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Washington–Téhéran : l'Algérie, clé de voûte d'une diplomatie de l'ombre après l'impasse de la force ?

Washington–Téhéran : l'Algérie, clé de voûte d'une diplomatie de l'ombre après l'impasse de la force ? Lecture du retour du « médiateur de confiance » au cœur de l'équation américano-iranienne, entre la mémoire des Accords de 1981, les signaux de New York et l'escale d'Alger Une relation fracturée depuis plus de quatre décennies. Illustration : Shutterstock. Lorsque les politiques de puissance atteignent leurs limites, l'histoire repose sa vieille question : qui peut ouvrir les portes restées closes ? Dans le dossier américano-iranien, un nom revient chaque fois que les issues se referment : Alger. L'impasse de la force et les limites de la « pression maximale » La politique de « pression maximale » instaurée par Donald Trump, depuis son retrait unilatéral de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018, n'a ni fait plier Téhéran ni infléchi sa posture stratégique. Elle a au contraire produit un environnement régional plus fragil...

La secte des Akkakza : rituels et expansion au Maroc

La secte des Akkakza, connue également sous le nom de Youssefiya, est l'une des confréries soufies apparues au Maroc au XVI e siècle, qui s'est maintenue jusqu'au XX e siècle. Elle a joué un rôle important dans la vie religieuse et sociale de la société marocaine, sans pour autant avoir fait l'objet d'études suffisantes de la part des chercheurs. Dans cet article, nous examinerons plus en détail les rituels pratiqués par les Akkakza ainsi que leur expansion à travers le Maroc. Rituels et pratiques Les rituels collectifs L'un des traits les plus marquants des Akkakza était la pratique de rituels collectifs singuliers. Ceux-ci comprenaient des séances de dhikr en groupe et des prières particulières, pour lesquelles les adeptes se réunissaient dans les zaouïas. Ces séances se distinguaient par leur ferveur spirituelle et leurs chants religieux, renforçant le sentiment de proximité et d'appartenance entre les membres. Des pratiques sexuelles cont...

De Béjaïa à Al-Qods, de Tlemcen à Alger, l'Algérie n'a jamais marchandé sa fidélité à la Oumma

De Béjaïa à Al-Qods, de Tlemcen à Alger, l'Algérie n'a jamais marchandé sa fidélité à la Oumma. Face à elle, cinq siècles d'alliances du trône chérifien avec Madrid, Lisbonne, Paris et Tel-Aviv. Voici l'histoire qu'on voudrait nous faire oublier. Représentation artistique d'un cavalier de l'époque de Salah Eddine al-Ayyoubi. Il est des peuples qui écrivent leur histoire avec leur sang, et des régimes qui la réécrivent avec leurs communiqués. Le trône marocain se présente aujourd'hui comme le gardien d'Al-Qods et l'héritier des libérateurs de Jérusalem. Mais l'histoire a de la mémoire. Elle se souvient de ceux qui ont répondu à l'appel, et de ceux qui ont détourné le regard. Que les choses soient claires : ce texte ne vise pas le peuple marocain. Il vise un pouvoir, le Makhzen, et une constante de sa politique. Sidi Boumediene, l'enfant de Béjaïa et de Tlemcen au service d'Al-Qods Abou Madyan Choaïb, que nos aïeux ap...

Le pacte de La Mecque à l'épreuve d'Ansar Allah : une dissuasion qui n'a pas dissuadé

Le 7 août 2026, au palais Al-Safa, Riyad, Ankara et Islamabad proclamaient qu’une attaque contre l’un serait une attaque contre les trois. Six semaines plus tard, l’Arabie saoudite brûle, ses villes du Sud comptent leurs blessés, sa capitale est visée, et le pacte n’a pas été activé. Ankara Riyad Islamabad « une attaque contre l’un est une attaque contre les trois » Ansar Allah Le triangle de La Mecque : une promesse de défense collective restée sans traduction militaire face aux frappes houthies. J’écrivais récemment que l’accord de La Mecque ne serait pas jugé à la guerre qu’il mènerait, mais à celle qu’il aurait contribué à empêcher. Le verdict est tombé plus vite que prévu. Ansar Allah a posé la seule question qui compte pour une alliance défensive : un adversaire croit-il qu’elle se battra ? La réponse des Houthis a été non. Et jusqu’ici, les faits leur donnent raison. Quarante-huit heures Le pre...

L’Algérie annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis

Le 10 septembre 2026, Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi. Le même jour, à un millier de kilomètres au sud, deux otages européennes retenues depuis plus d'un an étaient libérées au Sahel. Les deux événements ne sont pas liés par un fil de causalité direct — mais ils racontent la même chose. I. Les faits En un communiqué de quelques lignes, le ministère algérien des Affaires étrangères a mis fin à des décennies de relations avec les Émirats arabes unis. Le texte dénonce « la multiplication des agissements provocateurs ou hostiles » d'Abou Dhabi, affirme qu'Alger a fait preuve de « retenue » et multiplié les mises en garde, et conclut que ces agissements « ont atteint les limites de ce qui est admissible ou tolérable dans le cadre de relations entre deux États souverains ». L'ambassadeur émirati, convoqué le jour même au siège du ministère, s'est vu notifier un délai de quarante-huit heures. Dans la soirée, le ministère de la Défense nationale a ...

L'Égypte ancienne et la thèse de Cheikh Anta Diop : analyse d'un mythe historiographique

En 1954, le chercheur sénégalais Cheikh Anta Diop publie Nations nègres et culture , un ouvrage fondateur qui affirme que la civilisation pharaonique était une civilisation exclusivement « noire », matricielle de l'ensemble des cultures de l'Afrique subsaharienne. Rédigé dans le contexte de la décolonisation, ce travail visait à restituer à l'Afrique une profondeur historique systématiquement niée par l'historiographie raciste du XIXᵉ siècle. Si le rôle politique de Diop et son apport pour repositionner l'Égypte au cœur de son continent sont aujourd'hui salués, le consensus de la communauté scientifique internationale (égyptologues, linguistes, archéologues et généticiens) qualifie ses thèses de « fantaisistes » et de non scientifiques. Voici l'analyse détaillée des fondements méthodologiques, linguistiques et biologiques qui ont conduit l'histoire moderne à rejeter le modèle afrocentriste diopie...

Égypte : quand la diversification de l’armement devient une fragmentation stratégique

La diversification des fournisseurs d’armement est régulièrement présentée par les autorités égyptiennes comme l’expression d’une autonomie stratégique retrouvée. Le raisonnement paraît cohérent : en achetant simultanément des équipements américains, russes, français, chinois, allemands, sud-coréens ou issus de l’industrie nationale, Le Caire réduirait sa dépendance à l’égard d’un partenaire unique et préserverait sa liberté de manœuvre diplomatique. Cette politique procure effectivement certains avantages. Elle limite la capacité d’un fournisseur à exercer seul une pression sur l’Égypte, permet de négocier de meilleures conditions commerciales et offre des solutions de remplacement en cas d’embargo, de restrictions technologiques ou de détérioration des relations politiques. Mais l’autonomie diplomatique ne se traduit pas automatiquement par une plus grande efficacité militaire. Lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une stratégie industrielle, logistique et doctrinale cohérente, la dive...