Jingdong Steel à M’sila : un investissement structurant qui redéfinit les ambitions sidérurgiques de l’Algérie
1. Une implantation stratégique au cœur de la wilaya de M’sila
Le projet repose sur une assiette foncière de 36 hectares, attribuée au groupe chinois dans la zone industrielle de Draâ El Hadja à M’sila. L’usine produira 500 000 tonnes d’acier par an, réparties entre tôles et tubes, et 50 % de cette production sera destinée à l’exportation.
Cette localisation n’est pas anodine. M’sila se situe dans un couloir logistique interne reliant l’Est industriel aux futurs axes miniers et ferroviaires du Sud-Ouest, notamment ceux destinés à valoriser le gisement de Gara Djebilet, nouvel atout stratégique de l’Algérie dans la production de minerai de fer.
2. Un projet déjà tangible : 60 % des travaux achevés
Contrairement aux critiques exprimées par le passé sur le manque de suivi des annonces d’investissement, l’AAPI a cette fois adopté une stratégie de transparence : diffusion d’images de chantier, rapports réguliers et communication structurée.
Les autorités affirment que « l’enregistrement des investissements n’est plus une simple intention, mais une réalité visible sur le terrain ».
L’état d’avancement de 60 % confirme :
- la rapidité d'exécution du groupe chinois,
- la montée en capacité des zones industrielles revitalisées,
- l’amélioration progressive du climat de l’investissement.
Ce projet est désormais considéré par l’AAPI comme un exemple de transformation effective des intentions en réalisations industrielles.
3. Une locomotive pour l’emploi et l’intégration locale
Avec 1 114 emplois directs prévus à terme, l’usine de Jingdong Steel deviendra l’un des premiers employeurs industriels de la wilaya de M’sila.
En parallèle, environ 2 000 emplois indirects sont attendus selon plusieurs sources, notamment dans la logistique, la maintenance et la sous‑traitance sidérurgique.
Un autre élément fondamental est le taux d’intégration locale :
- 80 % des matières premières utilisées seront d’origine algérienne.
- Cette exigence s’inscrit pleinement dans la nouvelle stratégie industrielle de l’État, qui privilégie :la substitution aux importations,
- la montée en compétences locales,
- le transfert de technologies.
Dans cette logique, un centre de formation dédié a été intégré au projet pour former les futurs techniciens et ingénieurs algériens aux métiers du fer et de l’acier.
4. Un projet qui consolide l’ambition sidérurgique nationale
Ce projet s’insère dans une dynamique plus large visant à replacer l’Algérie comme un acteur régional du secteur sidérurgique. Le pays multiplie les initiatives industrielles :
- Tosyali à Oran, aujourd’hui l’un des plus grands complexes sidérurgiques d’Afrique du Nord.
- La coentreprise algéro‑qatarienne de Bellara (Jijel), spécialisée dans les aciers longs.
- L’usine historique d’El Hadjar à Annaba, en phase de modernisation.
- Le développement massif du gisement de Gara Djebilet, destiné à alimenter durablement l’industrie nationale en minerai de fer.
Jingdong Steel vient donc s’ajouter à un écosystème en pleine recomposition où la Chine joue un rôle de plus en plus majeur, non seulement comme investisseur, mais aussi comme partenaire technologique.
5. Une coopération algéro-chinoise qui s’ancre dans la durée
Ce projet confirme l’évolution des relations entre Alger et Pékin, désormais orientées vers les investissements productifs à haute valeur ajoutée.
Il illustre :
- la volonté algérienne d’attirer des capitaux vers l’industrie lourde,
- la stratégie chinoise d’étendre ses capacités industrielles en Méditerranée,
- l’émergence d’une coopération gagnant‑gagnant fondée sur l’intégration locale et le transfert de technologie.
Avec ce chantier, l’Algérie montre qu’elle n’est plus seulement un marché à importer, mais un espace de production à vocation régionale.
Conclusion : un tournant industriel majeur
Le projet sidérurgique de Jingdong Steel à M’sila n’est pas une simple infrastructure : il marque un changement d’échelle dans la politique industrielle algérienne.
Grâce à :
- 500 millions de dollars d’investissement,
- 1 114 emplois directs,
- 500 000 tonnes d’acier produites annuellement,
- 80 % d’intégration locale,
- un avancement déjà à 60 %,
L’usine apparaît comme une pièce maîtresse de la stratégie de diversification économique et de souveraineté industrielle.
Si cette dynamique se poursuit, l’Algérie pourrait se positionner comme un acteur sidérurgique incontournable en Méditerranée, capable d’alimenter non seulement son marché interne, mais aussi des marchés extérieurs en pleine demande.
Par Belgacem Merbah
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