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Articles

Affichage des articles du décembre, 2025

Double standard de l’Union africaine ? Une lecture critique de la question du Sahara occidental

Suite à l’article publié par Hespress le 30 décembre 2025 intitulé « La double standard de l’Union africaine menace la souveraineté des États et aggrave les conflits régionaux fabriqués », il est nécessaire de réexaminer objectivement la position de l’Union africaine sur le conflit du Sahara occidental, loin des agendas politiques étroits promus par certains acteurs.   Tout d’abord, il faut distinguer deux situations juridiques distinctes : le refus de l’Union africaine de reconnaître ce que certains appellent la “Terre de Somalie” d’une part, et le traitement du conflit sahraoui d’autre part. Le refus de reconnaître un État fictif à l’intérieur du territoire d’un État membre relève du principe d’intégrité territoriale, tandis que le soutien de l’Union africaine au peuple sahraoui consiste à défendre son droit à l’autodétermination conformément au droit international et aux résolutions de l’ONU, et non à soutenir une sécession arbitraire. Ces principes sont donc très différents de ...

Dynamiques d’ingérence et recompositions du champ arabe : lecture critique de l’activisme émirati

Le communiqué récemment publié par l’ Arabie saoudite , au ton inhabituellement sévère à l’égard des Émirats arabes unis, constitue un indicateur révélateur de tensions structurelles longtemps latentes au sein du système régional arabe . Loin de relever d’un simple différend conjoncturel, cette prise de position traduit une remise en question progressive des stratégies interventionnistes menées par Abou Dhabi et de leurs effets délétères sur la stabilité régionale. Elle vient également confirmer, a posteriori, des alertes formulées de longue date par certains États, notamment l’Algérie , quant aux dérives d’un interventionnisme non régulé. Depuis le début des années 2010, les Émirats arabes unis se sont progressivement imposés comme un acteur majeur, mais profondément controversé, des conflits régionaux. Sous couvert d’un discours normatif valorisant la modernisation politique, la stabilité autoritaire et la lutte contre les mouvements islamistes, le régime d’Abou Dhabi a élaboré une ...

La “guerre des drones” dans le Sahara occidental : quand la propagande masque l’impasse militaire

L’article récemment publié par Hespress sous le titre évocateur de « frappes précises » des Forces armées royales contre le Polisario relève moins de l’analyse stratégique que de la communication militaire habillée en journalisme. Derrière un vocabulaire techniciste et une mise en scène du prétendu “sang-froid” marocain, se déploie en réalité un discours visant à normaliser une impasse politique, dissimuler un échec militaire et banaliser des violations persistantes du droit international. Une inversion délibérée des responsabilités Le texte s’ouvre sur une affirmation devenue mantra : le Maroc ne ferait que répondre avec “retenue” à des provocations du Polisario depuis la rupture du cessez-le-feu. Or, cette présentation occulte un fait fondamental, documenté par les Nations unies elles-mêmes : c’est l’intervention militaire marocaine à Guerguerat en novembre 2020 qui a mis fin au cessez-le-feu de 1991 . Dès lors, toute tentative de présenter le Maroc comme une simple puissance défe...

Khaled, la ligne rouge et la mémoire algérienne : quand la mise en scène ne suffit plus

La séquence a été abondamment relayée. Lors du match Algérie–Burkina Faso, disputé au Maroc dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations, les caméras ont soigneusement insisté sur une image présentée comme chargée d’émotion : Cheb Khaled, installé dans les tribunes, brandissant un fanion vert, blanc et rouge. Une image calibrée, répétée, presque martelée. Mais loin de produire l’effet escompté, la scène a ravivé une colère sourde. Pour une large partie des Algériens, il ne s’agissait ni d’un geste spontané ni d’un retour sincère au cœur national, mais d’une opération de communication tardive. Le peuple algérien, lui, ne confond pas l’amour de la patrie avec une mise en scène télévisuelle. Une symbolique instrumentalisée après une longue rupture Cette apparition ne peut être dissociée d’un passé récent lourd de sens. Depuis plusieurs années, Khaled a multiplié des actes perçus comme des provocations directes envers l’Algérie, au point de rompre durablement le lien de confiance avec u...

Boumediene ou la stature perdue de l’État algérien

Lorsque Valéry Giscard d’Estaing affirma, dans une interview à la télévision française , que « le drame de l’ Algérie est qu’elle n’a jamais retrouvé un président de l’envergure de Houari Boumediene depuis sa disparition », il ne s’agissait ni d’un hommage sentimental ni d’une complaisance tardive. La portée de cette déclaration tient précisément au fait que Giscard fut un adversaire politique de Boumediene, représentant d’une France dont les intérêts furent frontalement heurtés par la diplomatie algérienne des années 1970 . Dans la bouche d’un ancien chef d’État français, ce constat vaut reconnaissance stratégique : Boumediene incarnait un pouvoir souverain, cohérent, et suffisamment structuré pour déranger les équilibres établis. Autrement dit, l’Algérie était alors dirigée par un homme d’État au sens plein, capable d’inscrire l’action nationale dans une vision historique et géopolitique de long terme. Quarante-sept ans après sa disparition, le 27 décembre 1978, cette absence con...

