À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, prévue du 21 décembre au 18 janvier 2026, le Maroc s’emploie à offrir au monde une image lisse et prestigieuse. Mais derrière cette façade sportive se cache une réalité sociale brutale : la pauvreté et la vulnérabilité extrême qui marquent le quotidien de milliers de Marocains.

Une opération de “nettoyage social” avant la fête du football
Selon plusieurs médias marocains, les autorités ont lancé ces derniers jours de vastes campagnes de déplacement forcé visant les sans-abris et les personnes souffrant de troubles mentaux. Objectif : débarrasser les villes hôtes de la CAN des signes visibles de misère sociale.
Le site opinion.ma révèle que des individus jugés « indésirables » sont transférés vers des localités non concernées par la compétition, comme El Jadida et Azemmour. Mardi 2 décembre, des dizaines de personnes vulnérables auraient été abandonnées dans les rues, en plein froid, sans assistance ni suivi médical.
Le quotidien Bayane El Yaoum dénonce une pratique qui « met en danger la santé et la dignité des individus concernés », soulignant que ces patients, privés de soins et exposés aux intempéries, voient leur état se dégrader de manière alarmante.
Indignation et appels à la justice
Ces déplacements, assimilés par des ONG et des défenseurs des droits humains à des « transferts forcés », suscitent une vive indignation. Plusieurs organisations réclament l’ouverture d’une enquête judiciaire pour identifier les responsables et mettre fin à ces pratiques contraires aux droits fondamentaux.
La politique de prestige face à la réalité sociale
Cette stratégie de “cosmétique urbaine” s’inscrit dans une logique plus large : celle d’un royaume qui investit des sommes colossales dans la construction de stades et l’organisation de compétitions internationales, tout en laissant perdurer des inégalités criantes.
Ces ressources auraient pu être mobilisées pour réduire la pauvreté et renforcer les infrastructures sociales, mais elles servent à bâtir une vitrine sportive censée masquer les fractures profondes du pays.
Le séisme du Haut Atlas en septembre 2021 avait déjà révélé l’ampleur de la misère dans les zones reculées, mettant à nu les failles d’un modèle centré sur l’image plutôt que sur la justice sociale. La CAN 2025 semble confirmer cette tendance : derrière les projecteurs, une réalité sombre que l’on tente d’éloigner du regard des visiteurs.
Conclusion prospective : Une stratégie à double tranchant
En misant sur la politique de prestige, le Maroc cherche à consolider son statut de hub sportif africain et à séduire l’opinion internationale. Mais cette stratégie comporte un risque majeur : celui de fragiliser sa crédibilité sur la scène mondiale.
À l’ère des réseaux sociaux et de la transparence, les pratiques visant à « cacher la misère » sont rapidement exposées, ternissant l’image que le royaume tente de construire. À long terme, la véritable vitrine du Maroc ne sera pas ses stades flambant neufs, mais sa capacité à réduire les inégalités et à garantir la dignité de ses citoyens.
Par Belgacem Merbah
موروكو الكل يعرف انها زريبة المتسولين مهما حاولت طردهم واخفائهم على الانظار
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