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Oran : 61 ressortissants marocains arrêtés pour un projet de sabotage, l'alerte que nous lancions dès 2023

Sécurité nationale  ·  Analyse

La DGSN annonce le démantèlement à Oran d'un réseau de soixante et un ressortissants marocains soupçonnés de préparer des actes de sabotage. Une affaire qui donne une résonance particulière à la lettre ouverte adressée au Président de la République.

Par Belgacem Merbah  ·  11 octobre 2026

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé, ce dimanche 11 octobre 2026, le démantèlement à Oran d'un réseau qu'elle qualifie de « réseau criminel international marocain ». Soixante et une personnes de nationalité marocaine ont été interpellées début octobre. Selon la police, elles s'apprêtaient à commettre des actes de sabotage visant la sécurité et l'ordre publics. L'information, rapportée par TSA, remet au premier plan les questions que je posais dans ma lettre ouverte au Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.

L'essentiel

61 ressortissants marocains interpellés à Oran, début octobre 2026.

Parmi eux, un ancien militaire de l'armée marocaine.

Entrée clandestine par Tunis, puis la région d'El Kala (wilaya d'El Tarf).

Saisie de passeports marocains, de dirhams et d'euros.

Suspects déférés devant le pôle pénal spécialisé d'Oran.

Ce que l'on sait de l'affaire

D'après les éléments communiqués par la DGSN, l'enquête préliminaire décrit un groupe organisé, jugé extrêmement dangereux, qui planifiait des opérations de sabotage sur le territoire national.

L'itinéraire suivi est l'élément le plus instructif du dossier. Les suspects seraient arrivés par avion à Tunis, puis auraient franchi clandestinement la frontière par des sentiers de montagne et des passages forestiers isolés dans la région d'El Kala. Ils auraient ensuite traversé le pays d'est en ouest par la route, soit près d'un millier de kilomètres, pour rejoindre Oran et y préparer leur projet.

L'opération a été conduite sous la supervision du parquet. Il appartient désormais à la justice d'établir les faits et les responsabilités de chacun.

Les questions que pose ce dossier

Si les faits sont confirmés par l'instruction, plusieurs interrogations s'imposent. Comment soixante et une personnes ont-elles pu franchir la frontière orientale sans être repérées ? Qui les a guidées dans le massif d'El Kala ? Qui les a transportées, hébergées et financées sur un trajet qui traverse tout le nord du pays ?

Un réseau de cette taille ne se déplace pas sans relais logistiques. C'est sur ces relais que l'enquête devra faire toute la lumière.

La frontière terrestre avec le Maroc étant fermée depuis 1994 et les relations diplomatiques rompues depuis août 2021, la voie tunisienne apparaît comme le chemin de contournement naturel. Ce constat n'est pas nouveau.

Une lettre ouverte qui posait déjà ces questions

Dans la lettre ouverte au Président de la République, publiée sur ce blog en mai 2023 et réactualisée en août 2025, j'exprimais mon inquiétude face à la présence sur notre sol de ressortissants marocains dont j'estimais le nombre à plus de 1,2 million, et face au risque d'infiltration par les services de renseignement marocains, dont la coopération avec Israël est aujourd'hui officielle.

J'y pointais trois sujets que l'affaire d'Oran remet au premier plan :

La Tunisie comme zone de transit. Je signalais l'usage du territoire tunisien pour des transferts illégaux de devises vers le Maroc. On découvre aujourd'hui que le même couloir sert à l'entrée clandestine d'hommes.

La porosité des frontières. J'alertais sur l'intensification du trafic de drogue et de la traite humaine le long de nos frontières, et sur l'insuffisance des contrôles douaniers et de la police aux frontières.

L'exigence de fermeté et de transparence. Je demandais des décisions fermes, la rupture des relations consulaires avec le Maroc, ainsi que transparence et redevabilité dans les mesures prises. Une pétition appelant à l'éloignement des Marocains en situation irrégulière accompagnait cette lettre.

En tant que petit-fils d'un officier de l'Armée de libération nationale, j'écrivais alors qu'il était de mon devoir de tirer la sonnette d'alarme. Le coup de filet d'Oran montre que les services de sécurité veillent, et il faut les en féliciter. Il montre aussi que la menace décrite n'avait rien de théorique.

Ce qu'il faut faire maintenant

1Verrouiller le flanc est. La coopération sécuritaire avec la Tunisie, réaffirmée par le Président Tebboune en juillet dernier, doit se traduire par un échange d'informations sur les arrivées à l'aéroport de Tunis et par une surveillance renforcée des passages forestiers d'El Tarf.

2Frapper les relais intérieurs. Les passeurs, les transporteurs, ceux qui logent ou emploient des étrangers en situation irrégulière doivent répondre de leurs actes. Sans complicités locales, aucun réseau ne tient.

3Contrôler la régularité du séjour. L'État doit savoir qui se trouve sur son territoire et à quel titre, et éloigner ceux qui y séjournent en violation de la loi.

Cette fermeté gagne à s'exercer dans le cadre du droit. Ce qui est en cause, ce sont des réseaux, des entrées clandestines et des projets criminels, et non la nationalité de personnes établies régulièrement et respectueuses de nos lois. C'est en frappant juste, sur la base de faits établis par la justice, que l'Algérie conservera l'avantage moral et politique face à ceux qui cherchent à la déstabiliser.

Conclusion

L'affaire d'Oran n'est pas close : l'instruction dira ce que préparaient exactement ces soixante et un hommes, pour le compte de qui, et avec quels appuis. Mais elle confirme d'ores et déjà que la vigilance aux frontières et le contrôle des séjours irréguliers sont des questions de sécurité nationale. Je renouvelle donc l'appel lancé au Président de la République : que les enseignements de ce dossier soient tirés sans délai, et que le peuple algérien soit informé des suites qui lui seront données.

Source : TSA, « Algérie : 61 Marocains qui "préparaient des actes de sabotage" arrêtés », 11 octobre 2026, d'après le communiqué de la DGSN.
À lire : Lettre ouverte au Président de la République M. Abdelmadjid Tebboune.

Commentaires

  1. Oui mon frère je te soutiens s fermement malheureusement il existe des algériens de l'intérieur qui veulent saboter l'Algérie comme t'as dit ces 61 maroki criminels comment ont franchir la frontière sans être repérés et même la douane tunisienne je dirais pas Complice mais n'a pas fait son travail moi à mon tour je demande aux autorités algériennes à leurs têtes le président de la république d'expulser tous les maroki avant qu'il ne soit trop tard et dieu sait qu'il y en a plus d'un million sinon l'Algérie va payer un lourd prix agisson ensemble

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  2. Je voudrais savoir frérot Belkacem vous ne faites plus de vidéo sur youtube moi qui ne ratait jamais tes vidéos pourquoi

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