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Articles

Affichage des articles du avril, 2026

Mali : l’offensive éclair qui rebat les cartes du Sahel — entre décapitation de l’État, retrait russe et retour du « facteur algérien »

En l’espace de quelques jours, la crise malienne a changé de nature. Il ne s’agit plus seulement d’une dégradation sécuritaire chronique, mais d’un événement de rupture : une offensive simultanée sur plusieurs points névralgiques, une désorganisation apparente du commandement , un recul (ou un repli) des alliés russes dans le Nord, et un jeu diplomatique régional qui se recompose à grande vitesse. Au cœur de cette séquence, une donnée structurelle ressurgit : la centralité géopolitique de l’Algérie dans l’architecture sahélienne — non pas par proclamation, mais par contrainte géographique, sécuritaire et diplomatique. Trois jours après les attaques, la situation demeure confuse : les localités clés du Nord et du centre (dont Kidal, Gao, Bourem, Konna, Sévaré, Mopti) auraient basculé ou seraient contestées, tandis que l’exécutif de transition à Bamako donne l’image d’un pouvoir en retrait , parfois muet. Le chef des autorités de transition n’avait pas reparu publiquement à la date évo...

Camps de réfugiés sahraouis de Tindouf : pourquoi la rumeur d’un “ordre de démantèlement” est une fake news juridiquement absurde

L’idée selon laquelle une personnalité étrangère – en l’occurrence Massad Boulos , sans statut décisionnel au sein des Nations unies – aurait « ordonné » à l’Algérie de démanteler les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf repose sur une double absurdité : aucune compétence juridique internationale , aucune base textuelle dans le droit onusien . Aucun mécanisme des Nations unies ne permet à un acteur politique, étatique ou non, d’exiger unilatéralement le démantèlement de camps de réfugiés installés sur le territoire souverain d’un État hôte, en dehors d’un cadre légal strict fondé sur le consentement des réfugiés eux‑mêmes et des agences compétentes (HCR principalement).  1. Que dit réellement la résolution 2797 (2025) ? La résolution 2797 , adoptée le 31 octobre 2025 , poursuit deux objectifs précis : le renouvellement du mandat de la MINURSO jusqu’en octobre 2026 ; l’encouragement à une solution politique négociée qualifiée de « juste, durable et mutuellement acceptable ». Le...

Émirats arabes unis : derrière l’apparente stabilité, les fissures financières d’un hub sous pression géopolitique

Longtemps présentés comme un îlot de stabilité économique au cœur d’un Moyen-Orient instable, les Émirats arabes unis (EAU) semblent aujourd’hui entrer dans une zone de turbulences inédites. Selon une révélation du magazine Fortune , relayée par plusieurs médias anglo-saxons, Abou Dhabi fait face à des tensions financières croissantes dans le contexte de l’affrontement militaire opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Si les autorités émiraties continuent d’afficher un discours rassurant, les signaux d’alerte se multiplient, révélant une vulnérabilité bien plus profonde qu’il n’y paraît. Des discussions sensibles à Washington C’est à Washington que les premiers indices d’inquiétude ont émergé au grand jour. Lors de réunions tenues la semaine dernière, le gouverneur de la Banque centrale des Émirats arabes unis, Khaled Mohamed Balama, a évoqué la possibilité de mettre en place une ligne de swap de devises avec la Réserve fédérale américaine, en coordination avec le Trésor des États...

Rivalités régionales et construction des menaces : le précédent des accusations nucléaires contre l’Algérie dans les années 1990

L’évocation récurrente, dans certains discours contemporains, d’un supposé programme nucléaire militaire algérien ne constitue pas un phénomène nouveau. Elle s’inscrit dans une séquence historique bien identifiée, remontant au début des années 1990, où la question nucléaire a été instrumentalisée dans le cadre des rivalités stratégiques en Afrique du Nord. L’analyse de cet épisode permet d’éclairer les mécanismes de construction des menaces, ainsi que le rôle des institutions internationales dans leur objectivation. Un contexte international propice à la suspicion La période post-guerre froide est marquée par une sensibilité accrue aux enjeux de prolifération nucléaire. La révélation du programme irakien après la Guerre du Golfe a profondément modifié les perceptions occidentales, renforçant la vigilance à l’égard des États développant des capacités nucléaires, même à des fins déclarées civiles. C’est dans ce contexte que certaines autorités marocaines ont exprimé des préoccupations qu...

La guerre en Iran… et pourquoi le Maroc en est le plus grand perdant

À première vue, toute guerre qui éclate en Iran peut sembler géographiquement éloignée du Maroc, sans lien direct ni implication militaire. Pourtant, une lecture géopolitique approfondie révèle une tout autre réalité. Les grandes guerres ne se mesurent pas uniquement par les champs de bataille, mais par les recompositions stratégiques qu’elles provoquent, les alliances qu’elles révèlent et les illusions qu’elles dissipent. De ce point de vue, le Maroc apparaît, paradoxalement, comme l’un des principaux perdants politiques et stratégiques de toute escalade militaire visant l’Iran . I. L’effondrement du pari de la « fonction géopolitique » Ces dernières années, le Maroc a construit une partie significative de sa politique étrangère autour d’un rôle fonctionnel au service de certaines puissances occidentales, notamment à travers : la mise en avant de la « menace iranienne » en Afrique, la diabolisation du « croissant chiite », l’alignement narratif sur les discours de sécurité occidentaux...

