Accéder au contenu principal

Les migrants marocains expulsés d’Espagne et de Libye : l’exception algérienne, entre noblesse historique et aveuglement dangereux

Je prends aujourd’hui la plume non par convenance, mais par devoir. Un devoir patriotique. Un devoir moral. Un devoir hérité de ceux qui ont consenti le sacrifice ultime afin que l’Algérie demeure souveraine, libre et digne. Notre pays revendique depuis toujours une exception algérienne, forgée dans l’humanisme, l’hospitalité et la fidélité aux idéaux de la Révolution. Mais une question s’impose désormais, frontale et inévitable : Cette exception est-elle encore une force morale, ou est-elle devenue une vulnérabilité stratégique exploitée sans retenue par nos adversaires ?

Une réalité que l’on persiste à occulter

Il faut le dire avec gravité : la présence massive de ressortissants marocains sur notre sol n’est ni marginale ni anodine. Elle constitue une réalité lourde de conséquences, que nul ne peut raisonnablement minimiser.

Dans un contexte marqué par une politique ouvertement hostile du Royaume du Maroc envers l’Algérie, comment continuer à considérer cette situation comme secondaire ?

Refuser de poser cette question relève non de la sagesse, mais de la naïveté.
Car il ne s’agit plus d’un simple phénomène migratoire : nous sommes face à un enjeu stratégique majeur.

Une confrontation qui ne dit pas son nom

Nul n’ignore les liens étroits existant entre les services marocains et certaines agences étrangères. À l’ère des conflits hybrides, où les guerres ne sont plus uniquement militaires mais aussi informationnelles, économiques et clandestines, croire que l’Algérie serait imperméable relève de l’aveuglement.

Qui peut affirmer, en toute certitude, que notre territoire n’est pas déjà infiltré ?
Qui peut garantir que ces flux humains ne sont ni instrumentalisés ni détournés ?

Se taire face à ces interrogations n’est pas un acte de prudence. C’est une faute stratégique.

Une singularité qui confine à la faiblesse

Il suffit d’observer notre environnement régional et international.
La Libye expulse sans hésitation.
L’Espagne reconduit par milliers.

Et nous ?
Nous tolérons. Nous absorbons. Nous détournons le regard.

Pourquoi l’Algérie devrait-elle être la seule à porter ce fardeau ?
Pourquoi pratiquer un humanisme unilatéral, que nul ne nous rend ?

Ce déséquilibre n’est pas une preuve de grandeur. C’est une faille.

Une pression directe sur notre souveraineté

Les faits sont connus :
– trafics de stupéfiants qui gangrènent notre territoire,
– circuits clandestins de devises,
– réseaux de traite et de criminalité transnationale.

Ces phénomènes ne sont pas isolés. Ils participent d’une pression continue sur l’État, l’économie et la cohésion sociale. Pourtant, nous persistons à hésiter, à tergiverser, à refuser de nommer clairement le problème.

Le confort dangereux des illusions

On nous répète qu’il faudrait dissocier les peuples de leurs régimes.
Mais sur quelles bases concrètes cette dissociation repose-t-elle, lorsque le conflit est durable, assumé et structurant ?

Peut-on sérieusement ignorer les discours diffusés, les récits inculqués, l’environnement politique global ?

Il ne s’agit pas de confondre par facilité, mais de refuser l’aveuglement. Les nations qui perdurent ne sont pas celles qui ferment les yeux, mais celles qui affrontent la réalité sans fard.

L’heure du courage politique

La situation actuelle n’est plus soutenable.
L’Algérie doit impérativement :

  • reprendre le contrôle total de ses frontières,
  • mettre fin aux flux incontrôlés,
  • revoir en profondeur sa politique migratoire,
  • assumer une doctrine claire de défense et de sécurité nationale.

La souveraineté ne se plaide pas. Elle se protège.

Préserver l’Algérie, c’est agir sans tarder

Il ne s’agit ni de renier notre histoire ni de renoncer à nos valeurs. Mais refuser qu’elles soient retournées contre nous est un acte de responsabilité.

