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Le Maroc : Une mise en scène diplomatique révélatrice de son isolement

Le Maroc, confronté à une série d’échecs diplomatiques et à une perte d’influence régionale, s’efforce désespérément de maintenir les apparences sur la scène internationale. Cette dynamique s’est récemment illustrée dans un épisode significatif : la transformation d’une simple escale technique de l’avion du président chinois, Xi Jinping, en une prétendue visite d’État. Cet artifice révèle non seulement les limites des ambitions diplomatiques marocaines, mais aussi une stratégie de communication visant à masquer un isolement croissant.

Une escale technique érigée en événement diplomatique

Le 19 novembre dernier, le président chinois Xi Jinping, de retour d’une visite officielle au Brésil, a fait une halte technique à Rabat pour ravitailler son avion. Cet événement, banal dans les relations diplomatiques, a été présenté par les médias marocains comme une étape clé dans le renforcement des relations entre Rabat et Pékin.

Les organes de propagande du Makhzen ont orchestré une mise en scène élaborée, qualifiant cette escale de "grande visite officielle". Ils sont même allés jusqu’à inventer des accords stratégiques qui auraient été signés entre les deux pays. Or, selon des sources crédibles, il n’y a eu ni rencontre officielle avec des responsables marocains ni négociations bilatérales. Cette tentative de manipulation médiatique visait surtout à détourner l’attention des citoyens marocains des véritables enjeux : l’absence remarquée du roi Mohammed VI et l’incapacité du régime à conclure des partenariats stratégiques d’envergure.

L'absence du roi : un indice troublant

La gestion de cet épisode met en lumière un autre aspect délicat pour le Maroc : l’état de santé incertain du roi Mohammed VI. En l’absence de ce dernier, c’est son fils, le prince héritier Moulay Hassan, qui a été chargé de représenter symboliquement le royaume. Cette substitution, bien que discrète, confirme les rumeurs persistantes sur l’incapacité du roi à assurer ses fonctions publiques.

Pour le Makhzen, cet épisode était l’occasion de projeter une image de stabilité et de prestige à travers une supposée visite d’État. Mais l’absence d’interactions diplomatiques concrètes, conjuguée au vide laissé par le souverain, a rapidement exposé la supercherie. Les efforts pour donner à cet événement une envergure diplomatique n’ont pas trompé les observateurs internationaux, qui y ont vu une tentative maladroite de masquer l’isolement croissant du royaume.

Un contraste avec l’Algérie

Cette mise en scène prend une signification particulière dans le contexte de la rivalité maroco-algérienne. Alors que Rabat tente de compenser ses échecs diplomatiques par des coups d’éclat médiatiques, Alger continue de consolider ses alliances stratégiques. La récente escale d’un navire militaire chinois dans un port algérien témoigne de la solidité des relations entre Pékin et Alger. Contrairement à l’escale technique de Xi Jinping au Maroc, cette visite militaire a été accompagnée de discussions substantielles et de projets concrets renforçant le partenariat sino-algérien.

Ce contraste souligne l’isolement progressif de Rabat sur la scène internationale. En se limitant à des opérations de communication sans substance, le Maroc peine à rivaliser avec l’Algérie, qui s’affirme comme un acteur stratégique en Afrique du Nord et au-delà.

Un symptôme d’une crise diplomatique plus large

La mise en avant exagérée de l’escale de Xi Jinping révèle une tendance plus large dans la diplomatie marocaine : un recours excessif à la propagande pour compenser l’absence de résultats tangibles. Depuis plusieurs années, le Maroc accumule les revers, notamment sur la question du Sahara occidental, où les soutiens internationaux se font de plus en plus rares.

En cherchant à faire illusion, le Makhzen expose ses faiblesses. Cette stratégie, qui consiste à exagérer ou à inventer des succès, risque de nuire davantage à sa crédibilité. Les partenaires internationaux, conscients de ces artifices, pourraient se montrer plus prudents dans leurs relations avec Rabat, ce qui isolerait encore davantage le royaume.

Conclusion : Une fuite en avant risquée

La transformation d’une simple escale technique en une prétendue visite d’État est symptomatique des difficultés que rencontre le Maroc pour se maintenir sur la scène internationale. Cette tentative maladroite, loin de renforcer la stature du royaume, met en lumière les fragilités de sa stratégie diplomatique. Entre une gestion opaque de l’image royale et une dépendance accrue à la propagande, Rabat s’enfonce dans une fuite en avant périlleuse.

Dans un contexte mondial en mutation, où les alliances stratégiques reposent sur des bases solides, le Maroc devra abandonner ces pratiques trompeuses s’il souhaite regagner sa crédibilité et s’affirmer comme un acteur diplomatique sérieux.

Belgacem Merbah



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