Badr Laidoudi : anatomie d’une infiltration narrative et faillite du discernement collectif

Il y a un an, l’alerte avait été lancée. Non pas pour exister médiatiquement, ni pour régler des comptes, mais pour signaler un phénomène dangereux : la désinformation à bas bruit. Celle qui ne s’impose pas, mais qui s’infiltre. Celle qui ne choque pas, mais qui s’installe. La réaction fut révélatrice : aucune contradiction sérieuse, aucun débat méthodique — seulement l’arsenal habituel de la disqualification émotionnelle. Comme si, dans certains segments de l’opinion, exiger des preuves était devenu une faute. Mais le temps a tranché. Et les faits ont fini par parler. Le cas Laidoudi : un profil qui interroge L’analyse du cas de Badr Laidoudi ne peut se limiter à ses prises de parole. Elle doit inclure son environnement, sa trajectoire et les contradictions internes de son positionnement. Comme le souligne une analyse publiée en 2025, cette figure se présente comme un opposant au régime marocain, tout en bénéficiant d’une situation paradoxale : absence de pression sur ses proches rest...

Badr Laidoudi : l’« opposant » marocain qui vit de la crédulité algérienne

Depuis plusieurs jours, une nouvelle rumeur circule sur les réseaux sociaux, relayée avec enthousiasme par le blogueur marocain Badr Laidoudi. Celui-ci prétend que l’Algérie serait engagée dans des « négociations secrètes » avec les États-Unis autour de la question du Sahara occidental. Une affirmation infondée, directement inspirée d’Africa Intelligence, un site notoirement lié à la DGED, les services de renseignement extérieurs marocains. Un faux opposant, une vraie stratégie Badr Laidoudi s’est construit une image d’« opposant marocain », critique du régime de Rabat, ce qui lui a permis d’obtenir rapidement une écoute dans l’espace numérique algérien. Mais cette image est trompeuse. Dans la réalité, 95 % de son contenu est consacré à l’Algérie : il flatte, il encense, il se montre « bienveillant » pour gagner la confiance. Cependant, derrière ce vernis, il glisse régulièrement des messages subliminaux, des insinuations et surtout des fake news à petite dose. Il s’agit là d’une tacti...

Désinformation médiatique et crispations idéologiques : quand certains médias français instrumentalisent l’Algérie à l’approche d’une visite pontificale

À l’approche de la visite annoncée du pape Léon XIV à Alger, une campagne médiatique troublante se déploie dans certains segments du paysage médiatique français. En tête de cette dynamique, Paris Match et plusieurs médias classés à l’extrême droite relayent des informations erronées, voire délibérément biaisées, concernant la situation des églises en Algérie. Contrairement aux affirmations sensationnalistes qui circulent, les églises en Algérie ne sont ni fermées ni interdites. Cette réalité est attestée par des sources ecclésiastiques elles-mêmes, à commencer par Jean-Paul Vesco, qui peut témoigner que les lieux de culte chrétiens sont non seulement ouverts, mais également protégés et entretenus par les autorités algériennes. Une désinformation aux motivations transparentes La question n’est pas tant l’erreur journalistique que l’intention qui semble la sous-tendre. Pourquoi, à la veille d’un événement symbolique majeur — la visite d’un souverain pontife en terre d’islam — certains mé...

Le Mali, la RASD et les recompositions du Sahel : une inflexion diplomatique aux implications géopolitiques structurelles

La décision du Mali de retirer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique s’inscrit dans une recomposition plus large des équilibres géopolitiques sahéliens et nord-africains. Loin d’un simple geste diplomatique, elle révèle une redéfinition des alignements stratégiques, une tension croissante avec les principes structurants du droit international, ainsi qu’une série de contradictions internes susceptibles d’affecter la cohérence de la politique étrangère malienne. 1. Une rupture avec la matrice normative africaine Depuis les indépendances, l’architecture politique africaine, portée d’abord par l’Organisation de l’unité africaine puis par l’Union africaine, repose sur deux piliers fondamentaux : l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La RASD, en tant qu’entité reconnue par l’UA, s’inscrit dans cette matrice historique. Toute remise en cause de sa reconnaissance ne constitue donc pas un simple ajust...

L’obsession marocaine met le feu aux réseaux : un rappel historique américain révèle la mauvaise foi

Il aura suffi d’une publication  officiel sur X — sobre, documenté, diplomatique — pour révéler une réalité gênante : dès qu’il s’agit de l’Algérie, certains marocains préfèrent nier l’histoire plutôt que de la lire . Il y a quelques jours, l’ambassade des États‑Unis à Alger a rappelé, preuves à l’appui, un fait historique élémentaire : le Traité de paix et d’amitié de 1795 , signé à Alger, constitue l’un des chapitres les plus anciens de la relation algéro‑américaine. Ce traité existe, il est accessible, et il est archivé.  Et pourtant, au lieu d’un débat serein, on a vu surgir une vague de commentaires cherchant à décréter “impossible” ce que les archives attestent. Une partie des réactions les plus virulentes, largement issues d’une polémique marocaine sur les réseaux, s’est concentrée sur un slogan répétitif : « l’Algérie n’existait pas en 1795 » . Autrement dit : si le fait dérange, on nie le fait. Si le document contredit le récit, on accuse le document. C’est la logiq...