L’exception algérienne ne doit pas disparaître.
Elle doit être réinventée, consolidée, protégée.

Car une exception qui expose une nation cesse d’être une vertu.
Elle devient une brèche.

Et en tant que citoyen, en tant qu’héritier d’une mémoire de lutte et de résistance, je refuse que mon pays devienne vulnérable par excès de naïveté.



Par Belgacem Merbah



Commentaires

  1. C' EST un Devoir,national, citoyen.
    Pour notre sécurité,. Aucune complesance, ni confiance ne doit être toléré, sur notre territoire, EXPULTION des marocains clandestins, travailleurs aux noir, en situation irrégulière. A contrôler .notre sécurité avant tout!!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Le Mythe du Soutien Marocain à la Révolution Algérienne : Une Histoire de Calculs et d’Opportunisme

L’histoire des relations entre le Maroc et la Révolution algérienne est souvent déformée par une propagande soigneusement entretenue par le régime marocain. Cette version des faits présente Mohamed V comme un allié indéfectible du peuple algérien dans sa lutte pour l’indépendance. Pourtant, une analyse minutieuse des événements démontre que ce soutien n’était ni désintéressé, ni motivé par une réelle solidarité. Il s’agissait avant tout d’un levier diplomatique visant à consolider le pouvoir du souverain marocain et à servir les ambitions territoriales du royaume chérifien. Un Soutien Dicté par des Intérêts Stratégiques Lorsque la Guerre d’Algérie éclate en 1954, le Maroc, fraîchement indépendant depuis 1956, se trouve dans une position délicate. Mohamed V cherche à asseoir son autorité dans un pays encore fragile, marqué par des tensions internes et des incertitudes quant à son avenir politique. Dans ce contexte, le soutien à la lutte algérienne contre la France devient un outil de...

La CIA déclassifie un document qui permet de comprendre les véritables motivations du Maroc dans la guerre des sables de 1963

Le 23 août 1957, un document confidentiel de la CIA a été rédigé, dévoilant des éléments cruciaux sur la politique française vis-à-vis de l’Algérie, alors en pleine guerre d’indépendance. Récemment déclassifié, ce document éclaire d’un jour nouveau les intentions de la France concernant les zones pétrolifères sahariennes et ses stratégies post-indépendance. À travers des manœuvres diplomatiques, économiques et géopolitiques, Paris cherchait à préserver son contrôle sur cette région stratégique. Un Sahara Algérien Indispensable à la France Selon ce document, la France considérait le Sahara algérien comme un territoire d’une importance capitale, non seulement pour ses ressources pétrolières et gazières, mais aussi pour son positionnement stratégique en Afrique du Nord. Dans cette optique, Paris envisageait de maintenir coûte que coûte sa mainmise sur la région, en la dissociant administrativement du reste de l’Algérie. Cette politique s’est concrétisée en 1957 par la création de deux dép...

Rima Hassan et la trahison du Sahara occidental : une gifle à l’Algérie et à son peuple

Rima Hassan vient de franchir une ligne rouge. Après avoir longtemps soutenu la cause sahraouie, symboliquement liée à la lutte palestinienne, elle a annoncé sur Instagram qu’elle prenait ses distances avec ce combat et soutenait désormais la position marocaine sur le Sahara occidental . Pour les Algériens, cette volte-face n’est pas une simple opinion : c’est une trahison pure et simple. Cette volte-face est d’autant plus étonnante que Rima Hassan a construit sa légitimité académique sur une thèse portant sur les camps de réfugiés sahraouis. Aujourd’hui, elle embrasse la rhétorique officielle marocaine. En reniant ses convictions — si tant est qu’elles aient été sincères — elle tourne également le dos à son engagement pour la Palestine , car les acteurs impliqués dans l’occupation du Sahara occidental sont les mêmes que ceux engagés dans celle de la Palestine .   Une question de sécurité nationale trahie La cause sahraouie dépasse le cadre d’un débat politique ou humanitaire. El...