Rabat, ou l’art consommé du bourdonnement

Il faut une singulière naïveté — ou une méconnaissance chronique des mœurs politiques locales — pour avoir cru que le déplacement de l’équipe nationale algérienne de football à Rabat se déroulerait dans la simple bienséance sportive . Ceux-là ont mal relu l’histoire, confondu la géographie avec le folklore et sous-estimé le talent du « Royaume de Marrakech » lorsqu’il s’agit de métamorphoser un rendez-vous sportif en laboratoire de provocations savamment dosées. Longtemps barricadé derrière un essaim de mouches zélées, bruyantes et porteuses de tout sauf de fair-play , le royaume a fini par franchir un cap : ne plus se contenter d’élever le bourdonnement, mais devenir lui-même insecte, vrombissant, envahissant, et singulièrement plus habile à irriter qu’à organiser. Rien, bien entendu, ne fut improvisé. L’affaire était en gestation depuis des mois, mijotée à feu doux avec l’aide de renégats occasionnels et de commerçants de dignité à prix cassés. La bassesse, ici, ne relève pas de l’...

Criminalisation du colonialisme français : une loi algérienne historique, une réaction française immédiate

Le 24 décembre 2025 , l’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté à l’unanimité une loi qualifiant les crimes de la colonisation française en Algérie ( 1830–1962 ) de crimes contre l’humanité « imprescriptibles », tout en exigeant de la France reconnaissance officielle, excuses et indemnisation . Paris a aussitôt déploré une « initiative manifestement hostile » , estimant qu’elle ne favorise pas la reprise du dialogue et le travail de la commission mixte d’historiens. Cette séquence ravive un contentieux ancien et pose une question centrale : qui définit les conditions de l’apaisement bilatéral et selon quels principes ?   1) Un vote de rupture : cadre, contenu et portée du texte Le vote unanime du Parlement algérien marque un tournant mémoriel et politique : la loi liste les exactions coloniales (torture, exécutions extrajudiciaires, pillage systématique des richesses, essais nucléaires au Sahara ), en exige la reconnaissance et prévoit la restitution des archives (cartes d...

La mort d’un touriste algérien à Sousse — entre versions contradictoires et malaise grandissant

La mort d’un touriste algérien dans la ville de Sousse, en Tunisie, a provoqué une vive onde de choc en Algérie. L’incident, survenu dans le marché central Bab Jdid , a pris une dimension émotionnelle profonde, d’autant qu’il s’est déroulé sous les yeux de son épouse et en présence de son fils. Alors que les circonstances exactes du drame restent floues, son retentissement social et politique dépasse largement le cadre d’un simple fait divers. Entre les récits circulant sur les réseaux sociaux, la version relayée par certains médias tunisiens et le silence des autorités, une question essentielle émerge : dans quelles conditions un citoyen algérien peut‑il aujourd’hui se sentir en sécurité en Tunisie ? 1. Des récits contradictoires : un flou révélateur La première version : un meurtre par arme blanche Selon plusieurs pages sur les réseaux sociaux, le touriste, originaire d’El Oued, aurait été tué à coups de couteau au cours d’une altercation avec des vendeurs de poissons. Cette version...

Pourquoi la CAF a‑t‑elle désigné l’arbitre gabonais Atcho Ghislain pour Algérie – Soudan ?

La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé la nomination du Gabonais Pierre Atcho Ghislain pour diriger la rencontre Algérie – Soudan. Un choix qui suscite une vive controverse, notamment en raison des antécédents du même arbitre lors de la CAN 2023, où il officiait comme arbitre VAR lors des matchs de l’Algérie contre l’Angola et le Burkina Faso, matchs émaillés de décisions litigieuses qui avaient donné lieu à une plainte officielle de la Fédération algérienne de football (FAF).  Dans ce contexte, une question centrale se pose :  alors que la CAF dispose de dizaines d’arbitres qualifiés, pourquoi désigner précisément Atcho Ghislain pour une rencontre impliquant l’Algérie ? 1. Un passif lourd : les précédents qui alimentent la méfiance 1.1 L’épisode Angola – Algérie Lors du match Algérie – Angola à la CAN 2023, Atcho était en charge du VAR. Plusieurs actions contestées n’avaient pas été signalées à l’arbitre central, ce qui avait suscité une controverse immédiate...