Il fallait bien que cela arrive : après les polémiques sur les pelouses, les tribunes, les billets, les arbitres, voici désormais le feuilleton des ballons volés. Une saga si invraisemblable qu’on se demande si elle n’a pas été écrite par un scénariste en panne d’inspiration — ou par un algorithme réglé sur “drame à bas coût”.
Acte I : La photo qui accuse (mais qui n’identifie personne)
Un cliché d’une profondeur narrative telle qu’Hitchcock lui-même aurait crié au génie. Certains médias marocains y ont immédiatement vu un agent secret de la délégation algérienne, spécialiste en extraction clandestine de ballons réglementaires.
Problème :
- On ne sait pas qui est cet homme.
- On ne sait pas d’où vient cette veste.
- Et encore moins ce que ce ballon faisait dans sa main.
Mais pourquoi s’arrêter à des détails ?
Acte II : Les vidéos floues, un grand classique du cinéma noir-jaune-blanc
Mais dans cette grande enquête à 12 pixels, qu’importe la précision : l’imagination fait le reste.
Acte III : La vérité, beaucoup trop banale pour être médiatiquement rentable
La réalité — ce détail souvent encombrant — est tristement simple :
- À la mi-temps, Youcef Atal et Mehdi Dorval s’échauffent avec un ballon de la CAF.
- Un membre du service matériel le récupère, pensant que c’est un ballon FAF.
- Un responsable CAF arrive, demande le ballon.
- On le lui rend.
- Fin. Clap de fin. Rideau.
Bref, une scène banale et sans intérêt — absolument pas exploitable pour un thriller médiatique.
Acte IV : Naissance d’une légende urbaine
Nous sommes entrés dans l’ère de la fake news écosystémique, où chaque média se cite mutuellement jusqu’à ce que la rumeur devienne un “dossier”.
On attend désormais l’épisode où les experts expliqueront que les ballons ont probablement été revendus au marché noir pour financer un réseau international d’échauffements illégaux.
Épilogue : Un scandale qui manque d’air
- un inconnu,
- une veste banale,
- un ballon orphelin,
- et une grande envie de remplir l’actualité sportive avec autre chose que du sport.
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