Un document des services de renseignement français, daté du 16 décembre 1957, révèle les ambitions expansionnistes du Maroc vis-à-vis de l'Algérie en pleine guerre d'indépendance. Ce document éclaire d'un jour nouveau les relations complexes entre les deux pays et contredit en partie le récit historique enseigné en Algérie, qui met en avant un soutien inconditionnel du Maroc à la révolution algérienne. Dans la version officielle de l'histoire de la guerre d'Algérie, telle qu'elle est présentée dans les écoles algériennes, le Maroc, sous le règne de Mohamed V, est décrit comme un allié déterminé de la lutte pour l'indépendance algérienne. Cette narration souligne l'unité des peuples marocain et algérien dans leur combat contre le colonialisme français. Il est vrai que les révolutionnaires algériens ont initialement perçu leur lutte comme faisant partie d'un mouvement plus large de libération maghrébine (Tunisie – Algérie – Maroc). L'attaque du Nor...

Mauritanie–Algérie : entre profondeur stratégique, investissements structurants et ambiguïtés géopolitiques

Au moment où l’Algérie et la Mauritanie affichent une volonté renouvelée de hisser leur relation au rang de partenariat stratégique global, une contradiction persistante vient en atténuer la portée : la posture d’équilibrisme de Nouakchott dans un environnement régional traversé par des rivalités profondes. Or, à l’heure des choix structurants, les faits — notamment économiques et historiques — imposent une lecture plus rigoureuse des rapports de force. Une relation fondée sur des engagements concrets et chiffrés La relation algéro-mauritanienne ne relève pas du discours, mais d’investissements tangibles et d’un soutien historique constant. L’exemple le plus emblématique est la route Tindouf–Zouerate, un projet structurant de près de 950 km, financé par l’Algérie à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars, et appelé à devenir un axe stratégique majeur reliant la Méditerranée aux profondeurs de l’Afrique de l’Ouest. Ce corridor terrestre ne constitue pas seulement une infra...