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Un élu local en détention : le cri d’alarme d’Ismaël Boudjekada

Ismaël Boudjekada, élu local connu pour ses prises de position en faveur de la cause palestinienne et de la défense des libertés publiques, est actuellement détenu à la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne. Dans une lettre manuscrite transmise depuis sa cellule, il dénonce une série de graves irrégularités procédurales ainsi qu’un harcèlement politique et judiciaire qu’il lie directement à ses engagements.


Une arrestation controversée

L’interpellation de Boudjekada s’est déroulée dans un climat d’intimidation. Il affirme avoir été arrêté devant sa famille, dans des conditions qu’il qualifie d’“humiliantes”, et ce pour avoir publié des captures d’écran de menaces de mort reçues, ainsi que le nom de leurs auteurs présumés. Il lui est également reproché d’avoir relayé des extraits publics des pages du grand rabbin de France, qu’il considère comme problématiques.

Des accusations graves contre les autorités

Dans sa lettre, Ismaël Boudjekada accuse nommément le brigadier-chef L. d’avoir émis un mandat de recherche entaché d’irrégularités, sans l’en avoir informé, et d’avoir antidaté un document de sortie de garde à vue, entraînant une détention illégale de près de 50 heures.

Il a depuis déposé plainte pour :
  • Faux et usage de faux par personne dépositaire de l’autorité publique
  • Dénonciations calomnieuses
  • Menaces de mort et outrage
  • Diffusion d’informations personnelles
  • Non-dénonciation de crimes
  • Association de malfaiteurs
Ces plaintes visent tant des agents de police que des avocats et des civils.

Libertés fondamentales bafouées ?

L’élu dénonce également la privation de plusieurs droits fondamentaux :
  • Droit à la défense : plus de 11 jours après sa mise en détention, il n’a toujours pas pu s’entretenir avec son avocat ni accéder aux pièces essentielles de son dossier.
  • Droit à faire appel : la date d’appel a été fixée dix jours avant son procès, ce qu’il compare aux délais beaucoup plus rapides accordés dans d’autres affaires bien plus médiatisées.
  • Droit au contact familial : l’administration pénitentiaire invoque des “problèmes d’emploi du temps” pour lui refuser les appels à ses proches.

Une mobilisation en ligne

Très actif sur les réseaux sociaux avant son arrestation, Boudjekada rappelle qu’il était suivi par près de 500 000 personnes. Il appelle ses soutiens à relayer massivement son message, à dénoncer ce qu’il qualifie de méthodes archaïques, et à publier du contenu en soutien à sa cause.

« Je suis plus combatif que jamais », écrit-il, en référence à son ouvrage Porteurs d’espoir, dans lequel il pressentait déjà une telle répression.


Appel à la solidarité

Pour celles et ceux qui souhaitent lui écrire, voici ses coordonnées :

M. Ismaël Boudjekada

Écrou : 490 733, bât. D3, 4e G, 27

Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis

7 avenue des Peupliers, 91705 Fleury-Mérogis


Une affaire politique ?

Au-delà du cas individuel, l’affaire soulève des questions plus larges sur la liberté d’expression, la répression de l’engagement politique en France, et le deux poids deux mesures dans le traitement judiciaire de certaines causes sensibles, comme la Palestine.

Le silence médiatique autour de cette affaire ne fait qu’alimenter les doutes sur l’indépendance de certaines institutions dans des dossiers mêlant opinion publique, engagement communautaire et critique de l’ordre établi.



Par Belgacem Merbah



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