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Quand l’ex-ambassadeur Xavier Driencourt déballe son fiel : l’Algérie debout face aux élucubrations d’un nostalgique du colonialisme

Par-delà la Méditerranée, le bruit ne cesse jamais : c’est encore et toujours le même disque rayé que repasse Xavier Driencourt, l’ex-ambassadeur de France à Alger, reconverti en chroniqueur obsessionnel de l’algérophobie. Invité ce mardi sur Sud Radio pour présenter son énième pamphlet déguisé en essai — France-Algérie : le double aveuglement — le diplomate à la retraite, figé dans une vision néocoloniale de l’Histoire, est revenu à la charge avec une série de déclarations grotesques et insultantes, révélant davantage ses rancunes que sa lucidité.



Driencourt, ce fonctionnaire égaré dans les couloirs de la diplomatie coloniale d’un autre siècle, ose encore s’ériger en expert des intentions du “pouvoir algérien”, comme il aime si bien dire, dans un ton condescendant et paternaliste hérité des salons d’une République qui n’a toujours pas digéré la perte de son empire. Selon lui, la date du 24 juin, choisie pour statuer sur le cas du dénommé Boualem Sansal — pseudo-intellectuel pro-marocain dont la plume sent plus le mépris de soi que l’amour des lettres — serait une manœuvre politique. Il en déduit, dans une projection délirante, que l’Algérie pourrait gracier ce triste personnage le 5 Juillet, jour sacré de notre Indépendance, ou annoncer une rupture totale des relations avec la France. Quelle prescience ! Quel ridicule !

Le fantasme colonial comme boussole


Driencourt voit de la stratégie là où il n’y a que souveraineté. Il y perçoit des calculs là où il n’y a que justice et autorité d’un État libre et indépendant. Pour lui, tout geste algérien est suspect, toute posture est intéressée, toute parole est politicienne. Il ne peut pas, il ne veut pas admettre qu’un peuple debout — oui, debout ! — puisse exiger réparation pour 132 ans d’occupation, de massacres, de spoliation, d’humiliation. Il préfère réduire cela à une “quête de légitimité”. Comme si l’Algérie avait encore à prouver son droit d’exister face à une France dont les élites, malgré tous les discours lénifiants, n’ont jamais vraiment accepté leur défaite historique.

Ce diplomate d’un État dont le président, version miniature de Napoléon, se ridiculise jusque dans sa vie conjugale — et ce, lors d’une visite officielle en Asie — vient donner des leçons de gouvernance à une nation qui a vaincu l’une des plus puissantes armées coloniales du XXe siècle. Quelle ironie ! Quelle arrogance misérable !

La dignité d’une nation face au mépris

À chaque fois que l’Algérie élève la voix, exige des excuses, revendique son honneur et celui de ses martyrs, des hommes comme Driencourt s’agitent, s’étranglent, éructent. Ils voudraient une Algérie muette, soumise, quémandant la reconnaissance au rabais, acceptant l’insulte avec gratitude. Mais ce temps-là est révolu. Que cela leur plaise ou non, notre souveraineté ne se négocie pas, nos institutions ne se plient pas aux caprices d’un ancien colon, et nos décisions ne sont dictées ni par Paris, ni par Bruxelles, ni par Washington.

Qu’on se le dise : l’affaire Boualem Sansal est une affaire judiciaire algérienne. L’Algérie n’a à rendre de comptes à personne sur la manière dont elle applique ses lois sur son sol. Et si, à l’occasion du 5 Juillet, des gestes sont posés, ce sera au nom de la souveraineté nationale, et non pour amadouer une République française engluée dans ses contradictions postcoloniales.


Le masque est tombé

Xavier Driencourt, par ses propos, ne fait que révéler le fond d’un certain esprit français : un mélange de mépris condescendant, de frustration néocoloniale et de déni historique. Il est temps que ces voix, dont la prétendue expertise dissimule mal la haine, soient remises à leur place : celle des archives d’un empire disparu.

Qu’il écrive, qu’il parle, qu’il gesticule : cela ne changera rien à la réalité. L’Algérie est debout, elle avance, et elle ne courbera jamais l’échine devant les héritiers du mépris colonial.

Et à ceux qui rêvent encore de nous voir à genoux, nous n’avons qu’une réponse : ici, c’est l’Algérie. Une terre libre. Une mémoire indélébile. Un peuple indomptable.



Par Belgacem Merbah



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