Panique aux stations-service au Maroc : quand la flambée des carburants révèle la fragilité de l’État énergétique
Au cours des derniers jours, les longues files de voitures devant les stations-service marocaines ont cessé d’être un simple décor de circonstance saisi par les caméras de téléphones. Elles sont devenues un signal d’alarme , révélateur d’une inquiétude collective qui dépasse largement le prix du litre pour poser une question plus fondamentale : le pays dispose-t-il réellement des outils de résilience lorsque surviennent les tempêtes géopolitiques ? Le franchissement de seuils psychologiques par les carburants – entre 13 et 14 dirhams le litre, avec des projections atteignant 15 dirhams – a réveillé chez les citoyens un réflexe de prudence : se ravitailler, stocker ce qui peut l’être, comme pour devancer une épreuve annoncée. En pareilles circonstances, la pompe n’est plus perçue comme un simple point de vente, mais comme un baromètre de la confiance : confiance du consommateur dans sa capacité d’endurance, confiance de l’économie dans ses filets de protection, confiance de la société ...