CAN 2025 au Maroc : un drapeau algérien arraché à Casablanca — un acte révélateur d’un climat politique contaminé
L’incident survenu à Casablanca, où un mineur a été filmé arrachant un drapeau algérien installé sur un rond‑point, ne peut être interprété comme un simple geste isolé. Bien au contraire : il s’inscrit dans un contexte de tensions politiques profondes entre le Maroc et l’Algérie, tensions que la propagande médiatico‑politique marocaine a progressivement diffusées au sein d’une partie de la population.
Un acte symbolique, nourri par un environnement hostile
Une tension qui dépasse les institutions et se diffuse dans la société
Depuis plusieurs années, les relations politiques entre les deux pays sont marquées par la rupture diplomatique et une escalade verbale constante. Ce climat, loin de rester cantonné aux hautes sphères politiques, a progressivement infusé au sein de segments de la population marocaine, exposée à un discours médiatique qui entretient la suspicion, la rivalité et parfois même l’hostilité envers l’Algérie.
Dans cette atmosphère, l’acte d'arracher un drapeau n’est plus seulement une bêtise d’adolescent : il devient l’expression d’un imaginaire collectif alimenté par la propagande, où chaque symbole algérien est perçu comme un objet de défi.
Le rôle amplificateur des médias marocains
Ainsi, entre un accueil populaire souvent chaleureux et une surenchère médiatique déconnectée de la réalité, un paradoxe profond se dessine : la société marocaine se trouve tiraillée entre hospitalité naturelle et influence d’un discours politique qui façonne les perceptions et manipule les émotions.
Un contexte inflammable amplifié par l’enjeu sportif
Dans ce cadre, un geste comme l’arrachage d’un drapeau devient un symptôme de l’hyper‑politisation du sport et de la fragilité d’un climat où le nationalisme s’exprime parfois sous forme de provocations symboliques.
Conclusion : un geste qui révèle une fracture plus profonde
L’incident de Casablanca ne doit donc pas être lu comme une simple incartade juvénile. Il témoigne d’un environnement où les tensions politiques entre Alger et Rabat sont non seulement entretenues au niveau institutionnel, mais aussi relayées et internalisées par une partie de la population marocaine, exposée quotidiennement à un discours médiatique orienté.
Ce qui aurait dû être un moment de fête sportive révèle ainsi les limites d’un système qui instrumentalise les rivalités régionales, au risque d’alimenter chez les jeunes des comportements symboliques chargés d’hostilité.
Par Belgacem Merbah
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