L'agression d'un adolescent algérien de 14 ans dans une fan zone aux États-Unis ne doit pas être considérée comme un simple fait divers. Il s'agit d'un signal d'alarme particulièrement grave. Qu'un enfant puisse être pris pour cible en raison d'un maillot de football est une réalité qui devrait susciter l'indignation de toute personne attachée aux valeurs de respect et de dignité humaine.
Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont devenus le théâtre d'une radicalisation inquiétante des discours. Les insultes, les campagnes de dénigrement, les provocations permanentes et les appels à la confrontation ont progressivement banalisé une hostilité qui n'aurait jamais dû quitter le monde virtuel. Aujourd'hui, le risque est de voir cette violence verbale se transformer en violence réelle.
Le plus grave est que les premières victimes de ce climat délétère sont souvent les plus jeunes. Une génération entière grandit sous l'influence de contenus qui opposent au lieu de rapprocher, qui attisent les rancœurs au lieu de favoriser le dialogue. Lorsqu'un adolescent se rend à un événement sportif avec l'idée de partager une passion commune et qu'il se retrouve confronté à la violence, c'est l'esprit même du sport qui est trahi.
Il est également impossible d'ignorer l'accumulation de polémiques ayant empoisonné les relations entre les opinions publiques des deux pays : querelles autour du patrimoine culturel, controverses sur des expositions, affrontements permanents sur les réseaux sociaux, récupération politique de sujets qui devraient relever de la culture ou du sport. À force d'alimenter les tensions, certains acteurs ont contribué à installer un climat de suspicion et d'hostilité dont les conséquences deviennent aujourd'hui visibles.
Mais une chose doit être affirmée avec force : aucune rivalité politique, aucun désaccord diplomatique, aucun débat historique ou culturel ne peut justifier qu'un enfant soit agressé. Jamais.
Les responsables doivent être identifiés et répondre de leurs actes devant la justice. Non seulement pour rendre justice à la victime, mais aussi pour envoyer un message clair : la violence contre les mineurs ne sera tolérée sous aucun prétexte.
Lorsqu'une société commence à considérer la présence d'un enfant portant un maillot de football comme une provocation, elle doit s'interroger sérieusement sur la direction qu'elle est en train de prendre. La haine n'est pas une opinion. La violence n'est pas un patriotisme. Et s'en prendre à un enfant ne sera jamais un acte de courage, mais une faute qui mérite la condamnation la plus ferme.
Par Belgacem Merbah
Salem Belgacem, c'est d'une bassesse sans nom, mais pas étonnante pour les éveillés que nous sommes.
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