Le Maroc et sa quête incessante d’alliés pour affronter l’Algérie : Une force autoproclamée, une dépendance avérée
Il est une vérité que la propagande marocaine peine à masquer : derrière le vernis d’une armée prétendument "puissante", derrière les grandes déclarations d’un royaume qui se veut stratégiquement dominant, se cache une réalité autrement plus gênante. Depuis des décennies, Rabat s’échine à chercher des alliés capables de lui servir de béquille face à l’Algérie, alternant entre Israël, les États-Unis et plus récemment la France, dans une tentative désespérée de compenser ses propres faiblesses structurelles. Une question s’impose alors : si l’armée marocaine est réellement cette force redoutable qu’elle prétend être, pourquoi a-t-elle besoin du soutien d’autres nations pour mener ses desseins belliqueux ?
Une armée marocaine surcotée, une dépendance flagrante
Les médias marocains, fidèles à leur rhétorique triomphaliste, ne manquent jamais une occasion d’exalter la puissance des Forces Armées Royales (FAR). Acquisition de drones israéliens, achat de F-16 américains, modernisation de blindés… Tout est présenté comme la preuve irréfutable d’une montée en puissance. Mais derrière ces chiffres et ces effets d’annonce, la réalité est toute autre : le Maroc, loin d’être une puissance militaire autosuffisante, n’est qu’un consommateur d’armement étranger, dépourvu d’une réelle autonomie stratégique.
Une armée ne se résume pas à son arsenal ; elle se juge sur son expérience, son endurance, sa capacité à soutenir un conflit prolongé sans dépendre de l’extérieur. Or, sur ce point, Rabat accuse un retard considérable face à son voisin de l’Est. L’Algérie, forte d’une doctrine militaire indépendante, investit depuis des décennies dans le développement de ses propres capacités, établissant des partenariats stratégiques avec des puissances comme la Russie et la Chine, tout en développant une industrie de défense nationale.
Le Maroc, en revanche, est incapable de mener une guerre sans l’aval et le soutien logistique de ses partenaires occidentaux. Il achète des armes, mais n’a ni l’industrie de défense ni l’autonomie technologique nécessaires pour s’imposer comme un acteur militaire réellement indépendant. Sa dépendance aux États-Unis, à la France et désormais à Israël le rend vulnérable, car aucun de ces alliés ne sacrifierait ses propres intérêts pour lui offrir un soutien inconditionnel en cas d’affrontement direct avec l’Algérie.
Israël, Washington, Paris : un jeu d’alliances incertain et opportuniste
L’une des contradictions les plus flagrantes dans la posture marocaine est sa propension à quémander un soutien extérieur tout en affichant un discours de puissance autosuffisante. Tantôt Rabat se vante de son rapprochement stratégique avec Washington, espérant obtenir un soutien militaire direct ; tantôt il met en avant sa coopération avec Israël, pensant bénéficier du savoir-faire technologique de l’État hébreu pour compenser ses lacunes.
Mais ces alliances sont-elles vraiment solides ? Rien n’est moins sûr.
Les États-Unis : un soutien conditionnel et non garanti
Washington, malgré ses sympathies affichées pour le Maroc, n’a jamais donné de garanties absolues à Rabat. Les Américains privilégient une approche pragmatique, cherchant avant tout à préserver leurs intérêts régionaux sans s’engager dans un conflit ouvert qui ne les concerne pas. La reconnaissance américaine de la "souveraineté" marocaine sur le Sahara Occidental sous l’administration Trump était une manœuvre purement opportuniste, qui n’engage en rien une implication militaire en faveur du royaume en cas de crise.
D’ailleurs, l’administration Biden s’est bien gardée de confirmer cette position de manière catégorique, laissant le Maroc dans une incertitude stratégique. En d’autres termes, Rabat peut bien acheter des F-16 et des missiles à prix d’or, cela ne signifie pas que les États-Unis seront là pour les aider en cas de confrontation avec l’Algérie.
Israël : un partenariat fragile et risqué
Le rapprochement avec Israël, quant à lui, s’est fait au prix d’un renoncement total à la cause palestinienne, une trahison qui continue de susciter un rejet massif au sein du peuple marocain lui-même. En échange de ce pacte, Rabat espérait obtenir un soutien militaire israélien dans le domaine du renseignement et des drones armés. Mais là encore, le Maroc surestime l’ampleur de cette alliance.
Israël, acteur pragmatique par excellence, ne s’engagera jamais dans un conflit qui ne sert pas directement ses intérêts. Loin de vouloir se retrouver impliqué dans une guerre avec l’Algérie, l’État hébreu privilégiera toujours la préservation de ses propres alliances stratégiques, notamment avec les grandes puissances. Rabat n’est qu’un pion dans un jeu plus vaste, et croire qu’Israël viendrait au secours du Maroc en cas d’escalade militaire relève d’une illusion dangereuse.
La France : un soutien hésitant et contraint
Quant à la France, son positionnement est encore plus ambigu. Après une période de tensions avec Rabat, Paris tente aujourd’hui de renouer des liens, notamment pour préserver ses intérêts économiques dans la région. Mais croire que la France pourrait s’engager militairement aux côtés du Maroc contre l’Algérie relève de la pure fantaisie.
Paris, bien que soucieux de ménager Rabat, ne prendra jamais le risque de sacrifier ses relations avec Alger, qui demeure un partenaire stratégique, notamment sur les questions énergétiques et sécuritaires. La récente tentative du Maroc de raviver ses liens avec la France traduit davantage un besoin désespéré d’assurance qu’une véritable alliance militaire.
Une fuite en avant qui masque une peur de l’affrontement direct
En définitive, le Maroc joue un jeu dangereux : celui de la provocation permanente, tout en sachant pertinemment qu’il n’a ni les moyens ni l’autonomie pour assumer seul les conséquences d’une escalade militaire. Il cherche constamment des alliés pour se donner une illusion de force, mais ces alliances sont opportunistes, fragiles et soumises aux intérêts changeants des grandes puissances.
Face à cela, l’Algérie adopte une posture bien différente : elle ne cherche ni l’aval d’une puissance étrangère, ni la protection d’un allié providentiel. Elle investit dans ses capacités propres, elle renforce son industrie de défense, elle s’appuie sur une armée aguerrie et une doctrine militaire indépendante.
Si Rabat était réellement cette puissance militaire qu’elle prétend être, elle n’aurait nul besoin de quémander des alliances à droite et à gauche. La réalité est toute autre : derrière l’écran de fumée des acquisitions d’armement et des déclarations bravaches, le Maroc sait qu’il ne peut se permettre d’affronter seul l’Algérie. C’est là toute la contradiction d’une monarchie qui, malgré ses ambitions, demeure dépendante du bon vouloir des autres pour exister sur l’échiquier géopolitique.

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