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Coup de théâtre à l'ONU : le Maroc contraint de voter pour l'autodétermination du peuple sahraoui !

Pour la première fois depuis vingt ans, Rabat a dû inscrire noir sur blanc son vote en faveur d'un texte onusien qui consacre l'autodétermination du peuple du Sahara occidental. Retour sur une séance qui embarrasse la diplomatie marocaine.


15 octobre 2026 · New York

Ce qui s'est passé à New York

Ce jeudi 15 octobre 2026, la Quatrième Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté sa résolution annuelle sur la question du Sahara occidental. Le Maroc figure parmi les États ayant voté pour.

152Pour, dont le Maroc
2Contre
7Abstentions

Cette commission est celle de la décolonisation, et le texte adopté s'inscrit pleinement dans cette logique. Il prend acte du rapport du Secrétaire général du 31 juillet 2026, qui rappelle que la Quatrième Commission et le Comité spécial de la décolonisation traitent le Sahara occidental comme une question de décolonisation.

Pourquoi un vote cette année ?

C'est là que réside le coup de théâtre. Depuis 2006, cette résolution était adoptée par consensus, sans vote. Ce consensus arrangeait Rabat : le texte passait sans que personne n'ait à se prononcer individuellement, et la diplomatie marocaine pouvait en offrir sa propre lecture.

Mais cette année, la délégation des États-Unis a demandé à la dernière minute un vote sur l'ensemble des 23 projets de résolution de la commission, y compris ceux habituellement adoptés par consensus. Une démarche qui ne visait pas le Sahara en particulier : Washington entend désormais exiger un vote sur toutes les résolutions des grandes commissions de l'Assemblée générale.

Résultat : le Maroc s'est retrouvé face à un choix qu'il n'avait plus eu à faire depuis deux décennies.

Pourquoi le Maroc a voté pour

En réalité, Rabat n'avait aucune option confortable :

Voter contreL'isolement face à 151 États, et une contradiction ouverte avec le processus onusien que le Maroc affirme soutenir.
S'abstenirUn signal de rejet du principe d'autodétermination, sur la scène même de la décolonisation.
Voter pourLa seule voie possible, à condition de mettre en avant ce qui l'arrange dans le texte.

C'est exactement la ligne défendue par la diplomatie marocaine. Rabat souligne que la résolution fait référence à la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui retient son plan d'autonomie comme base de négociation, et que le texte est pour le reste identique à ceux adoptés depuis vingt ans. Le Maroc ajoute qu'il ne préjuge pas du statut du territoire.

Cet argument se retourne pourtant contre lui. Si le texte est le même depuis vingt ans, alors le Maroc vient de voter, publiquement et nominativement, pour une résolution qui appelle à une solution politique assurant l'autodétermination du peuple du Sahara occidental. Ce principe figure d'ailleurs dans la résolution 2797 elle-même, que Rabat présente comme une victoire.

« Si le texte n'a pas changé depuis vingt ans, alors le Maroc vient de voter pour l'autodétermination. »

Une contradiction désormais au procès-verbal

Depuis des années, la diplomatie marocaine dénonce toute référence à l'autodétermination lorsqu'elle vient d'Alger, tout en laissant passer les mêmes formulations à l'ONU sous couvert de consensus. Le vote du 15 octobre met fin à cette ambiguïté : la position du Maroc est désormais enregistrée.

Prochaine étape : le 31 octobre Le mandat de la MINURSO, la mission créée pour organiser un référendum au Sahara occidental, expire le 31 octobre 2026, date à laquelle est aussi attendu l'examen stratégique sur son avenir. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réaffirmé le soutien de l'Algérie à un règlement garantissant au peuple sahraoui l'exercice de son droit à l'autodétermination.

Conclusion

Malgré les succès diplomatiques revendiqués par Rabat, l'autodétermination reste le socle de toutes les résolutions des Nations Unies sur le Sahara occidental. Et le Maroc vient lui-même de le confirmer par son vote.

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